Les élections régionales, prévues le 13 et 20 juin 2021, avancent à grand pas. Après s’être penché sur le bilan régional à Bourg-en-Bresse, le Maire et conseiller régional Jean-François Debat nous éclaire sur le projet du Parti Socialiste pour les élections en Auvergne-Rhône-Alpes.

Jean-Francois Debat / Crédit : Guillaume Atger

Najat Vallaud-Belkacem sera la candidate en tête de liste du Parti Socialiste aux élections régionales ?

Nous avons décidé de ne pas annoncer de tête de liste pour laisser ouvert le champ des possibles, ne pas figer les débats. Du côté du PS la position est très claire : Laurent Wauquiez peut être battu, il n’est pas si fort que ça. Mais pour le battre, la gauche et les écologistes doivent se rassembler dès le premier tour afin de former une alternative. Dans ce cas là tous les sondages montrent que nous serions quasiment au même niveau que le candidat LR. Nous avons donc privilégié cette politique de la main tendue vis-à-vis de nos partenaires, notamment écologistes, pour travailler ensemble.

Je suis persuadé que nous sommes la seule vraie alternative si nous sommes unis. C’est autour d’une liste unie des écologistes et de la gauche que se focaliseront tous ceux qui ne veulent pas de Laurent Wauquiez, qui n’apprécient pas cette droite dure. Même les personnes de centre droit n’appréciant pas cette droite polémique, cette droite sectaire qu’incarne Laurent Wauquiez pourraient soutenir une alternative de gauche écologiste.

Concernant notre chef de file régional, chacun sait que j’étais le candidat naturel et légitime du PS. Après une analyse politique, j’ai souhaité ouvrir le champ des possibles. Najat Vallaud-Belkacem, qui a été élue à Lyon à la suite d’une coupure dans sa vie politique depuis 3 ans, est un atout supplémentaire. Je lui ai proposé de s’impliquer à nouveau et de travailler ensemble, avec également Olivier Bianchi et les principaux élus socialistes de la région. Le moment venu nous déciderons de la meilleure solution dans l’intérêt général. Mais évidemment, Najat Vallaud-Belkacem est un atout important et est totalement mobilisée.

 

Une alliance de la gauche se profile donc dès le premier tour ?

Oui absolument. Nous avons fait une proposition et nous attendons la réponse. Il y a la volonté d’un certain nombre d’écologistes de préférer leur égo de parti. S’ils font le choix de l’autonomie ça voudra dire qu’il y aura plusieurs listes à gauche. Nous saurons dans quelques jours si l’EELV fait le choix d’une stratégie d’éparpillement de la gauche ou d’un rassemblement équilibré qui flatterait moins les égos de parti mais qui serait plus puissant sur le plan politique. Cela donnerait aux électeurs de gauche une vraie perspective car ce serait assez unique en France de pouvoir y parvenir.

 

Quels seront les grands thèmes abordés par le PS durant la campagne ?

Les trois grands thèmes qui seront abordés par le PS seront la transition écologique, la justice sociale, et la démocratie. Laurent Wauquiez a mené une politique de très court terme. Il a disséminé des subventions en donnant des cagnottes à chaque élu régional sur son territoire pour aller subventionner telle association, tel maire, etc. Mais il n’a pas penser à financer des gros projets dont nous aurons besoin dans 10 ans. Il a détruit la formation professionnelle et la formation des chômeurs. Il a moins investit que par le passé dans les lycées publics.

Sur le plan de la transition écologique, notamment des outils de transport, tous les grands chantiers ont pris du retard. Hier [le 24 février 2021 NDLR] nous avons avons eu une assemblée plénière où j’ai rappelé à Laurent Wauquiez que depuis qu’il est élu, donc depuis 5 ans, nous avons perdu 5 ans sur les grands chantiers qui conditionnent le train dans notre région. La liaison RER métropolitaine entre Lyon et Saint-Étienne n’a pas avancée car Laurent Wauquiez s’est obstiné à financer pour le compte de Vinci l’A45, une autoroute en plein champ. Sur les travaux de la gare de la Part Dieu, rien n’est avancé donc nous ne pouvons pas augmenter l’offre de TER. Sur la liaison entre Grenoble et Chambéry, il y a encore des portions à voix unique. Sur tous ces chantiers, Laurent Wauquiez n’a rien fait. Il s’est contenté de gérer le court terme, de se satisfaire des demandes ponctuelles, comme celles des chasseurs, de la partie la plus conservatrice des agriculteurs.

Laurent Wauquiez nous a rebattu les oreilles avec le fait qu’il n’a pas augmenté les impôts. Mais il n’y a pas d’impôt régional aujourd’hui, ça n’existe plus. Le seul impôt régional est la carte grise qui représente seulement 5 % des recettes de la région. En revanche Laurent Wauquiez a refusé systématiquement de s’engager pour la rénovation thermique des logements qui est une manière de réduire la facture de chauffage des habitants notamment ceux qui habitent dans les passoires thermiques.

Il a également refusé de s’engager pour mettre en place un quotient familial dans les cantines scolaires pour permettre d’adapter le prix. Aujourd’hui dans les cantines de la région tous les parents payent entre 3,8€ et 3,5€. Alors que nous nous engageons depuis des années pour mettre en place des barèmes afin que les plus modestes payent moins d’1€. Cela pourrait représenter entre 300 et 500€ d’économie par an pour ces familles.

Enfin, le PS souhaite retrouver un fonctionnement démocratique correct. La manière dont Laurent Wauquiez se comporte n’est pas démocratique. Indigne du XXIe siècle, indigne d’une région comme la notre. La manière dont il fait vivre le débat démocratique nécessité aujourd’hui que l’on remette de l’air.

 

Ce sont globalement les mêmes thèmes que l’EELV et le LFI. Vous vous retrouvez au niveau du programme ?

Oui bien sûr ce sont les mêmes thèmes. Nous avons eu deux réunions sur le contenu de projet, aujourd’hui il n’y a pas de désaccord qui justifie une division. Il y a des divergences de points de vue, c’est normal, mais il n’y a pas de divergence de fond sur les politiques régionales. Nos objectifs sont concordants et même nos projets peuvent être totalement concordants.

Nous souhaitons un rassemblement, mais un rassemblement équilibré. Certains écologistes aujourd’hui disent « on fait un rassemblement mais vous êtes derrière nous et on prend le pourcentage des voix aux élections ». Non, ce n’est pas une solution. Nous ne proposons pas un rassemblement où il s’agit de contraindre le partenaire à passer derrière soi. Nous proposons un rassemblement dans lequel il y a un équilibre. Par exemple, la composante qui a la tête régionale n’est, en contrepartie, pas majoritaire dans l’exécutif. Si la tête de liste est socialiste et bien il y aurait plus de vice-présidents écologistes que socialistes ; et vice-versa. C’est ça un partenariat équilibré. Si les écologistes répondent positivement à la proposition que nous avons faite alors l’espoir est encore possible de battre Laurent Wauquiez. Mais c’est une question de jours : il faut que dans les 8 à 10 jours qui viennent la question soit réglée. Nous attendons leur réponse.