Le vendredi 19 juin, Bruno Bernard, Renaud Payre et Fanny Dubot du groupe « Les Écologistes » ont donné un point presse. Ce dernier avait pour but de revenir sur les 100 premiers jours de la nouvelle majorité.
L’ancien président de la Métropole du Rhône, Bruno Bernard a tenu à revenir sur la nécessité d’organiser correctement la collectivité « comme nous l’avons fait ». Ce dernier met en avant le bilan financier de son mandat qui se veut implacable. En effet, les comptes ont été clôturés à l’équilibre. Entre 2020 et 2026, les dépenses à caractère générales ont nettement reculées, en passant de 290 millions d’euros à 257 millions. Ces économies ont permis l’augmentation des dépenses sociales venant de la métropole.
De l’autre côté, la majorité « Grand Cœur Lyonais » a réintroduit des véhicules de fonction pour les élu(e)s, supprimés sous le mandat précédent. Pourtant, ce programme affiché comme une « rupture » ressemble davantage, à ses yeux, à une série de fractures. Notamment dans le soutien aux associations locales, dont les subventions sont remises en question.
Les questions du logement et du transport, complètement « délaissées par la nouvelle présidence »
C’est sur les questions de logement et de mobilité que Renaud Payre a exprimé les inquiétudes les plus vives. Sous le mandat écologiste, la mise en place de « l’aide à la pierre » a permis de soutenir activement la construction de logements abordables. Ces soutiens ont été particulièrement utile pour les étudiants, souvent en recherche d’appartement avec un loyer peu cher. Désormais, ce levier semble abandonné : le nombre de logements étudiants disponibles a chuté de 45 %, une tendance que Payre juge alarmante.
Au-delà des chiffres, c’est la méthode qui interroge. Les commissions métropolitaines, autrefois des espaces de débat nourris par l’expertise technique, se réduisent aujourd’hui à des séances expéditives de trente minutes, sans possibilité de délibération approfondie ni d’échanges avec les experts. Une comparaison avec Laurent Wauquiez n’a pas tardé à être évoqué lors de la réunion avec la presse. Les élus écologistes affirment désormais n’avoir connaissance du contenu des commissions que via leur intitulé, sans accès préalable aux documents de travail.
Sur le dossier des transports, l’absence de stratégie est dénoncée avec force. Le tracé du Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) reste sans boussole claire. Cela met en péril, selon Payre, près de 800 emplois. Quant au projet de nouvelle traversée de Fourvière, pourtant crucial pour l’avenir de la mobilité lyonnaise, il serait purement et simplement ignoré par la nouvelle présidence.
Sécurité, canicule, VSS : le fossé entre la Métropole et ses habitants
Fany Dubot a, pour sa part, pointé une déconnexion croissante entre les décisions métropolitaines et les préoccupations concrètes des Lyonnais. Sur la sécurité d’abord, aucun plan d’ensemble ne semble avoir été engagé par la nouvelle majorité. Sur la question climatique ensuite : face aux épisodes de canicule amenés à se multiplier, la Métropole a refusé le projet de bain urbain à Confluence, une décision que Dubot qualifie de « grande déception ».
L’élue a également évoqué l’affaire Abreu, dont le traitement public a, selon elle, constitué un véritable « spectacle » peu glorieux pour l’institution. En réponse à ce type de situations, le groupe Les Écologistes a pris les devants en organisant, depuis plusieurs mois, des formations internes sur les violences sexistes et sexuelles (VSS). Une initiative que Dubot présente comme une exigence éthique minimale pour qui prétend gouverner.





