Municipales 2015 Vénissieux. Damien Monchau (FN), tête de liste à la croix-rousse il y a un an, se retrouve tête de liste à Vénissieux, où il a emménagé depuis peu. Il n’y voit pas là un problème de crédibilité et note une campagne clairement délétère. Policier de métier, il souhaite armer la police municipale. Comme d’habitude avec le FN, il prone la fermeté.

Déjà publiés :  Michèle Picard (PC)Lotfi Ben Khelifa (PS)Christophe Girard (UMP), Jean-Pierre Tardy (LO)

 

Comment se passe cette campagne ?

C’est une campagne très courte, mais intense au vu du comportement de certains militants d’autres listes concurrentes. Ce ne fut clairement pas agréable de militer dans certaines conditions.

Il y a un an vous étiez candidat à La Croix Rousse (4ème arrondissement), vous vous présentez cette année à Vénissieux. C’est un problème pour votre crédibilité ?

Le fait que je soit domicilié à Vénissieux depuis peu de temps peut être perçu de manière positive ou négative. Certains diront que je ne connais pas la ville. Je dirais que je la regarde avec un œil nouveau et pragmatique dénué de tout dogmatisme. Ce n’est peut-être pas le cas des gens en place depuis trop longtemps.

Onze des colistiers de Gabriac et Benedetti sont aujourd’hui sur votre liste…

Ce sont les mêmes qui n’étaient pas au courant. Certains l’étaient, d’autres s’étaient vus affirmer qu’ils participaient à une sur une liste front national. Je n’ai pas récupéré des militants de Monsieur Benedetti, ni aucun de son mouvement l’œuvre française qui a été dissoute il y a quelque temps. Je n’ai fait que redonner l’occasion à des personnes qui ont été trompées de pouvoir disposer d’une liste au FN.

“Je ne pensais pas qu’on me choisirait”

Vous pouvez comprendre qu’un doute demeure au niveau de la porosité entre l’œuvre française et le FN ?

Je ne le comprends pas. Si cela avait été le cas, nous aurions fait une liste commune depuis longtemps. Ce que peu de gens savent, c’est que la raison même de l’annulation de cette élection est due au fait qu’ils s’étaient vus affirmer qu’ils concourraient pour le FN alors que ce n’était pas le cas. Madame Le Pen avait demandé au Préfet de veiller à rayer cette liste et de cataloguer le parti de Monsieur Benedetti de mouvance parasitaire du FN.

Venissieux

Benedetti n’était pas sur une liste FN mais sur la liste Vénissieux fait front

Dans ce cas, pourquoi le FN n’a-t-il pas présenté une liste en plus de celle des identitaires ?

Nous n’avions pas de cadres sur place ! Il y avait les électeurs certes, mais il fallait trouver des personnes assez courageuses pour se lancer en tête de liste à Vénissieux et porter la candidature à bout de bras. Pour ma part, je ne pensais pas qu’on me choisirait. On m’a appelé et j’étais honoré qu’on le fasse. Le FN ne présente pas n’importe qui.

Quitte à présenter quelqu’un qui ne connaissait pas Vénissieux

Autant je ne connais pas la ville depuis longtemps, autant les défauts y sont tellement importants pour en comprendre les principales problématiques.

“La police municipale a un rôle esthétique”

Et quelles sont-elles ?

Une gestion ubuesque. Les coûts de fonctionnement sont de 7 à 10 % plus élevés que dans les villes de taille moyenne qui ont une sociologie identique. En parallèle à cela, on a une ville qui investit 25 % de moins que les villes de la même taille, ce qui identique une gestion clientéliste avec un manque d’investissements essentiels pour la santé d’une ville. On voit une délinquance galopante avec une police municipale qui a rôle plus esthétique qu’autre chose.

Vous qui êtes policier de métier, que proposez-vous au niveau de la police à Vénissieux ?

C’est une question de bon sens. Il faut armer la police municipale à la hauteur de ses missions. On ne peut plus laisser nos agents municipaux non armés au vu des dangers qu’ils courent. Madame Picard s’est prononcée pour armer la police municipale, mais uniquement la nuit. Rappelons que lors des derniers attentats, une policière municipale a été abattue en plein jour. Les policiers municipaux sont autant visés que les policiers nationaux. Il faudrait les équiper de caméras portatives lors des contrôles pour pacifier les rapports plus ou moins difficiles, notamment avec les populations jeunes. Les caméras sont une garantie pour les agents que les citoyens se comportent bien et dans le cas contraire qu’il y ait une preuve valable devant les tribunaux. Cela garanti également que le policier se comporte bien puisqu’il y a une vidéo. Sur Rillieux-la-Pape, dispositif a fait baisser de 70 à 80 % le taux d’outrage et de rébellions. On peut également évoquer la création d’une brigade canine, l’amélioration de la coopération entre police nationale et police municipale qui aujourd’hui ne se concertent pas. Ce qui est stupide. Il y a mille et une choses à faire pour améliorer la situation.

Ne faudrait-il pas créer une police de proximité et être plus en lien avec la population ?

À Vénissieux, on a créé le TOP (service prévention médiation). On envoyait des personnes non-dépositaires de l’autorité publique qui jouaient les assistantes sociales avec les délinquants, dealers et autres voyous qui ternissent l’image de la ville. On a envoyé des gens vêtus d’un gilet orange qui ont joué les médiateurs. Ils ont été reçus avec des jets de pierre. La racaille détruit le vivre ensemble. La population demande une police avenante et fière, mais on n’a pas à pacifier les rapports avec la délinquance. Il faut être ferme.

“Restaurer l’image d’autorité”

Donc pas de prévention ?

On a privilégié la prévention sans donner de moyens à la répression. La prévention sans répression, c’est faire preuve de faiblesse. La répression sans prévention, c’est faire de la brutalité. On ne peut s’émanciper du devoir de répression face aux actes délictueux. La police passe pour faible aujourd’hui, c’est pour cela qu’il faut restaurer cette image d’autorité qui ne semble plus réelle pour les délinquants qui sévissent dans nos rues.

Votre slogan de campagne est « Chez nous en paix ». Cela veut dire qu’on est en guerre à Vénissieux ?

On peut imaginer que des gens se sentent à un moment en guerre. Notamment les personnes qui ont connu des actes violents, des feu de voitures ou des actes de délinquances réguliers ; avec une police qui ne peut intervenir à cause d’un manque de moyens matériels et humains. Nous sommes là pour pacifier les rapports. Nous allons apporter plus de sécurité, nous montrer plus ferme vis-à-vis de la loi. Nous allons leur apporter de quoi les rassurer.

Pour vous les Vénissians se sentent tous en insécurité…

Pas tous. Cela dépend des quartiers. Mais ce n’est pas parce qu’une partie se sent en sécurité et l’autre en insécurité qu’il faut laisser pour compte celle qui est en demande d’action. Chaque quartier de Vénissieux n’est pas touché par la délinquance. Il y en a qui sont plus touchés que d’autres.

Au sein du front national, il y a des sensibilités différentes. De qui vous sentez-vous le plus proche ?

Le front national est un parti patriote qui a rassemblé des gens de divers horizons politiques s’étant mis d’accord sur un projet commun. Finalement, je trouve beaucoup d’intelligence dans les propos de Monsieur Philipot tout autant que ceux de Marion Marechal Le Pen. J’ai rencontré à maintes reprises Bruno Gollnisch, qui est venu me soutenir. Je ne vois rien d’antinomique entre ces personnes, ni aucune réelle opposition. L’argumentaire pour justifier telle ou telle position n’est peut-être pas le même d’une personne à une autre, mais dans l’absolu les propositions restent les mêmes. Contrairement à l’UMP, où on a des grandes divergences d’opinions et des positions politiques différentes.

Avez-vous des points communs avec Monsieur Benedetti ?  

Bien sûr que non, si c’était le cas, je ne serai pas au FN. Nous avons énormément de points communs avec le programme de Nicolas Dupont-Aignan. Je ne pense pas que vous oseriez dire Monsieurr Dupont Aignan a des points communs avec Benedetti et Gabriac. S’ils étaient proches du FN, ils ne passeraient pas leur temps à cracher sur Marine Le Pen. Ils revendiquent un projet découlant du fascisme de Mussolini. Le fait de redonner plus de force à la démocratie par l’appel plus réguliers de réferundum, le fait de passer par une proportionnelle intégrale au sein du parlement français, je doute que l’on puisse considérer cela comme le projet identique prôné par Mr Benedetti et son projet politique.

Imaginez-vous ne pas passer le premier tour ?

Sans être soutenu par personne, Benedetti a réussi a être au second tour en parasitant l’étiquette du FN. Au vu de son score alors qu’il ne proposait pas grand-chose, je ne m’imagine pas ne pas être au second tour.

 

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Sebastien Gonzalvez

Journaliste plurimédias.
Rédacteur en chef à @BondyBlogLyon
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