Andrea Kotarac a appelé à voter pour le Rassemblement National en mai. Crédit photo : LBB

[Interview] Andrea Kotarac, pour une démétropolisation de la ville de Lyon – Partie 1

Andrea Kotarac, candidat tête de liste « Pour l’amour de Lyon », compte bien redonner du pouvoir aux municipalités s’il est élu à la présidence de la métropole, pour laquelle il se présente lors des élections métropolitaines en mars 2020.

En juin dernier vous disiez vouloir prendre de la distance avec la politique, retourner vers une carrière professionnelle, qu’est-ce qui vous a poussé à retourner dans le bain d’une élection métropolitaine et sous l’étiquette RN ?

Je n’ai pas ma carte au RN, beaucoup ne l’ont pas contrairement à ce que l’on pense, Thierry Mariani ne l’a pas, moi-même je ne l’ai pas, Hervé Juvin ne l’a pas, mais il n’empêche qu’ils sont tous d’accord pour se mettre au travail pour faire en sorte que Marine Le Pen l’emporte en 2022, sans forcément avoir une carte. Effectivement, je voulais me mettre en retrait pour pouvoir travailler un peu le fond, avoir du recul parce qu’il est vrai que pendant les élections c’est toujours en urgence. Depuis 2008 il n’y a même pas le temps de réfléchir et ce n’est pas terrible. C’est aussi ce que l’on m’a plus ou moins vendu, un grand rassemblement tel qu’on le fait, avec des gens qui viennent de droite LR ou encore des historiques du RN. C’est le cas notamment de Agnès Marion. Il y a également des gens issus de la gauche, je ne suis pas le seul, la tête de liste de Villeurbanne, tout le monde sait que c’était quelqu’un qui vient de la gauche. La tête de liste du deuxième arrondissement est quelqu’un qui a été formé dans la même école que Jean Luc Mélenchon et Alexis Corbière. C’est quelqu’un de l’OCI, celui de Décines c’est un ancien du front de gauche, Kevin Namane. Ce grand rassemblement me paraissait inédit et en être le chef d’orchestre me semblait être un beau défi surtout sur un territoire qui a vu naître la République en Marche.

Justement avec tous les noms que vous venez de citer, quand vous êtes parti des Insoumis avez-vous fait des émules ? Y’a-t-il des gens qui sont partis avec vous ?

Nous avons reçu pas mal de messages, des gens de « grandes écoles », des gens de Science-Po Paris, des gens même qui sont aujourd’hui candidats. Je devais soutenir quelqu’un en Dordogne qui était 22 ans au Parti Communiste et qui s’est retrouvé aujourd’hui sans carte évidemment, mais soutenu par le Rassemblement National. Oui ça fait des émules. Le problème avec le Rassemblement National est que beaucoup de gens sont issues de la gauche, comme moi. Nous avons été formés par d’autres qui étaient à SOS Racisme, au PS, pour qui le mot « Le Pen », particulièrement Le Pen senior était le diable. Passer de l’autre côté quand nous avons un travail, des enfants, ça peut être plus compliqué. Je ne regarde pas les locaux ou les stars, je regarde surtout les électeurs. Il y a eu trois sondages à la suite, au mois de mai, au mois d’août et au mois de novembre qui expliquaient que 60% des électeurs de la France Insoumise, donc deux sur trois, allaient voter Marine Le Pen face à Emmanuel Macron. Alors vous allez me dire c’est un sondage, c’est loin. Cela marque quand même une tendance et c’est inédit même pour une enquête.

Vous venez de dire « les gens de gauches comme moi », vous vous considérez toujours comme un homme de gauche ?

Je pense que le clivage gauche droite n’existe plus. Je ne parle même pas que de la France. En Chine cela a toujours été le cas, vous allez en Afrique c’est la même chose, au Kenya. Nous en avons marre de la mondialisation, de se faire ruiner au niveau de l’agriculture, du tourisme ; ils cassent tout chez nous. Vous prenez le Brexit, c’est pareil. On dit « c’est le conservateur, la droite qui a gagné ». Le slogan était « retrouver le contrôle chez nous ». Même là-bas, le clivage n’existe plus, il y a les mondialistes face aux nationaux, aux localistes. Ce que nous voulons, ce sont les souverainistes face aux fédéralistes, les localistes faces aux mondialistes. C’est ce cli-vage-là, j’en suis sûr, qui va régner les prochaines années. Je me considère donc toujours comme un partageux, un républicain laïque, dans un nouveau clivage qui se dessine, et le camp du peuple aujourd’hui c’est Marine Le Pen.

Pourquoi vous avez été choisi par votre parti, tête de liste pour la présidence de la métro-pole, alors que vous êtes nouveau dans ce parti ?

Alors je n’appartiens pas au parti, c’est ma famille politique. Pourquoi ? J’avais été élu conseiller régional en 2015 sur la base des listes départementales, des listes métropolitaines. Cela paraissait plutôt logique que je reparte. Après avoir fait « tant de bruit », parce que c’était au niveau national au moment des européennes, sur ce même territoire. J’ai démissionné par respect pour mes électeurs, de mon mandat régional, lorsque j’ai démissionné de la FI. Il me paraissait normal de pouvoir me représenter devant ces mêmes électeurs, surement qu’une partie d’entre eux n’a pas encore la vision que j’ai sur le clivage gauche/droite.

En ce moment vous faites les marchés, un peu de porte à porte, est ce que ces électeurs vous posent la question, « on vous connaissait LFI, maintenant on vous voit RN, on ne comprend pas trop » ?

En fait c’est plutôt géographique. Pour moi la fracture sociale est avant tout territoriale, dans Lyon personne ne comprends. Je parle des cadres politiques, et tout ce microcosme un peu élargi. C’est souvent générationnel aussi. J’ai croisé Pascal Lebrun (NDLR : ancien candidat aux législatives 2017 à Lyon) à la préfecture. Il dit « t’es passé de l’extrême gauche à l’extrême droite ». Pour moi vu que le clivage existe plus, cela me fait doucement rire, ce genre de ré-flexion, parce que en réalité, vous avez vu sur l’Humanité de lundi ; c’était « La gauche du PS, PC, LFI demande un référendum à Emmanuel Macron sur les retraites », c’est à dire qu’en fait c’est l’idée de Marine Le Pen de décembre 2019 qui est à la une de « L’Humanité ». C’est elle la première qui a demandée un référendum pour sortir par le haut. Vous dites cela à Pascal Lebrun, il va dire « non, non ce sont des fachos ». D’accord, très bien, mais pouvons-nous parler du fond ? La discussion s’arrête là, facho, point. Les électeurs ce n’est pas facho, point. C’est que nous en avons marre de Macron, qui est le mieux placer pour défendre le système social français, solidaire, national ? Qui est plus à même pour favoriser et défendre les entreprises locales, l’emploi local ? De plus en plus ce sera forcément Marine Le Pen.

Vous parlez beaucoup d’identité nationale à travers vos discours, mais pour vous l’identité de la métropole du Rhône c’est quoi ?

Dans mon programme il n’y a pas de point identité, je déclarerai la métropole comme zone républicaine et laïque. Vous avez vu il y a un rapport de la DCRI, pas un rapport de Marine Le Pen, ou du journal Présent, ce sont les services de renseignement français qui nous expliquent « qu’il y a 150 villes où nous avons des quartiers contrôlés par les islamistes », ce sont les services de renseignement intérieur qui le disent. Quand nous sommes républicains, à un moment donné il faut se confronter à ce problème là et ce ne sont pas des français de souche, chrétiens, catholiques, traditionnels qui sont inquiets, ce sont des habitants. Quand j’étais à Vénissieux c’étaient des français qui me disaient : « Monsieur j’en ai marre ». « Nous ne laissons plus sortir nos enfants dehors car il y a des voyous et on n’a pas envie qu’ils finissent à Corbas, pas non plus envie qu’ils soient dans la banlieue d’Alep en s’explosant avec une ceinture explosive, il y en a marre de cette situation-là, nous aussi nous avons le droit à de la sécurité, de la sécurité quand nos enfants vont à l’école ». A Vaulx-en-Velin, ça fait huit fois depuis la rentrée que les enfants du Mas du taureau sont confinés. C’est à dire qu’à l’heure de la sortie, quand tous les autres petits lyonnais mangent leurs goûters, eux sont confinés. Le contexte autour est trop dangereux, je ne trouve pas ça normal. Pascal Lebrun dira facho mais je pense juste qu’il faut répondre aux attentes des habitants, peu importe l’endroit. Pour répondre juste à l’identité, La République, la majorité sortante, PS, LREM, EELV, que nous oublions un petit peu, sont sortis avec Greta Thunberg. On dirait qu’ils arrivent avec une montgolfière. Non, ils ont juste géré, ils partagent le bilan de Gerard Collomb, ils ont financé, ils ont voté pour l’institut de la civilisation musulmane qui a été co-financé par nos impôts d’une part et un régime théocratique islamiste d’Arabie saoudite d’autre part. Cela a même été inauguré par l’ancien ministre de la justice saoudien qui je le rappelle, dans son mandat, a 500 exécutions à mort, et la condamnation d’un blogueur a milles coups de fouets parce qu’il a critiqué l’islam et enfin, qui a validé le djihad en Syrie et en Irak. Vive la République, et vive le front républicain. Moi c’est terminé, les subventions communautaristes religieuses pour s’acoquiner avec je ne sais quelle association pour avoir des voix, terminé, c’est clair, zéro.

Et comment vous allez faire justement à Décines avec l’école Al Kindi ?

Je m’y oppose totalement à cette école, je ne catégorise pas les français selon leurs origines ethniques, leurs orientations sexuelles. Tout ce qui peut diviser, fracturer le peuple français, c’est-à-dire les écoles religieuses, confessionnelles, privées, de ce type-là, j’y serais opposé.
Votre parcours a été, majoritairement, résumé à LFI, est-ce que ça a été facile votre intégration au sein du RN par rapport aux militants traditionnels du RN ? Vous voir arriver et prendre la tête de liste sans entendre « Nous sommes là depuis 15 ans, lui 6 mois et il prend la tête. »
En fait si vous voulez je ne vais pas vous mentir, y a beaucoup de gens à LFI qui ont mon constat, même sur le caractère humain j’ai découvert des choses. Des gens nous expliquent sur les réseaux que vous êtes un connard et on vous envoie un message en privé 5 minutes après où on partage mon constat. C’est du délire. D’autres qui m’écrivent je vais faire comme toi, je vais voter RN, cependant je t’enlève de ma liste d’amis parce qu’ils vont faire des listes qui restent amis avec qui. Des trucs délirants. Je leur répond que Jean Luc Mélenchon est encore ami avec moi sur Facebook. Il y a beaucoup de gens avec ce constat-là, mais c’est comme un saut à l’élastique, ils partagent mon constat, très bien, mais après il faut sauter. Il faut sauter dans le vide. C’est ce que j’ai fait, donc humainement c’est facile, je vois toujours des Insoumis que j’ai envie de voir, caché parce que ça sent le soufre. Au RN ils appréhendaient aussi mais globalement j’ai été très bien accueilli. En ce qui concerne la métropole de Lyon ils se posaient des questions, « ça fait depuis 1976 que je suis là », d’autres sont tout nouveaux. J’ai pris les candidats un par un, j’ai pris le temps et aujourd’hui je n’ai plus aucun problème. L’ambiance localement est excellente.

Même avec Murielle Coativy ?

Même avec elle pour qui j’ai défendu le fait qu’elle soit candidate à Sainte-Foy-Lès-Lyon. Et pour qui j’ai réussi à dégoter en une demi-heure son logo droite populaire qu’elle n’avait pas réussi à avoir. Et je lui ai même proposé d’être candidate aux métropolitaines, mais étant donné qu’elle voulait vraiment se concentrer sur Sainte-Foy-Les Lyon, c’était un peu tard pour constituer sa liste.
Dans votre liste il y a beaucoup de néophytes en politique, pensez-vous que c’est un risque que de la présenter de la sorte sachant que la présidence de la métropole est plutôt technique ?
Nous voyons que Gerard Collomb comptabilise 110 années de mandat. Plus d’un siècle de mandat, cumulé, à un moment donné il faut savoir partir. Je n’ai jamais critiqué une personne selon son âge, nous pouvons être compétent à 23 ans comme Jordan Bardella, compétent comme un Gérard Collomb parce qu’il l’est forcément en étant maire depuis 2001. En revanche cumuler plus d’un siècle de mandat, je trouve ça un peu abusé. Les français n’ont plus confiance dans les partis politiques, neuf pourcent leur font encore confiance. Je crois que ce sont les membres des partis politiques. Cela ne veut pas dire qu’ils ne vont pas voter, cela veut dire qu’ils ne veulent pas cotiser, avoir une carte, il faut donc trouver une nouvelle formule. Nous l’avons trouvé parce que à la tête de la métropole c’est quelqu’un qui n’a pas sa carte au RN. Nous l’avions vu à la France Insoumise, nous avons remarqué que les gens voulaient participer, être actif, avaient des choses à dire sur ce qu’ils vivaient dans leurs travails, dans leurs quartiers. Je crois qu’avoir des gens nouveaux en politique, qui s’engagent, qui s’intéressent à la chose publique, il ne faut surtout pas leur dire « D’accord, mais tu iras coller quatre affiches ». J’ai personnellement souhaité leur donner des responsabilités, pour qu’eux après puissent aussi transmettre à d’autres. C’est comme ça que l’on construit une famille politique. Quatre semaines de campagne c’est une chose puis il y a 6 ans de mandats, puis il y ‘a l’après. Je vois à long terme.

Justement, par rapport à l’élection métropolitaine, est-ce que ce n’est pas compliqué pour le RN de se positionner sur des échelons locaux, alors que vous êtes surtout reconnu pour des missions nationales, voir internationales ?

Mon analyse est la suivante, ce n’est pas que la mienne puisque les autres écuries ont la même. Evidemment l’élection municipale nous la connaissons, la personnalité du maire sortant ou de la maire sortante prime plus que les partis politiques, c’est comme ça. D’ailleurs beaucoup enlèvent leurs logos, c’est encore autre chose. En revanche je crois que l’élection métropolitaine sera autrement politisée. Nous avons un ancien Ministre de l’Intérieur de Macron et Kimelfeld. Nous aussi nous voulons instaurer un nouveau clivage politique avec du localisme, je pense que c’est dans la métropole. Au niveau national nous voulons de la démotropolisation, nous avons montré que la concentration des pouvoirs, avec un bassin de vie, asséchait et tuait tout ce qu’il y avait autour. Que cela tuait les services publics, tuait leur maison. Cela veut dire que s’ils veulent être mobile, partir travailler ailleurs, personne n’achète leur maison. Vous l’avez vu sur le classement du bien vivre en France : La Rochelle, Annecy arrivent en tête. Il n’y a aucune métropole où les gens vivent bien en moyenne, Lyon est à la 56e place, Marseille à la 85e et Paris entre les deux. Cela veut dire que les villes moyennes permettent aux gens de vivre mieux. Par rapport à une mégalopole où tout est concentré, où les loyers explosent et où les étudiants s’immolent parce que c’est trop cher. Où ça tire à coups de feu, nous voyons bien que ce sont des villes moyennes. La démotropolisation il faut aussi l’approuver chez nous, la seule grande métropole où il va y avoir un surface universel direct, il va y avoir quelque chose d’assez intéressant à analyser.

Comment vous voyez la future relation entre le ou la maire de Lyon et le ou la futur président(e) de la métropole ?

Vous le voyez de toute façon dans les candidatures, nous avons Bruno Bernard qui est de Villeurbanne, qui est quand même écolo, que vous croisez constamment à la Croix-Rousse. Nathalie Perrin Gilbert, qui souhaite le renouvellement, la jeunesse, elle est quand même élue depuis 95. Elle ne présente que des candidats métropolitains, Lyon-Intramuros. Elle s’est clair, elle veut diriger les barbares depuis Lyon. Voilà il n’y a pas de candidats ailleurs, cela n’existe pas, derrière le périphérique, ce sont les barbares, le périphérique c’est la muraille de Chine. Vous avez Gérard Collomb qui est maire de Lyon et qui était président de la métropole, c’est quand même lui qui la construit. Il dirige la métropole depuis Lyon. Kimelfeld, maire du 4e, Croix-Rousse aussi. Derrière nous ne savons pas trop, nous avons des grandes théories magnifiques. Moi c’est le contraire, je veux, c’est d’ailleurs dans mes priorités, une métropole des communes. Je ne souhaite pas effacer les communes, je ne souhaite pas effacer la proximité, effacer les services publics. Par exemple quand les LR proposent une police métropolitaine, nous au contraire on propose un fond de 50 millions d’euros pour aider les communes à avoir leurs policiers municipaux. Un bon policier, c’est un policier qui connait son territoire, et nous ne souhaitons pas qu’un policier métropolitain intervienne à Givors pour ensuite partir je ne sais où. Nous c’est la proximité, c’est faire en sorte que la métropole ne se dirige pas depuis Lyon. Mais en termes de gestion et d’administration de métropole, tous sont lyonnais et particulièrement victime du virus de la boboïsation des esprits ; Perrin-Gilbert, Bruno Bernard, Kimelfeld. Je vais même aller au-delà, pour moi ils ont un programme et des propos qui témoignent d’un véritable racisme social et un racisme territorial.

Vous avez un peu le même discours que Renaud Payre, qui lui veut vraiment travailler sur les 59 communes de la métropole ?

Oui, c’est ça. Il y travaille, il est candidat aussi à Lyon, il est toujours allé à Lyon, je ne sais pas s’il est passé de l’autre côté du périphérique, d’ailleurs je crois qu’ils ont deux/trois problèmes parce qu’il a remarqué quand même qu’il y avait des élus derrière le périphérique. Ils lui disent rentre chez toi, retourne dans le 7e arrondissement. Vénissieux c’est chez nous.
Et donc vous iriez jusqu’à déléguer des compétences de la métropole au maire ?
J’aimerais bien redonner un peu de pouvoirs aux communes cependant je souhaite d’abord garantir leurs pouvoirs. Un maire en matière d’urbanisme, je souhaite que son pouvoir de délivrer des permis de construire sur son territoire soit garanti. C’est à dire qu’il ait le dernier mot. Je souhaite déjà que le maire préserve son pouvoir localement, qu’il n’ait pas à chaque fois à subir des injonctions depuis la métropole de Lyon. Aujourd’hui les citoyens n’y voient plus clair. Avec des feuilles d’impôts où c’est écrit métropole. Ils ont eu la fusion des régions, ils ont eu dans le nouveau Rhône des fusions de communes. Ils n’ont rien décidés en fait, ça leur tombe dessus, je préfère que ça parte du bas. Que nous commencions déjà par garantir le pouvoir des communes et des maires.

Une des questions prioritaires est le problème du transport au sein de la métropole, qu’est-ce que vous proposez pour fluidifier ces transports ?

Les axes prioritaires sont d’abord prolongement du métro A vers l’Est. Nous sommes assez clair, priorité vers l’Est, prolongement du métro A vers Décines-Meyzieu puis à terme Saint-Exupéry. Gerard Collomb nous explique que l’Aéroport de Lyon est magnifique, que tout va bien. C’est le seul aéroport de la région qui est excédentaire, pas déficitaire, le problème c’est que les lyonnais se font plumer avec le Rhône Express. Si l’on veut concurrencer les autres aéroports de la région, tel que Genève, où vous descendez, vous prenez vos bagages, appuyez sur un bouton et vous avez votre ticket de train gratuit jusqu’à la ville. Nous sommes très loin du compte. De plus, quand Kimelfeld et les autres comparent la métropole de Lyon à Francfort ou Barcelone, il suffit de regarder les tarifs, c’est quatre à cinq fois moins cher. C’est bien pour Vinci, que ce soit excédentaire, mais pour les habitants ça l’est un peu moins. Nous sommes à la ramasse en matière de liaison ville-aéroport. Nous voulons également boucler le périphérique.

Vous êtes pour l’anneau des sciences ?

Nous sommes pour l’anneau des sciences. Avec plusieurs conditions, la première concerne l’échangeur. Evidemment avec les hôpitaux sud, puisque nous avons un tracé qui passe à deux cents mètres des hôpitaux qui soignent de la pneumonie, des maladies respiratoires. Je pense qu’il faut sanctuariser ces lieux de santé, en faisant en sorte que ce tracé soit beaucoup plus éloigné. Etant donné que nous ne sommes n’est pas que pour la route, on veut qu’il y ait en plus un contournement ferroviaire.

Vous êtes pour le RER alors ?

Il y a déjà des lignes qui existent, comme Givors-Brignais, donc c’est possible. Boucler ensuite entre Brignais et Gorge de Loup, on aurait vraiment quelque chose d’intéressant. Le deuxième point sur les transports. Vous regardez BFM Lyon tous les matins, il y a la carte des transports des bouchons, l’artère principal ce n’est pas le Boulevard de la Croix- Rousse, c’est à chaque fois dans l’Est. Cela fait 5 ans que ce projet dure, sauf que ça fait 50 ans que c’est les mêmes qui payent la pollution, le transport, les autoroutes qui passent dans leurs quartiers. Il faut boucler le périphérique, selon deux conditions dont le contournement ferroviaire car nous ne sommes pas que pour la route. Le tracé, on considère qu’il est mauvais, et pour vous dire aussi, pour être un peu plus sérieux, c’est qu’on l’a plus élargi. Pour les transports nous avons réfléchi sur une délimitation métropolitaine et non géographique : un bassin de vie, un bassin économique. Il y a Vienne, Roanne, Saint-Etienne, Bourgoin, c’est vraiment cette aire-là. Je suis allée annoncer il y a quelques semaines qu’on était pour un Saint-Etienne / Lyon Express, une forme de RER, pas sur le modèle parisien, mais sur celui de Shangaï. C’est le Maglev, ce train urbain à grand vitesse, cela coute un milliard. Pour cette dérogation Lyon/Saint-Etienne, c’est à peu près la même distance, ça fait 30 km en sept minutes et vingt seconde. Nous pouvons commencer par ça, là aussi c’est sur plusieurs mandats. Relier les autres points que je viens d’expliquer, parce que nous avons véritablement une aire métropolitaine qu’il faut essayer de fluidifier. Les transports ne viennent pas de nulle part, les gens travaillent beaucoup sur Lyon. Ils habitent ailleurs car cela devient trop cher et ils habiteront de plus en plus ailleurs. Il faut aider les maires à faire des parcs relais. Ils ont un énorme problème, ils n’arrivent pas à acheter les terrains. Les quelques-uns qui existent aujourd’hui sont surblindés tout de suite, il faut en créer d’autres pour favoriser les gens pragmatiquement parlant. J’ai fait le TER Givors-Perrache, pour aller une fois c’est bien, pour y vivre et travailler quotidiennement et avoir des relations assez régulières c’est catastrophique.

Comment comptez-vous financer cela ?

Je n’ai pas les fiches sur le budget mais c’est assez simple. Lorsque vous comparez les 10 milliards de Kimelfeld sur deux / trois mandats, nous sommes bien en deçà. Il faudra financer le Saint-Etienne / Lyon express à hauteur de 1 milliard. Cela représente un dixième du budget de Kimelfeld. Ce n’est pas que la métropole de Lyon, c’est la région, c’est l’Etat. Je vous rappelle que 70 000 voyageurs circulent par jour entre Lyon et Saint-Etienne. Tout est viable, ce que je propose sont des lignes finançables. Un autre exemple est le tramway pour aller à Vénissieux, je l’ai pris pendant deux ans pour constater qu’aux heures de pointe il est à deux doigts de se renverser. Le T3 pour Décines-Meyzieu, c’est pareil, je ne vous parle même pas quand il y a des matchs. Le Sytral n’a pas assez travaillé à moyen/long terme avec la démographie de certains secteurs. Effectivement lorsque je voulais proposer une ligne vers l’Ouest, en analysant la fréquentation, on se rend compte que c’est inutile.
Dernière question par rapport aux transports, certains de vos concurrents proposent la gratuité des transports en commun pour les jeunes et les plus démunis, qu’en pensez-vous ?
C’est une très bonne idée. Cependant, je me souviens de Gerard Collomb qui proposait la gratuité pendant les pics de pollution, il l’a fait pendant la campagne, deux fois et puis après il a dit en fait cela coûte trop cher. Nous avons un véritable plan contre la précarité, pour les logements sociaux, les étudiants, les transports, les jeunes et les maisons du handicap.

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