Entre 5 000 et 6 000 personnes se sont rassemblées ce samedi au départ de Place de la République, en soutien de la Palestine. La foule a condamné l’attitude de la communauté internationale et particulièrement celle de la France. L’échec diplomatique et politique pourrait renforcer le sentiment confessionnel.

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Une flotte de drapeaux orne la place de la République, en ce samedi après-midi. A côtés des badauds venus dénicher les dernières bonnes affaires des soldes, environ cinq mille personnes sont rassemblées. Le cortège dénonce la situation en Palestine, et notamment la non-intervention internationale et la « complicité » de la France, suite au communiqué de l’Elysée publié le 9 juillet. Celui-ci expliquait que « la France condamne fermement ces agressions (du Hamas, Ndrl). Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces ».  Le proche-orient fait face à une escalade de la violence, suite au meurtre de trois jeunes israéliens et la réplique des extrémistes israéliens par l’assassinat d’un jeune palestinien, début juillet.

Incompréhension de ces enfants de la République

L’ampleur de la manifestation surprend au sein même du cortège. Selon les organisateurs, entre 5 et 6 000 personnes sont présentes. « Je ne m’attendais pas à voir autant de monde » s’enthousiasme Samy. « C’est une mobilisation très importante pour le mois de juillet. On ne pouvait pas faire mieux », estime Dominique Noly, du collectif 69 de soutien au peuple palestinien, organisateur de l’événement.

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« Israël assassin, Hollande complice ! » peut-on entendre lors de l’avancée de la foule, entre la place de la République et la place Bellecour. Dans la rue Gasparin, la résonance se fait plus pressante, la foule plus dense. Mélangée aux drapeaux Palestiniens, Turques, Algériens et pour la paix, une jeune femme arbore fièrement le drapeau français. « Je suis française et je tiens à dire que je ne me sens pas représentée par le Président Hollande. Son attitude auprès d’Israël, nous ne la cautionnons pas » explique Samia, visage découvert. Farida, élue socialiste stéphanoise, va encore plus loin : «  Le mot d’ordre était « dégage » lors du printemps arabe, il pourrait bien s’appliquer rapidement à Hollande, au vu de sa cote de popularité et de son attitude. »

Pour ces enfants de la République française, l’incompréhension est patente. « A l’école, on nous fait l’éloge de Gandhi, un grand homme qui a lutté contre la colonisation britannique. Et face à la colonisation israélienne sur les territoires palestiniens, le gouvernement français ne réagit pas. Pire, il cautionne », s’alarme Samy, 22 ans. « Je ne comprends pas l’attitude de la France, qui condamne l’annexion en Crimée et valide l’invasion israélienne » relance-t-il. Il porte dans ses bras l’un de ses deux enfants. Il a tenu à l’emmener, comme pour montrer qu’en Palestine, chaque jour, des enfants meurent des bombardements israéliens.

L’arme du boycott

Dans le combat palestinien, trois axes sous-jacents prédominent. « Il s’agit d’un combat pour les droits de l’homme, d’un combat pour le droit international et d’un combat politique. C’est un combat universel » explique Dominique Noly. Avant de poursuivre : « Les hommes politiques doivent arrêter de suivre Israël. Les institutions, mais aussi les syndicats doivent réagir », mettant en avant l’atout du boycott. « C’est une arme qui peut faire mal à Israël. Il faut faire comprendre que l’État hébreu que c’est un État paria. »

Le boycott peut porter sur des produits alimentaires, mais être également sportif, culturel, universitaire et économique. « Le président de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne était en Israël pour faire du business au moment où des prisonniers palestiniens faisaient une grève de la faim pour dénoncer l’injustice de leur incarcération dans les geôles israélienne et les mauvaises conditions de traitement », rappelle Dominique Noly.

« L’attitude française va renforcer le djihad »

Face au silence de la communauté internationale et de l’attitude du Président Hollande, certains déplacent le combat pacifiste vers un combat armé. « Avant, je ne cautionnais pas l’attitude du Hamas. Mais face à l’inertie des puissances internationales, il me semble que c’est la seule solution. C’est un devoir de résistance», pense Samy. Une analyse tempérée par l’un de ses amis : « L’action humanitaire peut aussi être un acte de résistance » intervient Toufik.

La cause palestinienne « est plus un combat politique que religieux » explique Mohamed, trentenaire pratiquant. L’échec diplomatique et politique réveille pourtant le sentiment confessionnel. Pour certains, celui-ci apparait comme l’ultime solution d’action. « Je pense que cette situation va renforcer le djihad. Nous ne pouvons pas voir nos frères et sœurs se faire tuer indéfiniment sans réagir », confesse une troisième personne du groupe d’amis, le cœur lourd et le regard désespéré. Et pourtant, l’Islam est une religion de tolérance » assure-t-il.

Le rassemblement s’est terminé dans le calme, par une minute de silence en mémoire des victimes palestiniennes.

Photos : Sylvain Ortega

 

 

 

 

Maxime Hanssen

Ex Service civique au #LBB. Diplômé d'une maîtrise d'Histoire après un mémoire de recherche sur l'histoire politique de la Hongrie. Journaliste à Acteurs de l'économie - La Tribune. En formation professionnelle à l'ESJ Lille Pro. Contributeur éternel au LBB et citoyen européen.