Vendredi 6 juin, L’EPI (Espace Projet Inter-associatif) organisait une rencontre citoyenne « Des voix s’élèvent contre le fascisme » au centre culturel Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin. Au programme : une pièce de théâtre suivie d’un débat et d’un concert.

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Table ronde, présence de Bruno (Maison des Passages), Alain Girod, Yves Groliery (Cimade, M. Terray, maître Stayn)

« Des voix s’élèvent contre le fascisme », tel était le sujet de la rencontre citoyenne organisée par l’EPI. Elle s’est déroulée le 6 juin dernier à l’espace culturel Charlie Chaplin (Vaulx-en-Velin) et a été ponctuée par la représentation d’une pièce de théâtre, suivie d’un débat puis d’un concert.

Le public de cette soirée est à l’image de la société actuelle, plutôt âgée. La nouvelle équipe municipale de Vaulx-en-Velin est présente par l’intermédiaire de M. Rebouche (Directeur de cabinet de Mme Geoffroy, Maire fraîchement élue).

On débute par la pièce de théâtre « Prise en Scène » avec quatre acteurs (Franck Adrien, Nadia Larbiouene, Florence Meier, Yvette Thibault-Verrier) qui reviennent sur les évènements de septembre survenus à la Maison des Passages, située dans le quartier de St Georges (5ème arrondissement de Lyon).

Ce soir là, une cinquantaine de personnes appartenant à la mouvance identitaire sont arrivées en scandant des propos dont ils ont le secret (« Sales Youpin », « On est chez nous »…). La grande classe. Les personnes qui assistaient à la conférence ont été bloquées pendant 45 minutes dans les locaux et les forces de l’ordre avaient ensuite assuré la sécurité du public de la Maison de Passages à l’arrêt de Métro Vieux Lyon.

Le président de l’EPI leur a rendu hommage, avant de réclamer une attention particulière à la réflexion qui va s’engager : la droitisation de la France sur ces vingt dernières années.

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Allocution d’Alain Girod, président de l’Epi

Le débat s’engage autour d’une table ronde animée par Bruno Guichard de la Maison des Passages. Quatre intervenants sont également présents : M. Terray, anthropologue, Maitre Sayn, M. Yves Grellier président de la Cimade Rhône-Alpes et M. Girod (de l’EPI). Ensemble, ils relatent les actions plutôt musclées des Identaires au cours de ces dernières années et de leur dangerosité. Bruno revient sur les obsèques d’Hélie St Marc (ancien résistant et Officier Français pendant la guerre d’Algérie) et sur la présence de tout le gratin lyonnais (Gérard Collomb, Yves Cochet, Bruno Gollnisch, pour ne citer qu’eux) aux funérailles.

Le public prend la parole

Le débat s’installe entre le public et les membres de la table ronde. Tout monde prend la parole et défend ses positions. Le débat fuse sur des sujets très variés et l’animateur laisse la parole aux participants. Marco est chilien et membre de l’association Caranguitar pour Victor Jaja. Il rappelle les conditions des prisonniers politiques sous Pinochet. Il insiste sur le fait que le Chili est le seul pays qui ait résisté au néo-libéralisme. Dans la salle, Jean-Pierre évoque l’effondrement du communisme au 20ème siècle, qui pour lui est un gâchis. Il développe ensuite sur la montée des identitaires depuis 1968. Un troisième intervenant prend la parole : « La droite et l’extrême droite se sont approprié le drapeau français, avant c’était les communistes ». À son tour, une jeune femme dit : « Où est la pensée de la gauche ? ». Jean Charles, syndicaliste, lui répond : « Dans les stades de foot, on laisse la libre expression à l’extrême droite. Le Front national pendant la deuxième guerre mondiale a permis de résister et de libérer la France. Depuis 30 ans, il la tue ! ». Adil émet son avis sur la réaction des gens face aux agressions des nationalistes et la volonté d’améliorer les mentalités. « L’internationalisme doit être remis en avant. Occupons-nous plus du cas des travailleurs du Bangladesh. Dans les années 80, la gauche avait une supériorité idéologique. En 2014, c’est la droite qui définit les questions », lance une autre personne du public.

Bruno Guichard retrace ensuite la longue pratique de la Cimade (Comité inter mouvements auprès des évacués) sur les questions de l’extrême droite. Ils reviennent sur les accusations de l’extrême-droite par rapport à l’immigration. Alain Girod constate un glissement à droite et à l’extrême-droite. Pour lui, c’est la faute à la politique actuelle du gouvernement. Il cite Lionel Jospin : « Il faut une économie de marché, pas une société fondée sur l’économie ». Le débat continue sur l’utopie de la gauche. Le débat se conclut par cette phrase : « Le racisme, c’est opposer un groupe social à un autre et affirmer sa supériorité et la xénophobie c’est la peur. À nous de réussir notre histoire en faisant renaître l’internationalisme d’autrefois ».

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Débat

Le groupe de musique Yawar Masi, rendant hommage à Victor Jaja, a conclu la soirée d’échanges.

Dommage que dans ce genre de débat, les jeunes ne viennent pas. Ce sont pourtant eux qui doivent se saisir de ces questions. Dans ce sens, un travail de fond et de pédagogie est nécessaire pour intéresser les jeunes à la politique. La problématique est finalement la même que pour l’abstention : réussir à mobiliser les jeunes.

Etienne Aazzab

Etienne a contribué depuis 2 ans dans le journal satirique FOUTOU’ART. Il a intégré l’équipe du « clic 2014 » : Collectif local d’informations citoyennes à partir de novembre 2013. Il rejoint le Lyon Bondy Blog à partir de janvier 2014.
Twitter : @AazzabEtienne

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