Créé en 1993, le Centre de ressources et d’échanges pour le développement social et urbain est un lieu d’appui, de formation, de diffusion d’informations et d’échanges d’expériences. Le CR•DSU accompagne les collectivités et les acteurs publics et privés qui participent à la politique de la ville dans les quartiers populaires, à l’échelle de la Région Rhône-Alpes. Rencontre avec Isabelle Chenevez, Directrice de la structure.

Le CR•DSU est tourné vers ceux qui organisent et qui conduisent les politiques publiques dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, autrement dit les quartiers qui concentrent le plus fortement et le plus massivement des difficultés sociales, économiques, urbaines. Il travaille en lien étroit avec des élus locaux, des professionnels des collectivités locales, des représentants de l’État, mais aussi des acteurs locaux, des opérateurs des quartiers (bailleurs sociaux, services publics, CAF, associations, centres sociaux) et des chercheurs. En 2014, ce sont plus de 2000 personnes qui ont participé aux rencontres et ateliers organisés par le CR•DSU.

« On est attaché à ce qu’il y ait des échanges entre des gens qui travaillent dans les quartiers et des gens qui apportent une ressource, une expertise, un savoir sur la ville, donc on organise un croisement entre chercheurs et praticiens. Très concrètement, on organise des rencontres de différents types, sur un sujet donné, pour échanger les expériences locales et les analyses. Par là, on contribue à produire une culture commune sur des sujets complexes, liés aux inégalités sociales et territoriales. »

Après les attentats, la question de la cohésion sur un territoire

Les sujets abordés par le CR•DSU sont très divers : accès à l’emploi, éducation, logement, santé, développement urbain et cadre de vie des habitants, développement économique… Suite aux événements de janvier, un travail particulier a été effectué sur la question du lien social et de la cohésion sur un territoire. Le rôle du CR•DSU prend alors tout son sens et se réaffirme autour de débats et échanges sur le vivre ensemble.

« Il y a un besoin d’apaisement. Ces événements de janvier ont pu donner lieu à des amalgames dangereux entre les questions du vivre ensemble, de citoyenneté et de laïcité avec les phénomènes de radicalisation et le terrorisme. Les préfets ont demandé aux acteurs locaux d’organiser des échanges avec les habitants. Nous traitons de ce sujet en nous appuyant sur des personnalités qualifiées et à partir de situations très concrètes apportées par des professionnels ».

Un lieu pour les professionnels

Le CR•DSU travaille à échelle régionale et s’adresse donc aux acteurs de plus d’une centaine de communes. La politique de la ville s’est professionnalisée. Dans la région, elle s’appuie aujourd’hui sur environ 600 professionnels dédiés.

« Les professionnels savent très bien gérer les dispositifs et les procédures, mais ils sont en demande de revenir sur le fond et les objectifs. La politique de la ville est devenue de plus en plus complexe, et se trouve dans une incertitude quasi permanente sur le plan des financements. Dans ce contexte insécurisant, les professionnels sont en demande d’échanges sur le sens de leur travail. »

Isabelle Chevenez, directrice du CRDSU. ©CRDSU

Isabelle Chevenez, directrice du CRDSU

Developpement économique, developpement social…

Le site internet du CR•DSU (200 000 visiteurs par an) est la première source de diffusion de l’information. Le centre de documentation propose également un service Info/Doc gratuit, accessible à distance et sur rendez-vous, qui offre des réponses à des demandes ponctuelles. Il est possible de venir consulter ou emprunter des ouvrages sur simple demande de rendez-vous. « Notre objectif est d’informer et d’outiller tous ceux qui s’intéressent à la question des quartiers populaires. » Etudiants, universitaires qui travaillez sur ces thématiques, vous savez ce qu’il vous reste à faire

Actuellement, le CR•DSU travaille autour de trois axes : le développement économique (cycles d’échanges et partenariat avec l’Association Régionale des développeurs économiques — Aradel), le développement social (publication des Cahiers du développement social urbain sur la lutte contre les discriminations) et enfin, la participation des habitants.

Et participation des habitants

« Un axe de travail très important pour nous actuellement en 2015, c’est la participation des habitants, puisque la loi pour la ville et la cohésion urbaine de 2014 a affiché une ambition nouvelle en la matière, avec la mise en place des conseils citoyens. Ceux-ci ont vocation à regrouper des habitants et des acteurs locaux pour qu’ils soient dans un rapport “nouveau” avec les pouvoirs publics locaux, et qu’ils participent plus fortement à la définition et à la mise en œuvre des projets et des politiques qui les concernent directement. »

Le centre de ressource travaille aussi et bien sûr avec le secteur associatif et les centres sociaux, sur des projets pilotes pour expérimenter de nouvelles façons de faire avec les habitants. Dans ce sens, un projet est en cours à Rillieux-la-Pape sur le développement du pouvoir d’agir des habitants. Un projet suivi par le LBB. On vous en reparle bientôt.

 

Jelena Dzekseneva

Née en Lituanie et ayant grandi au Kazakhstan, je suis arrivée en France en 2008. Pendant mes études d'anthropologie à Lyon 2, j'ai participé à divers projets associatifs qui m'ont fait venir au LBB en juin 2015.