Une dizaine de militants de Greenpeace et de l’Association Végétarienne de France (AVF) ont installé une tente au cœur du Parc de l’Europe, à Villeurbanne. Parmi leurs revendications, la mise en place de deux repas végétariens par semaine dans les cantines scolaires et le remplacement des produits industriels ou importés de mauvaise qualité par des produits frais provenant de l’agriculture biologique.

Pour Tom Baquerre, co-ordinateur national du Veggie Tour  et salarié de Greenpeace, l’engagement bénévole consiste à inciter les français à réduire leur consommation de viande et de poisson. « En France, on mange beaucoup trop de viande et de produits laitiers. On essaye de sensibiliser les gens au fait que manger de la viande une à deux fois par semaine suffit si, le reste du temps, on a une alimentation végétarienne équilibrée avec des légumineuses, des protéines végétales » , témoigne t-il.

Faire de la pédagogie 

Greenpeace et l’Association Végétarienne de France souhaitent faire de la prévention auprès des enfants et expliquer aux parents que manger végétarien n’est pas un problème pour la santé. D’après la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), l’élevage intensif représente 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. « Quelque chose a changé dans la mentalité des gens » , affirme Tom Baquerre. « Ils sont beaucoup plus réceptifs qu’il y a quelques années, intéressés. La consommation de viande a baissé de 10 % en France ces dix dernières années ». A l’intention des enfants, plusieurs activités ludiques sont proposées. Parmi elles un blind-test végétarien, un chamboule-tout de la viande par équipe, des minis jeux, ateliers dégustations et des chansons. 

La politique agricole commune remise en question

La FCPE (Fédération des Conseils des Parents d’Élèves) est partie prenante de la campagne nationale dans certaines villes de France. Au niveau local, Greenpeace et l’AVF peuvent recevoir le soutien de L214. Parmi les produits consommés dans les cantines scolaires, certains proviennent d’autres continents. La Politique Agricole Commune, décidée au niveau européen, vise à soutenir l’ensemble des filières agricoles et distribuer des aides en faveur de l’élevage, l’agriculture et l’emploi. Pour Tom Baquerre, elle doit faire l’objet d’une refonte. « Aujourd’hui, la majorité des aides sont réservées aux agriculteurs qui ont les plus grandes surfaces. Généralement, ce ne sont pas des surfaces bio. La PAC doit favoriser d’abord les petits producteurs bio. On essaye de faire en sorte que la France soutienne cette position ». La Politique Agricole Commune devrait, selon lui, favoriser les petits agriculteurs et l’agriculture bio en général. Parmi les revendications des bénévoles et membres de Greenpeace et de l’AVF, la défense de l’agriculture locale et du sans pesticide de synthèse. « Il est arrivé plusieurs fois que le Parlement européen prenne des bonnes décisions, reconnait Tom Baquerre, mais c’est au final retoqué par la Commission ou par le Conseil Européen. L’élection du Parlement n’est pas suivie des faits ». Avis partagé par Éloïse, bénévole de Greenpeace. « Si l’élevage est devenu industriel, c’est parce que la PAC favorise les grands ensembles. Plus vous avez de surfaces, plus vous touchez de subventions. Or, si vous voulez être respectueux de l’environnement, sur une exploitation plus petite, vous touchez moins d’aides ».

La loi comme appui

La loi Egalim , promulguée en novembre 2018, se donne pour objectif d’améliorer la condition de rémunération des agriculteurs. Issue des états généraux de l’alimentation, elle vise à mettre fin à la guerre des prix disputée par les grands de la distribution en France. Cet affrontement a un impact sur le revenu des paysans. Le choix de Greenpeace s’est porté sur la commune de Villeurbanne car les services de restauration scolaires distribueraient, selon elle, moins d’un repas végétarien par semaine. Ce que l’association considère comme contraire à la loi Egalim. Deux modes de gestion sont appliqués dans le cadre de la restauration scolaire: la Délégation de Service Public (DSP) et la gestion directe. Dans le premier cas, une autorité délégante confie la gestion d’un service public à un ou plusieurs opérateurs économiques. Dans le second cas, le service scolaire d’une école prépare ses repas, achète lui-même sa matière première sans passer par un prestataire extérieur. Les cantines scolaires représentent un milliard de repas par an. Eloïse, bénévole à Greenpeace Lyon, insiste sur l’importance d’informer les habitants de la région lyonnaise. « La modification de l’élevage s’est faite sans qu’on le sache et a un impact sur l’environnement. On veut expliquer les choses aux Villeurbannais sans les culpabiliser ».
A l’échelle nationale, le site internet cantineverte.fr invite les citoyens à ouvrir une pétition adressée au maire de sa commune, au président de département ou de région. Le but est de demander davantage de bio, de local, de menus végétariens, moins de plastique et de gaspillage.