Festival Roots de Campagne à Fleurieux-sur-l’Arbresle

Ce samedi 7 Mai se déroulait le premier festival Roots de Campagne post covid. La soirée a permis de réunir une jeunesse lyonnaise -mais pas uniquement- autour de l’éducation : qu’elle soit musicale, sexuelle ou préventive de la drogue.

Le festival Roots de Campagne a fait son grand retour ce samedi 7 mai pour sa 15ème édition. Après deux ans d’arrêt pour cause de pandémie, l’événement revient avec une nouvelle direction artistique, imaginée pendant la crise sanitaire. Neuf artistes ont relevé le défi.

Une 15ème édition tournée vers le Hip-hop

Cette 15ème édition se tourne davantage vers le monde du rap, avec une scène principale qui lui est totalement dédiée. En effet, le hip-hop a éclipsé la culture pop/rock pour permettre à l’édition 2022 de proposer une programmation mêlant plusieurs influences hip-hop. Il y a cinq ans, le festival était plus orienté dub musique et rock, avec en guest « Brothers Culture », un artiste anglais ou « Raqoons », un groupe de rock stéphanois. Il reste toujours une deuxième scène avec des styles éclectiques : techno, dub, sound system.

Cette année, les têtes d’affiches étaient Gouap, un membre du collectif lyonnais Lyonzon, l’Officier Zen, rappeur, le groupe aixois Boulettes Violettes et Emma Jee, une artiste parisienne aux influences américaines. Toujours dans cette démarche d’ouverture au rap, le festival a accueilli le crew La Neode qui proposait un open mic (session ouverte). Les passionnés se sont succédés, se passant le micro pendant plus d’une demi heure pour animer le début de soirée.

Le crew La Neode, en open mic. Crédit : Maëva Ducret
Le festival « Roots de Campagne » prend ses racines dans la campagne en 2004, à Fleurieux-sur-l’Arbresle. Tout est partie d’une initiative de jeunes du territoire, réunis dans une association, qui souhaitaient mettre en valeur leur région. Ils ont donc développé au fil des années un rendez-vous musical annuel qui rassemble des artistes locaux et d’autres nationalement connus. « Au départ, on avait une association qui s’appelait « Planète Jeune » et on se contentait d’événements entre nous, explique Vincent Jirousse, le président de l’association. Puis, on s’est structuré en MJC et on a décidé de créer le groupe Barakason et une association qui gère les événements. »
Pour cela, ils ont quitté leur petit local, puis ont intégré la grande salle où se déroule l’événement aujourd’hui : la salle des fêtes de Fleurieux-sur-l’Arbresle. Barakason s’est ensuite greffé au projet du Roots et à la MJC de Fleurieux : « L’ensemble forme un groupe homogène qui se fait confiance », se félicite l’organisateur.

Satisfaire la jeunesse, sans « casser l’âme du festival »

Aujourd’hui, l’objectif est d’attirer le public grâce à une tête d’affiche et de pouvoir permettre de greffer d’autres artistes locaux moins connus au projet. Pour se sentir au plus près de la jeunesse et de ses attentes musicales, le collectif est parti à la rencontre de lycéens : « Les étudiants de Germaine Tillion, nous ont fait savoir qu’ils aimaient du rap et de la techno. Lyonzon est pas mal ressorti , explique Vincent Jirousse. On a essayé de ramener différents styles : trap, boom-bap, soul, hyper-pop et de l’underground. On reste dans la grande catégorie du hip-hop, mais avec une vision assez éclectique. »

Les organisateurs expliquent aussi vouloir garder une programmation plus petite, pour ne pas dénaturer le festival et n’a pas pour objectif d’en faire du profit. Vincent Jirousse poursuit : « Une entrée à 10 euros est plus logique, et donc forcément on peut se payer des artistes à ce prix. Sinon, on aurait pu monter à 40 euros et avoir le budget pour Ninho. Sauf que cela casserait l’âme du festival. On a envie de faire découvrir plein de musiques. »

Entretien avec les artistes

Dans cette large programmation, le Lyon Bondy Blog a pu rencontrer les 4 têtes d’affiches du festival. Lors de notre échange avec Gouap, le rappeur lyonnais est revenu sur la présence de l’ensemble de son groupe, le RTT, durant son show : « Le RTT c’est ma famille, Mini et Mano ce sont mes frères ». Il s’est aussi exprimé sur son envie d’exportation de sa musique et sur son nouveau projet « aux sons d’été, dans un style que je n’ai jamais fait ». L’artiste a enfin évoqué le futur de Lyonzon qui reviendra en 2023 et son souhait « d’inviter toute l’Animalerie pour le prochain projet de Lyonzon, les deux groupes de la ville ».

L’entretien avec le rappeur Gouap dans son intégralité.

Le rappeur Officier Zen est revenu sur sa première expérience au Roots et sur l’évolution de la scène hip-hop à Lyon : « C’est un vrai plaisir de revenir sur la même scène qu’il y a six ans, car à cette époque-là, mon projet musical n’était pas aussi développé. Sur le territoire, c’est le gros événement qui met en lien la culture urbaine et la jeunesse

L’entretien avec le rappeur Officier Zen dans son intégralité.

Boulettes Violettes, un groupe de rap techno aixois, s’est livré sur la genèse de leur groupe et sur leur envie de développer l’aspect scénique de leur identité : « Pour nous la diversité de la programmation est très positive. Quand on regarde les 4 noms de la line-up principale, on ne voit pas du tout la même chose… On peut tous échanger et apprendre les uns des autres. »

Boulettes Violettes. Crédit : Lisa Levy
L’entretien avec le groupe Boulettes Violettes dans son intégralité.

Une vision partagée par Emma Jee, une artiste parisienne pop-rap aux influences américaines : « Se retrouver à Fleurieux-sur-l’Arbresle, ça me fait grave plaisir, au milieu d’une line-up aux styles aussi différents. Si le public ici veut bien de moi, je veux bien d’eux ! »

Emma Jee. Crédit : Lisa Levy
L’entretien avec l’artiste pop-rap Emma Jee dans son intégralité.

Éducation musicale, mais aussi préventive sexuelle et de la drogue

L’organisation de la soirée a oscillé entre expression scénique et open-mic, avec également comme chaque année un stand d’éducation préventive des drogues et du sexe. Le collectif s’est naturellement tourné vers le CJID (Club Jeunesse Infrastructures et Développement), pour qu’il puisse parler de consentement, d’IST et de MST, ou de l’importance du préservatif. Un second partenaire, RuptureS, était aussi sur place pour échanger avec les festivaliers sur la consommation de drogues en milieu festif. Les bénévoles réalisaient des tests de qualité, des entretiens individuels et se baladaient sur le site pour fournir, si besoin, des « pailles à sniff » ou des seringues.

L’association prône une bienveillance et une écoute pour tous, qui nécessite toujours un travail de fond, notamment avec les récentes plaintes de festivaliers piqués par des seringues ou drogués au GHB : « Aujourd’hui, dans n’importe quelle soirée, tu peux avoir des problèmes, explique Louise, chargée des relations presse de l’évènement. C’est très important d’avoir des acteurs de prévention. On peut tous être témoin ou victime. On souhaite vraiment ne pas passer à côté de ce qu’il se passe dans le milieu festif ».

Sans ces associations, le festival n’aurait pas existé car il fait partie de l’essence même de son existence. C’est une forme d’éducation, d’animation et d’information qu’ils ont souhaité apporter à un jeune public : « Les festivaliers vont sûrement aller à Lyon pour leurs études et se retrouver dans des soirées où des mésaventures peuvent arriver, continue Louise. On veut simplement leur dire « Venez au Roots, on a du rap et vous pouvez venir vous renseigner sur les drogues, le sexe ». »

La MJC souhaite surfer sur la vague du Roots pour pousser plus loin la démarche culturelle locale. Elle met en place des scènes ouvertes pour les jeunes entre 15 et 25 ans et organise une seconde édition des « vendredis dehors », étendu sur 4 vendredis soir durant le mois de Juin. Les membres de la MJC sont également en train de créer le prochain festival « Histoire dans l’air » à Eveux où ils vont accueillir KOSH, beatboxeur et humoriste, dans le courant de l’été. Des initiatives qui font vivre le territoire.

Tristan A.

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