Avenue Berthelot, des milliers de lycéens passent chaque année devant le Centre d’histoire de la Résistance sans toujours savoir qu’ils longent l’ancien siège de la Gestapo. C’est là que Klaus Barbie a interrogé Jean Moulin. Dans Moulin*, en salles le 28 octobre, László Nemes remet ce huis clos lyonnais au centre de l’écran.*
Lyon n’a pas besoin qu’on lui présente Jean Moulin. Son nom est sur les écoles, les avenues, les plaques commémoratives qu’on finit par ne plus voir. Le film du réalisateur hongrois oblige à regarder à nouveau. Pas de grande fresque héroïque : Nemes s’en tient aux derniers jours, de l’arrestation de Caluire en juin 1943 au duel avec Barbie, campé par Lars Eidinger face à un Gilles Lellouche tout en retenue. Un homme se tait, l’autre veut le briser, et le spectateur est enfermé avec eux. Tourné en 35 mm et passé par la compétition cannoise, Moulin pose une question simple à ceux qui grandissent aujourd’hui dans ces rues : que reste-t-il de ce silence quatre-vingts ans plus tard ?





