Ce mardi 16 mars, se déroulait une manifestation étudiante pour lutter contre la précarité et ne pas être « la génération sacrifiée ». Fabienne Grébert, candidate écologiste à l’investiture de la Région, a présenté son « plan d’urgence pour la jeunesse ». Parmi les thèmes de ce projet : la détresse psychologique, la précarité économique, numérique, alimentaire et l’orientation des jeunes.

Au 1er étage du Ninkasi Guillotière, ce mardi 16 mars, Fabienne Grébert a tenu un conférence de presse pour présenter son plan d’urgence pour la jeunesse. La tête de liste des écologistes souhaite  « répondre à cet anachronisme français qui est que les jeunes entre 18 à 25 ans sortent des radars des minima sociaux ». L’Annécienne était accompagnée par l’ancien ministre Benoît Hamon, la candidate à l’investiture des Verts pour 2022 Sandrine Rousseau, et Chloé Vidal, 3ème adjointe à la mairie de Lyon.

La conférence de presse au Ninkasi Guillotière a rassemblé une trentaine de personne. Crédits photo : M.M.

Un plan d’urgence en coordination avec les acteurs régionaux

Le programme de ce plan d’urgence recouvre plusieurs dispositifs conjoncturels et structurels. D’abord, les écologistes souhaitent « contribuer à une meilleure information accessible à tous sur les structures et actions menées ». Le but étant de discuter avec des acteurs locaux mobilisés contre l’isolement et la précarité des étudiants (AFEV, Un toit 2 générations…). L’objectif est aussi de tenir un « rôle de coordinateur » pour encadrer les initiatives existantes, comme l’a expliqué Chloé Vidal. « L’idée est à la fois de donner plus de visibilité à leurs actions et de les coordonner un peu mieux car je pense que c’est surtout par défaut de coordination qu’on assiste aujourd’hui à un problème de non-recours des jeunes à nos dispositifs existants.»  

Face à la crise, le pôle écologiste prévoit également de mettre en place plusieurs fonds d’urgence. 1,5M d’euros devraient ainsi être débloqués pour « prendre en charge les loyers impayés suite à une perte d’emploi » . D’autres dispositifs devraient également permettre de  « subvenir aux besoins primaires » ou encore « financer des dispositifs institutionnels et associatifs de prise en charge psychologique» . Concernant les transports, les écologistes souhaitent rendre gratuite la carte illico jeunes (15€/an) à « toute personne précaire qui en fera la demande » sur les 12 prochains mois. Selon eux, c’est une première décision qui « ouvrira la réflexion de politiques publiques en matière de transport ».  D’autres projets sont en effet à prévoir sur le plan structurel. Fabienne Grébert explique par exemple souhaiter mettre du matériel informatique à disposition des jeunes précaires.  « Nous pourrions retravailler une filière structurée et organisée pour que le matériel acheté par la région puisse être réemployé et remanufacturé puis mis à la disposition des jeunes qui n’en ont pas »


 

Le revenu d’autonomie, un projet-phare et structurel

Le plus gros projet concerne, dès l’été 2021, le lancement du chantier du « revenu d’autonomie ». Ce dispositif, réfléchi à l’occasion des Etats Généraux de la jeunesse, permettrait à environ 50 000 jeunes précaires de recevoir une aide de 400 euros par mois. Budget estimé : 25 millions d’euros.  Ce financement serait variable et calculé « en fonction du potentiel fiscal de chaque collectifs, territoires et associées ».

Avec ce revenu d’autonomie, Fabienne Grébert souhaite en effet « répondre à cet anachronisme qui est que les jeunes de 18 à 25 ans sortent des radars des minima sociaux ». Cependant, les conditions d’éligibilité restent floues. A l’instar du RSJ (Revenu Solidarité Jeunesse) mis en place lundi dernier au niveau de la Métropole, les bénéficiaires ne pourront percevoir aucun revenu, ni de leurs parents, ni d’une bourse quelconque. Il semble donc qu’une majorité des étudiants soient exclus puisque bénéficiaires des aides du CROUS. La tête de liste des écologistes termine en reprécisant l’objectif de cette proposition-phare. « L’idée est de répondre à des besoins de grande précarité et à des jeunes qui n’ont pas d’emploi, qui sont sortis du système scolaire, qui sont à la recherche d’un premier emploi et n’ont pas le droit à des allocations chômage…  Des jeunes qui ne sont pas dans ces radars justement. ». Les conditions d’éligibilité restent donc peu claires et devraient être précisées d’ici les élections.

Rappelons que ces dispositifs sont des propositions faisant partie du programme du pôle écologiste, en campagne pour les régionales qui se dérouleront du 13 au 20 juin.