C’est au détour d’une bruyante brasserie du 6e arrondissement que j’ai rendez-vous avec Thierry Mouillac, candidat de Lyon Divers Droite aux législatives pour la 4e circonscription. Une table à l’écart, une commande de desserts et un dictaphone. J’ai à présent une heure devant moi pour découvrir la trajectoire atypique d’un candidat d’une autre droite.

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Il a gravi petit à petit les échelons en passant du titre de lauréat du séminaire Jeune Leader politique de l’institut ASPEN au statut de membre fondateur de Lyon Divers Droite. L’homme est aujourd’hui, et ce depuis 2008, adjoint au Maire du 6e arrondissement, un des rares arrondissements de Lyon à être positionné à droite. De son ancrage local il en a retiré un fort attachement aux citoyens et à l’intérêt général qui est devenu très vite son leitmotiv. Selon lui c’est donc naturellement qu’il s’est dirigé et a voulu forger une autre conception de la droite en marge de l’idéologie dictée par l’UMP. Ce « bloc monolithique » est pour lui un obstacle à la réalisation de l’intérêt général puisque cet  « Etat-major » est complètement déconnecté de la réalité concrète des citoyens. Les membres du parti sont élus pour leur parti et sont plus intéressés par leur trajectoire personnelle que par le devoir qui devrait les animer, à savoir la satisfaction des intérêts des citoyens. Leurs échecs depuis 5 ans en sont la preuve.  Mr Mouillac se positionne donc en rupture de cela et est bien décidé à gagner son poste de député afin d’imposer sa vision des choses et faire entrer réellement, cette fois ci, le citoyen au cœur de l’Assemblée Nationale.

La conversation se dirige ensuite naturellement vers les grandes propositions de son programme qui correspondent également aux gros dossiers dont est en charge le gouvernement actuel. Tout d’abord l’enseignement : « élargir la responsabilité des enseignants au profits des élèves ». C’est logiquement que je lui demande des précisions sur le sujet. Face à l’enseigne stratégie de l’UMP qui consistait à supprimer en nombre des postes d’enseignants sur tout le territoire, et la nouvelle stratégie du gouvernement Hollande qui consiste à vouloir créer 1000 postes d’enseignant supplémentaires, le candidat Lyon Divers Droite se situe sur une position diamétralement opposée. En effet il pense que la meilleure façon de s’en sortir est d’impliquer davantage les enseignants dans l’appareil administratif ce qui permettra une meilleure gestion des plannings et donc pourra réduire (jusqu’à 10%) le nombre d’élèves en classe. Cette proposition ne manque, à mon sens, pas d’originalité mais de nouveau cela ne résout pas les problèmes de l’équation suivante : plus d’élèves chaque année + moins d’enseignants=classes surchargées (qui mène forcément à une détérioration de l’enseignement). De plus donner des tâches administratives aux enseignants qui sont parfois noyés sous la masse de travail (correction des copies et préparation des cours) ne sera pas forcément bien apprécié par le corps enseignant. Et puis si les professeurs se chargent de l’administratif cela veut dire que le personnel dont c’était la fonction antérieurement n’aura plus de raison d’être. Un point à creuser en effet.

En ce qui concerne le déficit public abyssal de la France, le candidat se pose la question suivante : à niveau égal de service, l’Allemagne dépense 163 milliards d’euro de moins que la France. Selon lui il y a des gisements d’économie dont la clause de compétence générale (les collectivités territoriales peuvent intervenir sur n’importe quel sujet, c’est une source de confusion). Mais cela reste tout de même un peu léger, à l’Assemblée Nationale il faudra voter de grandes réformes en vue de réduire le déficit public au niveau national et pas seulement au niveau des collectivités territoriales. Malheureusement nous n’aurons pas d’autres exemples à plus grande échelle.
Enfin la réduction du train de vie des parlementaires qui est devenue, avec l’arrivée au pouvoir de F.Hollande, l’un des chevaux de bataille du nouveau gouvernement. T.Mouillac s’inscrit lui aussi dans cette trajectoire de réduction, il se montre d’ailleurs très ferme avec tout ce qui concerne l’argent public.

Pour conclure, il nous donne finalement son avis sur le gouvernement actuel et comme tout bon élu de droite il pointe du doigts l’absence de diversité au sein de l’équipe ministérielle, à savoir qu’ils sont tous issus du parti victorieux de la campagne présidentiel. Selon lui un gouvernement doit représenter toutes les tendances politiques présentes sur le territoire. Mais alors à ce moment-là l’élection présidentielle n’a plus de raison d’être, les citoyens votent pour un parti, en mai dernier ils ont nommé F.Hollande pour qu’il représente leur intérêts, ils se sont positionnés en majorité contre l’ancienne majorité de droite, ils ne s’attendent donc pas nécessairement à ce que le nouveau gouvernement intègre des ministres de différentes sensibilités politiques, ils ne veulent pas forcément d’un gouvernement de coalition. Il nous parle également du manque de compétences de certains ministres comme A.Filipetti qui n’aurait pas forcément une réelle expertise et donc une réelle légitimité en matière de culture. Mais j’ai soudain le souvenir de Mr Kouchner ancien membre de Médecins Sans Frontières, nommé Ministre des Affaires Etrangères sous le gouvernement Sarkozy. Mais finalement toutes ces critiques sont de bonne guerre et font le propre de l’opposition. A présent c’est à la droite de jouer ce rôle-là et T.Mouillac tient dur comme fer, avec sa candidature et il espère avec beaucoup d’autres, au projet de construire une opposition forte et combattante tout en n’excluant pas de voter des projets de loi PS si ils sont en accords avec ses valeurs et principes.
Candidats dans la quatrième circonscription du Rhône

Jean-Noël Dudukdjian : LO
Gwendoline Desliens : PP
Pierre-Yves Besséas : FG (PCF)
Pierre Hémon : EELV
Anne Brugnera : PS
Aurore Ninino : SP
Bertrand Picolet : Modem
Sophie Turcano : AEI
Thierry Mouillac : Lyon-DVD
Dominique Nachury : UMP
Anne-Claire Pech : PCD
Jean Foyard : AR
Nicole Hugon : FN