Fin 2017, le PS vend son siège emblématique de la rue de Solferino, à Paris. Un événement qui semble s’inscrire dans une continuité, celle d’un parti qui s’essouffle depuis quelques temps déjà. Ce mois-ci, le parti va choisir son nouveau premier secrétaire, dans l’espoir de redonner vie à cette gauche fragilisée.

Ce n’est pas un mystère, le PS est en difficulté depuis des mois, voire des années. Le quinquennat de François Hollande a été et reste globalement mal vu par de nombreux citoyens . Plus qu’autre chose, les actions menées par ce gouvernement restent perçues comme des échecs. Une vision qui n’est toutefois pas partagée par tous.

Conseiller municipal de Vénissieux, Lotfi Ben Khelifa se présente pour les élections fédérales du PS  dans Rhône. Et bien évidemment, il a ses idées sur la ou les raisons sur l’état actuel du Parti Socialiste mais selon lui, « on ne peut pas renier le quinquennat de François Hollande ». Il rappelle les avancées sociétales et économiques opérées sous Hollande, malgré la loi sur la déchéance de nationalité, et surtout la nomination de Manuel Valls au poste de Premier ministre. Et pourtant, « C’est Macron qui ramasse la mise ». La loi sur la déchéance de nationalité est par ailleurs une question qui avait profondément chamboulé le PS.

Lors d’une conférence de presse donnée à Lyon début mars, Olivier Faure était présent en tant que candidat au poste Premier secrétaire du parti. A la question « Pensez-vous que cette loi ait plombé le PS ? », il lui fut difficile de s’exprimer, et les autres socialistes autour de lui n’avaient pas l’air très enclins à l’assister  : « c’est une erreur politique majeure ». Ça, et la loi dite « loi travail ». Le candidat pour le poste de Premier secrétaire fustige ces deux lois comme les principaux catalyseurs de la division du parti « On a perdu la gauche universitaire avec la loi sur la déchéance de nationalité, et la gauche sociale avec la loi travail ». Décidément, ce gouvernement pourtant issu de la gauche n’aura pas été très bénéfique pour l’image du parti socialiste. En quelques années, le nombre de militants aura presque été divisé par six, passant de 120 000 à 20 000 personnes. Notamment lors des élections présidentielles de 2017 où beaucoup de socialistes ont décidé de rejoindre Emmanuel Macron et son parti En marche, ou encore la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Les socialistes restants se sont alors retrouvés derrière un Benoit Hamon qui n’a pu dissiper le climat délétère régnant au sein du parti. « Hamon aurait dû rassembler son camp, avant d’essayer de faire des alliances » souligne Lotfi Ben Khelifa.

 

Parti Socialiste : un nouvel espoir

Fin mars, le Parti Socialiste votera pour élire son nouveau Premier Secrétaire. Nombreux sont ceux qui espèrent que ce nouveau leader fasse retrouver sa gloire d’antan au parti. Quatre personnalités se présenteront au niveau national : Luc Carvounas, Olivier Faure, Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel. Chacun semble avoir sa vision des choses, et chacun a également sa propre notoriété. Dans le cas d’Olivier Faure, c’est pour réunir la Gauche, reconstruire le PS et « recomposer un univers auxquels les gens de gauche peuvent se rattacher ». Dans ces propos, il martèle sa volonté de donner un nouveau souffle au PS : il veut que le parti renoue des liens de confiances avec ses adhérents, que ces derniers soient intégrés dans les décisions du Parti Socialiste : il parle « d’engagements volontaires à tous les niveaux ».

Malgré l’engouement suscité par Olivier Faure, ce n’est cependant pas pour lui que va voter Lotfi Ben Khelifa. Non, lui se place derrière  un candidat qui lui plaît bien plus que les autres, et plus réaliste selon-lui, en la personne de Stephane Le Foll. Premier point important selon Ben Khelifa, Le Foll ne compterait pas se présenter au présidentielles de 2022 : « il veut redresser le PS ». Les autres candidats ne lui conviennent pas, trop Hamon ou Mélenchon, et pas assez centrés sur une reconstruction efficace du Parti Socialiste, une des principales optiques de sa candidature dans le Rhône. De ce qui ressort, le programme ne semble pas bien compliqué pour les candidats aux fédérales du PS : le but est de réunifier le parti et d’attirer de nouveaux des militants, anciens ou nouveaux, pour reconstruire la gauche socialiste. Mais il y a une différence entre parler et agir. Après les difficultés qu’a traversé le parti, il sera sans doute intéressant de voir comment cela se passera, une fois le PS doté de sa nouvelle tête pensante.