Interview de rentrée avec Thomas Rudigoz, le nouveau maire PS du 5ème qui succède à Alexandrine Pesson (PS), maire depuis 2001, dans un arrondissement où la question des identitaires préoccupe les habitants. Un nouveau maire qui connaît bien la question des extrêmes droites puisqu’il était dans l’équipe d’Anne-Marie Comparini (ancienne présidente UDF de la Région Rhône-Alpes) lors de la bataille contre Charles Million en 1998, qui s’était fait élire avec les voix du FN avant l’invalidation de l’élection au bénéfice de Comparini.

 

Quels sont les premiers projets que vous allez mettre en place ?

On en a un certain nombre : le scolaire, la petite enfance, l’amélioration des équipements sportifs et des aménagements urbains, la sécurité et le transport. Nous l’avions déjà annoncé pendant notre campagne. Maintenant, on rentre dans une période qui va être cruciale : les arbitrages du maire et président du Grand Lyon.

Des nouvelles nous sont arrivées depuis l’État sur des réductions budgétaires conséquentes, qui seront aussi appliquées aux collectivités territoriales. Cela représente 11 milliards d’euros (ndlr : pour la France). Pour la ville de Lyon, cela représenterait 40 millions d’euros au plus fort de la baisse. Monsieur Collomb tente un arbitrage au niveau du budget par arrondissement. Nous essayons de discuter avec les adjoints en fonction des priorités.

On note de gros problèmes de connexion entre le bas et le haut du 5ème arrondissement. Les populations ne sont pas forcément les mêmes et chaque quartier possède sa propre histoire. Comment mettre du lien social à l’échelle de l’arrondissement, et rétablir cette connexion entre le haut et le bas ?

J’essaye d’être vigilant sur ce problème. C’est un détail. Par exemple, la soirée des nouveaux arrivants du 5ème était toujours organisée sur le haut dans la salle des fêtes municipales de la Garenne. Pour cette année, elle sera au musée Gadagne. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est pour montrer que le bas (St Jean et St Georges) s’implique dans les activités du 5ème. Pour la biennale de la danse, les MJC ont travaillé entre elles. On essayera de continuer ces connexions. Nous, à la mairie, on peut être facilitateur, mais il faut que tout le monde travaille ensemble. On voit également que sur certains quartiers, des associations jouent la concurrence pour des enjeux de petits pouvoirs. J’essaye d’être présent sur le terrain auprès de ces structures, et les aider à se développer sur plusieurs projets. C’est extrêmement important.

 

Mairie du 5ème arrondissement de  de Lyon

Mairie du 5ème arrondissement de de Lyon

Le LBB réalise des entretiens avec les maires d’arrondissements et des villes de banlieue. A venir : Nathalie Perrin Gilbert (Gram, 1er arrondissement), Pascal Blache (droite, 6ème)

Dans le 5ème arrondissement, il y a beaucoup de quartiers populaires (Genet, Pierre Valdo, Ménival, Sœur Janin et Champvert). Qu’allez-vous faire dans ces quartiers ?

Sur Sœur Janin, nous mettons en place un nouvel équipement sportif. L’idée est d’arriver à recréer du lien. C’est une demande des jeunes. Pendant neuf ans, ces terrains n’étaient plus occupés. Donc ces jeunes ont fait part de leur mécontentement avec quelques dégradations, pour marquer le terrain. C’est un quartier sensible. Il fait partie des nouvelles classifications du gouvernement.

 

Le 14 février 2014, deux mineurs se sont fait agresser dans le quartier de St-Jean par des identitaires. La question identitaire fait peur aux habitants et aux commerçants. Quelle sera votre politique vis-à-vis des identitaires ?

C’est un dossier complexe. Une fois par mois, je fais le point avec la police nationale et la police municipale. C’est un dossier qui est toujours à l’ordre du jour. Par exemple, la traboule, située dans la montée du Change (lieu des identitaires). Nous l’avons suivi de très près, car ils avaient engagé des travaux pour agrandir ce local. Un de mes adjoints avait remarqué ces travaux. Nous avons demandé au service de l’urbanisme s’ils avaient entamé des procédures pour avoir leur permis de construire. Ce service leur a rendu une petite visite, et a remarqué que des gens travaillaient, mais qu’ils n’avaient aucune autorisation. Donc, nous leur avons fait un courrier, en leur demandant d’arrêter les travaux. Pour l’instant, tout est suspendu. Encore une fois, nous ne sommes pas l’Etat, mais on fait preuve de vigilance. Nous ne pouvons pas tolérer d’avoir ce type de présence dans ce quartier. En plus, c’est un dévoiement de l’identité, avec leurs délires identitaires. De plus, ce quartier est d’origine florentine (Florence, Italie), pendant la Renaissance, ce n’était pas des Lyonnais purs souches. Ils font un amalgame avec le Moyen-Age. Ils sont dans des « planes » idéologiques. Ces « fachos » ne doivent pas faire la loi dans ce quartier.

Etienne Aazzab

Etienne a contribué depuis 2 ans dans le journal satirique FOUTOU’ART. Il a intégré l’équipe du « clic 2014 » : Collectif local d’informations citoyennes à partir de novembre 2013. Il rejoint le Lyon Bondy Blog à partir de janvier 2014.
Twitter : @AazzabEtienne

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