Ce week-end à Rillieux-la-Pape, l’association ADJD en partenariat avec la Confédération syndicale des familles a organisé le tournoi de football pour le vivre ensemble. Un évènement qui a attiré près de 200 joueurs, adultes et enfants, en pleine canicule. L’occasion de permettre à des gens de communes et de quartiers voisins de se rencontrer et de partager leur passion pour le football.

Samedi, dans le stade des Lônes situé en contrebas des quartiers de Rillieux-la-Pape, les organisateurs s’affairent. Ce n’est pas qu’un tournoi de foot, mais une rencontre entre adultes et jeunes de plusieurs quartiers et communes environnantes comme Villeurbanne ou Montluel. La canicule et ses 38 degrés à l’ombre ne perturbent pas la bonne marche de l’évènement. Une centaine de joueurs séniors sont inscrits.

Ancien joueur de haut niveau dans le championnat tunisien et l’équipe nationale ivoirienne jeune, Franco Roza soumet son projet de tournoi de football au mois d’août 2014 alors qu’il effectue son service civique à l’ADJD (association de solidarité internationale auprès des jeunes démunis). Son but : fédérer les différentes communautés de la ville et même de la région. Deux autres structures sont intégrées dans le projet : la CSF (la confédération syndicale des familles) et le GPV (Grand Projet de Ville).

« Je souhaite donner une autre image de la commune. Il faut lui apporter de la visibilité et montrer qu’il y a aussi des créateurs d’entreprise. »

IMG_0611« Des gens de toutes origines »

L’une des grandes attractions, c’est l’équipe de Walya (bouquetin d’Abyssinie) composée de ressortissants éthiopiens et érythréens, dont l’un d’entre eux a connu un exil difficile avec des passages par le Soudan et l’Italie à pied. Maillots bariolés et dialectes locaux (tigrina ou amharique), ces joueurs étudiants ou diplômés mettent l’ambiance et imposent leur jeu.

Joseph, l’un des piliers du groupe se satisfait de « voir une telle initiative avec des gens de toutes origines rassemblés pour jouer ensemble. Cela nous permet de laisser les problèmes de côté, notamment quand on pense à nos amis érythréens qui sont retranchés dans le nord de la France à Calais ou en Italie avec une situation vraiment difficile. Les membres de notre équipe sont dans une situation régulière et les choses se passent bien pour eux même si trouver du travail reste difficile. »

IMG_0535_1« Rillieux-la-Pape doit avancer »

Carine Commaret, chef de projet, précise que la ville compte entre quarante et soixante nationalités différentes :

« C’est l’une des communes les plus diversifiées du département. On le voit bien au carnaval annuel où toutes les cultures sont représentées. Les attentats de Charlie Hebdo ont motivé le projet. Le but est de rassembler les gens de communautés différentes, mais aussi faire connaître les associations ou les jeunes entrepreneurs locaux. Actuellement, on a plutôt tendance à se fermer. Même si cela est difficile à mettre en place nous voudrions le refaire tous les ans. »

IMG_0558_1La commune rhodanienne de plus de trente mille habitants a connu les violences urbaines de 1994. Celle-ci est partagée en neuf quartiers et arbore un vivier de talents sportifs comme le footballeur de Chelsea Loïc Rémy, ou le champion du monde de boxe Hacine Cherifi. Mario Inacio, éducateur au club FutSal Mont D’or, qui a vécu dans les quartiers de Rillieux-la-Pape puis au village, était présent au tournoi. Il se reconnaît dans l’histoire de cette ville :

« Se remettre des stigmates du passé a été compliqué, mais on vit avec ces cicatrices. Elles font partie de l’ADN de Rillieux, mais il faut apprendre de ses erreurs et avancer. Ainsi, on construit ensemble comme on le fait avec ce tournoi. »

Les parents et les enfants entrent en jeu

Le lendemain, la canicule est toujours présente. Mais ce sont les enfants qui investissent le stade. Le vivre ensemble prend tout son sens puisque les parents sont présents aussi. Ceux-ci se côtoient et échangent à l’ombre des arbres pendant que les petits transforment ce tournoi en une compétition internationale.

IMG_0793_1Mario Inacio demeure optimiste :

« À Rillieux-la-Pape, on a déjà des associations qui travaillent dans cet esprit, mais une de plus ça ne peut pas faire de mal à la communauté rilliarde. Comme on le voit, le football reste fédérateur. À certains moments de l’Histoire, il a fait oublier les différends. Les élus locaux doivent être fiers de ce que font ces bénévoles. »

 

Mohamed Braiki

Natif de Lyon et enfant des Minguettes,je suis diplômé de Lettres de la Fac de Lyon 2 et l’EFAP Rhône Alpes. J’ai roulé ma bosse dans des rédactions lyonnaises comme la radio Lyon Sport 98.4, Le Progrès,Foot 69.fr, Tribune de Lyon et Lyon Capitale.

braikimohamed@yahoo.fr