A l’aube des élections Municipales, le Lyon Bondy Blog a souhaité partir à la rencontre de certains visages cachés qui œuvrent en sous-terrain pour l’élection d’un candidat. Ils tractent sur les marchés, s’affairent à la communication de la campagne, sont responsables d’une cellule. Ils sont jeunes, passionnés de politique et consacrent la majeure partie de leur temps libre à militer au sein d’un parti. Le LBB a questionné plusieurs jeunes militants sur les raisons et le sens de leur engagement. Voici leurs portraits.

Maxime Fiallon

Maxime Fiallon. © Julien Lopez

Maxime Fialon est Porte-parole adjoint des Jeunes Démocrates au niveau national et secrétaire fédéral des Jeunes Démocrates du Rhône. Il s’est encarté au Modem en 2010 alors qu’il s’installait à Lyon pour ses études. A 21 ans, Maxime est étudiant en troisième année de licence double majeure Droit et Sciences Politiques à Lyon 3.

Maxime est un jeune homme sympathique. Si sa nonchalance peut suggérer une certaine austérité, son apparente crispation disparaît dès lors qu’il engage la conversation. Il manie le verbe avec élégance et à 21 ans, il a déjà la manière de s’exprimer d’un jeune homme qui baigne avec aisance dans la sphère politique. Autant dire qu’il semble avoir pris ses marques depuis qu’il s’est encarté au Modem en 2010, puisqu’il est devenu porte-parole adjoint national des jeunes démocrates (JDEM) et secrétaire fédéral des JDEM du Rhône. Etudiant en Droit et Sciences Politiques à Lyon 3, rien ne laissait pourtant présager son intérêt pour la politique. Son père est responsable des ressources humaines, sa mère conseillère de ventes, des parents ni militants ni spécialement imprégnés de politique. Pour retrouver une trace d’un certain militantisme, il faut remonter à son arrière grand-père, maire socialiste de la commune de Roche-la-Molière, dont il a appris la carrière au hasard d’une rue qui portait son nom.

« On me demande souvent pourquoi le Modem… »

Adolescent, c’est le concept d’engagement qui le séduit en premier lieu. Il est délégué de classe, vice-président du Conseil de la Vie Lycéenne, mais il ne s’imaginait pas alors s’encarter quelques années plus tard. Déjà à l’époque, il aimait passer ses soirées au téléphone avec ses camarades pour le briefing d’après conseil de classe et il prenait ses responsabilités très au sérieux. Comme beaucoup de jeunes de sa génération, son premier souvenir politique remonte aux Présidentielles de 2002. Le Pen au second tour, son père « décomposé ». Il prend alors conscience qu’il se passe quelque chose : « Je n’y connaissais rien à ce moment-là, mais la réaction de mon père m’a vraiment marqué. C’est plutôt un homme de gauche alors la perspective d’avoir à choisir entre Le Pen et Chirac, ça ne l’enchantait pas vraiment ». Le déclic se produit lorsqu’il s’installe à Lyon pour ses études, il prend vite goût à la vie citadine et à l’ouverture qu’elle lui procure. Comme tous les jeunes, le passage du domicile parental au premier appartement est un cap important et pour Maxime il sera synonyme d’engagement. Ses connaissances acquises à la Fac lui permettent de mieux appréhender le fonctionnement de nos institutions et le questionne sur la manière de changer les choses. Quand on lui demande les raisons de son choix pour le Modem, Maxime répond, mi-amusé mi-résigné : « C’est une question qu’on me pose souvent... » En guise de réponse, il évoque les grands thèmes du Modem « l’Europe, l’éducation, l’éthique en politique », la volonté de sortir d’un clivage gauche-droite : « être dans ce qu’on a appelé  l’opposition constructive  (…) et revenir dans le champ des idées ». Des arguments somme toute pas très originaux chez les militants du centre mais tout au long de l’entretien, ce sont surtout des valeurs qui reviennent comme des punchlines dans la bouche de Maxime : « légitimité », « cohérence », « honnêteté »… Des valeurs dont il dit avoir trouvé l’incarnation en la personne de François Bayrou : « C’est sa façon de faire qui m’a plu, il porte un discours avec lequel il est cohérent. Quand il dit qu’il faut lutter contre la corruption, il peut avancer les preuves qu’il n’est pas corrompu. »

L’après 9%

En 2012, Maxime vote pour la première fois et connaît une désillusion politique. Au second tour, il adhère au choix de Bayrou et vote pour Hollande : « C’était un choix réfléchi, qui portait sur des valeurs. François Bayrou avait dit une phrase à l’époque que j’aime beaucoup :  On peut négocier sur l’économie, pas sur des valeurs », explique-t-il. Après deux ans de militantisme, il vit enfin sa première campagne de l’intérieur, passe énormément de temps sur le terrain et redouble sa deuxième année de faculté « sûrement en partie pour ça » dit-il, un sourire en coin. Il découvre l’opportunisme en période d’élections, vit ses premières engueulades au sein de son parti et tisse des liens forts avec les autres militants, devenus « des amis ». Après les 9% de François Bayrou s’ensuit une période de doutes et de questionnements sur l’utilité de son engagement. Beaucoup de militants, déçus, quittent le navire mais il décide d’y rester et de continuer tant qu’il aura ce qu’il appelle « la petite flamme ». Maxime Fialon est fidèle à ses engagements et entêté, bien décidé à ce que les jeunes se fassent la place qu’ils méritent au sein des institutions politiques. Dire qu’il fait preuve de jeunisme est un euphémisme, même Michel Havard, le candidat UMP lyonnais de 47 ans est « trop vieux » à ses yeux. Mais Maxime a encore un long chemin à parcourir car il reconnaît que se faire une place lorsqu’on est jeune n’est pas aisé : « Les partis politiques ont souvent tendance à utiliser les jeunes comme main d’œuvre. On sert à distribuer les tracts, à s’occuper de la page Facebook de la campagne, du compte Twitter… Il y a des jeunes qui ont de la volonté, des idées, qui ont d’autres façons de faire. Et ils n’ont malheureusement pas la place qu’ils pourraient avoir », explique-t-il. Quand on lui parle d’avenir, Maxime n’échappe pas aux interrogations communes aux jeunes de son âge et il reconnaît ne pas savoir réellement quels sont ses projets professionnels. À l’évocation d’une carrière en politique, il corrige : « une carrière, non. Je critique les hommes politiques âgés, je ne veux pas faire la même chose ». Une carrière, non mais s’y frotter, pourquoi pas : « Disons que pour l’instant je ne fais rien pour m’ouvrir des portes, mais j’essaie de ne pas m’en fermer… »