Le Lyon Bondy blog a assisté à l’entraînement des joueuses du Caluire Football féminin et les a interrogés sur la féminisation du football à l’occasion de la Coupe du monde féminine en France. 

 

Fondé en 1968, le Caluire football féminin ne partage que les installations du parc des sports terre des lièvres avec son homologue masculin. Les deux entités se sont séparées en 2011. Le président Guilhem De Lajarte explique cette volonté d’émancipation : « en 2011, cela participait plus à une volonté de s’affranchir d’une organisation qui jusqu’à lors privilégiait toujours les garçons. Quand il y a une section féminine dans un club, quel qu’il soit, en règle générale 70 % du budget c’est pour les garçons, les 30 % restant c’est pour les filles. » Il rajoute : « en gros les filles c’est une image, on joue la carte du féminin et on promeut le sport féminin, mais aucun club de foot ne donne les mêmes moyens aux 2 ».  Le club caluirard est le deuxième club féminin du Rhône au nombre de licenciées après l’OL. Au 30 juin 2018, la fédération française de football comptait 2 164 253 licenciés dont 164 638 joueuses. Un chiffre en hausse par rapport à l’année 2015 / 2016 durant laquelle 103 276 jeunes filles étaient licenciées. En cas de bon parcours des Bleues dans leur Coupe du monde, le nombre de footballeuse en herbe pourrait être dopé.

Un club pionnier

Tout comme son prestigieux voisin l’Olympique lyonnais, le Caluire Football Féminin est un des pionniers du football féminin dans l’hexagone. Entraîneur des -18, Rémy Barjac a sa part de responsabilité dans les succès actuelles des Lyonnaises. « J’ai commencé dans le football féminin en entraînant les U13 de l’OL, il y a 10 ans. » Il a notamment eu sous ses ordres l’attaquante internationale Delphine Cascarino, qui dispute actuellement sa première Coupe du monde. Outre cette expérience dans un club majeur en Europe, le club peut s’appuyer sur des encadrantes expérimentées comme Nathalie Reynaud. Elle dirigeait d’ailleurs un de ses derniers entraînements après 26 ans passés sur et au bord des pelouses. Malgré cette perte le club nourrit de grosses ambitions. 

Un des derniers entraînements de la saison à Caluire. Crédit photo : Lyon Bondy Blog / Hugo Dervissoglou

Un des derniers entraînements de la saison à Caluire. Crédit photo : Lyon Bondy Blog / Hugo Dervissoglou

De l’ambition pour grandir

Après avoir terminé sixième sur 12 de la poule C en U18, le club du nord-lyonnais ambitionne clairement une montée. Pour l’entraîneur Gabriel Reolid c’est le moyen de fidéliser les joueuses à l’âge où les études priment. « Nous avons pour ambition de monter en division supérieure. Les études sont prioritaires mais être ambitieux nous permet d’attirer de nouvelles joueuses ». Il cite notamment le partenariat avec le Lycée Saint Louis – Saint Bruno : « Je ne sais pas si le sport permet d’avoir des meilleurs résultats scolaires mais il ne les fait pas baisser. Saint Louis – Saint Bruno a 96% de réussite au bac chez les filles et fait carton plein pour celles participant au partenariat ».

Les barrières tombent

Interrogées sur la pratique d’un sport catégorisé comme masculin, les joueuses avoir été très vite acceptée par les garçons.  Danya a 21 ans, elle porte les couleurs du Caluire Football Féminin depuis 9 ans. Même si au début certains spectateurs ne comprennent pas la présence d’une fille sur le terrain, elle n’a eu aucun mal à s’intégrer. « Depuis que je suis petite mes parents savent que j’aime le foot. Ils n’ont pas tenté de me dissuader quand j’ai pris ma licence. En primaire je ne jouais pas que dans la cour de récréation mais également en bas des immeubles. Ce football ne fait pas de différence ». Une autre vision de ce sport qui croise celui des meilleures formations : la technique, le jeu direct vers l’avant et la vitesse d’exécution priment sur l’impact physique et la puissance.