Les salariés de General Electric étaient aux côtés des élus de Villeurbanne ce mardi 13 octobre devant la mairie de Villeurbanne. Ils se sont réunis pour protester contre le plan de restructuration des sites de General Electric à Villeurbanne et Saint-Priest. 

L’entreprise Grid Solutions appartenant au groupe General Electric prévoit de supprimer de nombreux emplois dans le bassin lyonnais. Depuis plusieurs semaines, les salariés tentent d’alerter l’opinion et les politiques sur ces suppressions massives d’emplois. Nous relations dans nos colonnes le rassemblement des salariés devant leur site à Villeurbanne le 17 septembre

Depuis, la situation n’a que peu changé si ce n’est que le conseil municipal de Villeurbanne du 12 octobre a voté à l’unanimité pour le maintien et le développement des activités industrielles du site General Electric Grid Solutions de Villeurbanne. Les sept groupes politiques qui composent le conseil municipal de Villeurbanne, ont signé en commun ce voeu. Parmi eux figurent les groupes Communiste et Républicain ; Villeurbanne Insoumise Ensemble ! ; Socialistes et citoyen.ne.s villeurbannais.e.s ; Les écologistes ; Génération.s ; Cercle radical et Place Publique. Ils ont rejoint l’intersyndicale des salariés de GE pour une conférence de presse commune. Cette dernière est quant à elle composée de la CGT, la CFDT et la CFE-CGC. 

Quelques chiffres clés pour comprendre le plan de restructuration : 

Le site de Villeurbanne devrait voir disparaître 285 emplois sur les 459 effectifs que compte le site, soit 62% des postes de GE Villeurbanne. A Saint-Priest, c’est plus d’un tiers des postes qui sont menacés. Au total, 634 emplois sont menacés sur les 1989 emplois en France.

C’est une réduction du nombre de salariés sans précédent sur ces sites. Pourtant, les élus de Villeurbanne et les délégués syndicaux de GE nous rappellent que l’entreprise a obtenu 200 millions d’euros d’aides publiques par le biais du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et du crédit d’impôt recherche (CIR). 

Le Lyon Bondy Blog a profité du rassemblement pour interroger différents représentants syndicaux et élus présents.

Serge Paolozzi, délégué syndical CGT de General Electric à Villeurbanne : On est mobilisé parce qu’on risque de perdre notre emploi. On est surtout mobilisé sur les engagements de General Electric, des engagements pris avec l’Etat français. Un accord qui a été signé sur plusieurs points. La création de trois co-entreprises ; la création de 1000 emplois sur les trois ans après le rachat de 2015. On est aujourd’hui plutôt à moins 1000 emplois. Les centres de compétences devraient rester en France, d’autant que Villeurbanne est un centre de compétences mondial sur l’activité d’appareillage. Ce site centenaire est remis en cause dans le plan de restructuration. La filière énergétique en France est démantelée par General Electric sans réaction de l’Etat français. Nous faisons des actions pour défendre l’emploi industriel mais aussi pour défendre la filière énergétique. On a besoin de garder de l’indépendance énergétique. On risque à terme de se retrouver dans une situation similaire à la crise du coronavirus : lorsque nous aurons besoin d’électricité, nous serons obligé de nous adresser aux Chinois puisque nos activités partent en Chine. General Electric année après année est en train de restructurer et démanteler toute la filière énergie qu’elle a racheté à Alstom. Il y a eu Hydro (Grenoble) en 2018, Belfort en 2019.  En 2020, c’est le secteur de Grid (Villeurbanne) qui est mis à genoux. 

Maintenant ça suffit ! Ils ont bénéficié dans les cinq dernières années de 200 millions d’euros d’aides publiques par le CICE et le CIR. Cet argent ne sert pas à créer de l’emploi en France, il ne sert pas non plus à la recherche puisque nos budgets recherche et développement sont réduits de 30%. Aujourd’hui, sans réaction de l’Etat, General Electric fait ce qu’il veut. On a pourtant essayé de contacter à plusieurs reprises le ministre de l’économie Bruno Lemaire, sans réponse de sa part.

Julien Ravello, conseiller municipal de Villeurbanne et président du groupe Villeurbanne Insoumise – Ensemble : On est mobilisé aujourd’hui pour soutenir les salariés de General Electric. Contre cette destruction de l’emploi, du savoir-faire et de l’outil industriel. On a voulu faire une conférence de presse commune entre élus et l’intersyndicale parce qu’on a voté hier à l’unanimité des groupes politiques de la ville de Villeurbanne un soutien aux salariés. On demande au Président de la République et au Ministre de l’économie qu’ils prennent enfin leurs responsabilités. 

Pascal Gentelet, délégué syndical CFDT de General Electric à Villeurbanne : On vient pour défendre les emplois. Nous sommes ici pour dire notre mécontentement face au projet de GE qui veut supprimer 330 postes dans le bassin lyonnais. Le projet de General Electric n’est pas viable, il n’est aucunement industriel et sera à terme un échec. Depuis le rachat d’Alstom par General Electric, la société est en difficulté parce qu’elle n’a pas investi au moment où il fallait. On a moitié moins d’investissement dans la recherche et dans l’outil industriel depuis 2016. C’est pour ça qu’aujourd’hui on a perdu des parts de marché et qu’on est moins compétitif. Nous pouvons être un acteur majeur dans la transition écologique.

Mariano Beron-Perez, conseiller municipal de Villeurbanne et militant du parti communiste : Je suis présent aujourd’hui parce qu’on ne peut pas permettre de délocaliser encore plus d’emplois. Le savoir-faire et la technique utilisés à Villeurbanne sont reconnus mondialement. Le site de Villeurbanne est centenaire et la recherche était de pointe, jusqu’au rachat d’Alstom par General Electric. On se rend compte qu’il n’y a pas lieu de restructurer quand on sait combien de dividendes ont été reversés. Alors qu’ils ont promis la création de 1000 emplois, c’est l’inverse qui se passe puisqu’on est déjà à 1000 emplois de supprimés. Ils ont obtenu des aides du CICE et du CIR et ils n’ont rien fait pour l’emploi. C’est un choix pour abaisser la masse salariale et avoir plus d’argent à verser aux actionnaires.