Marine Tondelier : « Les choses avancent à l’initiative des écologistes et j’en suis extrêmement fière. »

Ce mercredi 15 juillet 2026, à l’occasion de son Tour de France en van électrique, Marine Tondelier a déposé ses valises dans la métropole lyonnaise, bastion écologiste majeur. Lors d’une conférence de presse, le Lyon Bondy Blog a interviewé la secrétaire nationale des Écologistes et candidate aux élections présidentielles de 2027. Lors de cette rencontre, nous avons échangé autour de la culture, de l’écologie et du sport. Entretien.

Lyon Bondy Blog : Vous étiez récemment présente au Festival Off Avignon, un rendez-vous important autour de la culture. Pourquoi étiez-vous présente ?

Marine Tondelier : Je réalise actuellement un Tour de France en vanne électrique. Nous parcourons 5 000 kilomètres à travers tous types de territoires afin d’aborder les nombreux sujets que nous souhaitons placer au cœur de cette campagne présidentielle. Et je ne pouvais pas, dans ce Tour de France, ne pas parler de culture. Et quel meilleur lieu au mois de juillet qu’Avignon pour le faire ?

C’était à la fois un moment pour présenter aux acteurs de la culture nos propositions, celles que nous avons déjà décidé de porter pour la présidentielle, mais aussi pour les écouter sur des idées qu’ils auraient peut-être en plus, afin d’améliorer notre programme. C’était un grand moment d’écoute où nous avons réunis une vingtaine de personnes issues de structures différentes pour pouvoir en parler.

Et puis, c’était aussi un moment de soutien moral pour un secteur qui est très abîmé, matraqué par les baisses de budget. Et il n’est pas matraqué que budgétairement en réalité, il fait aussi l’objet de déprogrammations et de pressions. Tout devient compliqué dans notre pays. C’était donc un moment de soutien moral et de chaleur réciproque envoyé à tous les acteurs de la culture qui font beaucoup pour notre pays, pour notre vivre ensemble. Nous ne gagnerons pas la bataille culturelle sans la culture.

L.B.B : Pour vous, le théâtre est-il important pour l’émancipation ?

M.T : Le théâtre et toute la culture. De mon côté, j’ai notamment rencontré beaucoup de gens qui faisaient du jeune public. Les enfants d’aujourd’hui, et je vous dis cela avec le mien sur les genoux, vont devoir relever des défis que nous n’arrivons même pas encore bien à imaginer tellement les choses sont en train de s’emballer. Si nous voulons les outiller pour les défis qui les attendent, il faut forger, il faut former, il faut entraîner et rendre curieux leur imaginaire.

S’ils ont un imaginaire bien musclé, s’ils sont créatifs, s’ils ont cette confiance en soi que donne la pratique d’activités culturelles très jeunes, que l’on devrait rendre accessibles à tous les petits enfants, alors ils seront mieux outillés, je pense, pour relever ces défis-là.

L.B.B : Face aux fortes chaleurs, les logements qualifiés de « bouilloires thermiques » deviennent invivables en été. Les dispositifs actuels comme MaPrimeRénov’ vous semblent-ils à la hauteur de cette urgence sociale et climatique ?

M.T : Nous étions avec des associations de défense des locataires en conférence de presse ce midi et ils avaient une proposition extrêmement intéressante. MaPrimeRénov’ existe, mais eux proposaient « MonDroitRénov’ ». Ce serait vraiment un droit opposable à la rénovation. Comment cela marcherait-il ? Si, par exemple, votre logement est insalubre à cause de sa mauvaise isolation et que le propriétaire ne fait pas les travaux de rénovation de cette passoire énergétique, vous payez votre loyer à un tiers de confiance officiel. Ainsi, vous êtes en règle : vous avez payé votre loyer à quelqu’un, non pas au propriétaire, mais au tiers de confiance, en versant l’argent que vous devez. En revanche, le tiers de confiance s’assure que cet argent serve à faire les travaux qui rendent ce logement réglementaire et salubre.

Le propriétaire ne reçoit plus l’argent du locataire tant que les travaux n’ont pas été faits. On s’assure ainsi que l’argent du loyer serve bien à réaliser ces travaux qui sont normalement obligatoires et qui, aujourd’hui, ne sont pas toujours faits par les propriétaires. Certains de ces logements n’auraient d’ailleurs rien à faire sur le marché mais le sont illégalement parce qu’il y a une vraie asymétrie entre des propriétaires riches, puissants dans un contexte de pénurie de logements collectifs, et des locataires qui ont bien besoin de mettre leur famille à l’abri. C’est une mesure que j’ai trouvée très intéressante.

L.B.B : Comment ces ambitions écologistes peuvent-elles se traduire concrètement et immédiatement sur le terrain, à l’échelle locale ?

M.T : Justement, le maire de Lyon, Grégory Doucet, a annoncé une mesure locale très forte : la municipalité va intégrer la température estivale parmi les critères d’insalubrité d’un logement. Cela signifie que quelqu’un dont le logement ne respecte pas ce critère peut dorénavant saisir la mairie pour que le logement soit déclaré insalubre.

Les choses avancent à l’initiative des écologistes et j’en suis extrêmement fière. Voilà deux mesures qui figurent dans notre programme présidentiel.

L.B.B : Pour finir sur une note plus légère, nous savons que vous suivez de près le football. Déçue de la défaite de la France face à l’Espagne lors de la demi-finale de la Coupe Du Monde ?

M.T : C’était horrible, je n’ai même pas envie d’en reparler. C’était dur. Mais je pense que nous avons tous partagé le même sentiment, j’en parlais avec des amis qui ont fait le même constat : les Espagnols étaient tellement forts qu’on avait l’impression qu’ils étaient plus nombreux que nous, alors que nous étions le même nombre.

C’était assez difficile. Mais je ne fais pas partie des supporters qui adulent une équipe pour ensuite la descendre en flèche. Je reste donc très fière de leur parcours et « we’ll be back ! ».

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