Le slameur, auteur et musicien lyonnais Gyslain N. présentera son projet Rois de France le 22 juillet à l’Arrache-cœur, à Avignon. Il revient sur son parcours, son rapport à la scène et sa vision d’un art tourné vers les anonymes et les invisibles.
Artiste venu de la scène lyonnaise, Gyslain N. a construit un parcours à la croisée du slam, de la musique et de l’écriture. À l’occasion de sa venue au festival off d’Avignon, il détaille les ressorts de son projet Rois de France, sa pratique de médiation artistique et les influences qui nourrissent son travail. Rencontre avec le slameur Ghyslain N.
Lyon Bondy Blog : Vous serez le 22 juillet prochain à Avignon, à l’Arrache-cœur. Pouvez-vous nous parler de vous et de votre parcours, notamment en tant que slameur ?
Gyslain N : Je suis Gyslain N., artiste slameur, auteur et musicien lyonnais. Je viens vraiment de la scène lyonnaise, des scènes de chansons et de poésie que la ville compte par dizaines. Je me suis fait les dents en écrivant et en déclamant des textes sur ces scènes, puis mon projet artistique est devenu professionnel. J’ai trouvé des réponses favorables auprès de plusieurs institutions culturelles à Lyon, notamment le TNP, où j’ai mené mon premier projet professionnel sur une commande de seul-en-scène slam dans le cadre du festival Les Langagières. Progressivement, je me suis constitué un environnement artistique avec des musiciens et une boîte de production qui m’a fait confiance. J’ai publié plusieurs livres, des recueils de poèmes, des recueils de nouvelles et, plus récemment, mon premier roman. En musique, j’ai sorti trois EP et deux albums.

L.B.B : Votre dernier album s’intitule Rois de France. Vous y donnez la parole à des gens ordinaires, à ceux qu’on entend peu. Quelle est l’idée de ce projet ?
Gyslain N : L’idée, c’est de se dire qu’aujourd’hui, la plus grande noblesse qu’on ait, c’est nous. Nous faisons l’espace dans lequel nous vivons, en l’occurrence ce pays qu’est la France. Les rois et les reines de France aujourd’hui, ce sont toutes ces personnes inconnues, anonymes, qu’on croise tôt le matin dans le métro, avec leurs rêves, leurs échecs, leurs peurs, leurs blessures. C’est cela qui fait leur noblesse. L’album parle de choses très communes, mais en les abordant avec noblesse et dignité.
L.B.B : Comment arrive-t-on à Avignon ? Le festival off ne fait-il pas un peu peur à un Lyonnais ?
Gyslain : C’est comme tout ce qui est très gros. Quand on parle d’Avignon, il y a le in et le off, et le off représente énormément de spectacles. Mais le parcours artistique, c’est aussi cela : se donner des défis et essayer de les relever. Cette année, avec la boîte de production, les musiciens et ceux qui soutiennent le projet, nous avons jugé pertinent d’être présents à Avignon, dans une salle comme l’Arrache-cœur, emblématique de la chanson et de la musique. Nous y donnons trois dates. Il y a eu deux premières représentations, et il reste celle du 22 juillet.
L.B.B : Les deux premières représentations se sont-elles bien passées ?
Gyslain : La première était un peu plus compliquée, mais nous avons quand même eu du public : des curieux, des personnes tractées dans la rue, des professionnels. En réalité, c’est aussi cela l’objectif d’Avignon : avoir une salle, même si elle n’est pas comble, avec à la fois des spectateurs qui ne connaissent pas le projet, des gens qui viennent par curiosité, d’autres qui connaissent déjà le festival, et aussi des professionnels susceptibles de s’intéresser à de futures collaborations. La première a donc été un peu impressionnante, mais elle s’est bien passée. La deuxième aussi, avec une évolution du remplissage et une présence du projet de plus en plus visible.
L.B.B: Avant cela, vous donnez aussi des cours de slam et des ateliers de prise de parole en public. Qu’est-ce que cela vous apporte ?
Gyslain : Je vois mon travail comme un travail d’artiste avec plusieurs facettes. Il y a la médiation artistique, avec des ateliers d’écriture, de prise de parole en public, et des projets avec des lycéens, parfois jusqu’à la création de spectacles slam. Il y a aussi l’aspect musical et scénique, avec les disques et les concerts. Et puis il y a l’aspect littéraire, avec les livres. Tout cela forme un trio qui constitue mon socle artistique. Les différentes dimensions se nourrissent entre elles. Aller à la rencontre de publics amateurs, construire des projets avec eux et voir ce que cela produit me donne de la confiance. Cela légitime aussi davantage ma place d’artiste, par exemple pour venir à Avignon avec trois musiciens sur scène.
L.B.B : Vos inspirations viennent-elles de grands noms du slam comme Grand Corps Malade ou Abd Al Malik ?
Gyslain : Évidemment, quand on grandit en France en voyant ces deux artistes, il y a forcément une projection, puisqu’ils excellent dans cet art. Mais j’ai aussi rencontré le slam par son histoire, celle des communautés afro-américaines qui utilisaient le texte scandé pour partager poésie et engagement dans des contextes où tout le monde ne savait pas lire. Cette histoire du slam, puis celle du hip-hop, m’ont nourri. Voir des gens pratiquer cet art avec excellence a été un vrai moteur pour moi.
L.B.B : Où peut-on suivre votre actualité ?
Gyslain : Sur mon site internet , et sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, Facebook et YouTube. On y trouve toute mon actualité et on peut suivre l’aventure artistique.
L.B.B : Vous serez donc le 22 juillet à l’Arrache-cœur, à Avignon, à 16 heures ?
Gyslain : Oui, et je prends votre encouragement avec grand plaisir





