À l’occasion des Fêtes Escales à Vénissieux, la rappeuse lyonnaise KLM a accordé une interview au Lyon Bondy Blog. Entre influences, parcours et projets, KLM nous a ouvert à son monde musical.

Crédits photo : L.S /Lyon Bondy Blog

Lyon Bondy Blog : Pourquoi avoir choisi KLM comme nom de scène ?

KLM : Tout simplement parce que je m’appelle Clémentine, du coup on m’appelle Clem, et ça a donné KLM. A partir de là, j’ai écrit un texte qui décline l’acronyme KLM, donc après ça peut vouloir dire plein de choses. Autant Karma de Lumière Modeste, que Kidnapping Lyrical Majeur, ou Kellogg’s Lait Marmelade.

LBB : Quel est ton parcours, comment en es-tu arrivée là ?

KLM : Je viens de Lyon déjà. J’ai commencé à écrire vers 16 ans. J’écoutais beaucoup beaucoup de rap, je connaissais toutes les paroles par cœur. Du coup je me suis dit que moi aussi je pouvais essayer, et pendant un moment je me suis accrochée. Et après, à partir de 2015, je suis rentrée dans un atelier, à Bizarre !, et là-bas j’ai rencontré sept autres gars, avec qui on a formé un groupe : les Artisans des Bonnes Ondes. Avec eux j’ai commencé à faire des concerts, j’ai découvert le studio. De là, j’ai décidé de faire mon premier projet, en 2018, qui s’appelle Ici Bas.

LBB : Parle-nous de ce projet, Ici bas.

KLM : C’est un CD, 7 titres, et la pochette a été réalisée par quelqu’un de très talentueux, Lou Gille. Soyez attentif à la pochette, il y a plein de petites surprises dessus. Je l’ai appelé Ici Bas car ça résumait bien ce que je pouvais voir ici-bas. C’était un premier texte, une première manière de me dire que j’étais capable de faire un CD qui a été plutôt bien accueilli.

LBB : Tu nous as dit que tu écoutais beaucoup de rap, quels sont les artistes qui t’ont influencée ?

KLM : J’écoute surtout du rap conscient. Après, des artistes, il y en a énormément. Mais pour dire des grands noms, je dirais NTM, Iam, Sniper, Kery James. J’aime aussi écouter du Youssoupha, du Nekfeu, du Lefam, du Alpha Wann. C’est assez diversifié finalement, car j’ai aussi des influences en rap américain, en musique du monde, je suis assez ouverte à tout ça.

LBB : Quels thèmes aimes-tu mettre en avant dans tes textes ?

KLM : Je suis attachée au thème de l’injustice. J’aime parler des injustices que l’on peut vivre, et de celles que l’on peut voir. C’est aussi beaucoup d’introspection. Comment on peut se découvrir soi-même, et comment on peut changer les choses en commençant par se changer soi-même : apprendre à appréhender le monde de manière positive, malgré tout ce que l’on peut vivre de difficile.

LBB : Es-tu engagée dans des associations ou dans un parti politique ?

KLM : Alors, en politique non. En tout cas, je ne me reconnais pas forcément dans les valeurs politiques actuelles de notre pays et de son fonctionnement. Je suis plutôt militante, dans mes textes, dans ma manière d’être. Je suis aussi éducatrice spécialisée de formation. C’est plutôt l’action sociale qui me parle. La musique, c’est aussi une manière pour moi de prendre part et de faire passer des messages, semer des graines et si ça peut permettre de faire pousser des arbres et qu’on bouge un peu les choses, tant mieux.

LBB : Qu’est que ça fait d’être aux Fêtes Escales à Vénissieux, avec Demi Portion et Dosseh ?

KLM : C’est une énorme chance, j’ai beaucoup de gratitude envers les personnes qui ont pu me programmer sur un événement de ce type. Je suis fière aussi car je me dis que j’en suis capable, même si j’ai beaucoup le trac. Mais ça va très bien se passer et je vais tout donner pour que ça se passe bien en tout cas !

LBB : Quels conseils donnerais-tu à une fille qui souhaite se lancer dans le rap ?

KLM : Les conseils, pour moi, ils iront autant à une fille qu’à un mec. N’importe quelle personne qui a envie de faire du rap, qu’elle se lance et qu’elle aille se confronter aux autres. Le plus important est de recevoir les critiques des autres et de pouvoir les transformer pour progresser. Il faut aller dans des ateliers, des open mic, rencontrer des gens et partager son art, c’est ce qui fait le plus grandir.

Par exemple, pour ma part la première fois que je me suis confrontée à des gens, je me promenais sur les quais à Lyon. J’ai croisé un mic et un ghetto-blaster : Des gars en cercle kickaient chacun leur tour, en se faisant passer le micro. Je me suis, jetée dans la ronde et j’ai été bien accueillie. Leurs critiques sur le moment, m’ont encouragée à persévérer. Et c’est cet aspect du partage, qui est très fort : tu viens avec ce que tu es et tes tripes, tu donnes et tu prends. Quand tu rappes tu apprends à devenir rappeur « tout terrain » : On s’adapte sur une prod’, on s’adapte sur une guitare, on s’adapte sur un beat box et c’est ça notre force. Donc j’invite vraiment tous ceux qui kiffent le rap à persévérer et à toujours s’accrocher à leurs rêves, car c’est le plus important.