En l’espace de quelques heures, la métropole a officialisé deux laboratoires communs : PolMixLab et ERACLECE qui traduisent une même volonté : ancrer durablement la recherche publique dans les enjeux industriels de la transition écologique. C’était ce mercredi 22 avril 2026.
Sur le campus de la Doua, l’inauguration de PolMixLab a donné le ton. Michelin, le CNRS, l’INSA Lyon, l’université Claude-Bernard Lyon 1 et l’université Jean Monnet Saint-Étienne s’y associent pour accélérer la mise au point de matériaux polymères de nouvelle génération. Plus sobres à produire, plus performants et pensés pour être recyclables dès leur conception, ces matériaux doivent ouvrir des perspectives industrielles bien au-delà du pneumatique. L’automobile, l’aéronautique, le médical ou encore la construction figurent parmi les débouchés envisagés.
Ce n’est pas le premier rapprochement entre Michelin et le monde académique lyonnais. Mais PolMixLab marque une étape différente : un engagement structuré sur quatre ans, avec des axes de recherche clairement définis. « Les grands défis ne se relèvent jamais seuls. Ils nécessitent de croiser les regards et de faire dialoguer recherche académique et monde industriel », a résumé Frédéric Fotiadu, directeur de l’INSA Lyon. Une formule sobre, mais qui dit bien l’esprit du projet.
Chez Michelin, la démarche est aussi celle d’un changement de méthode. Christophe Moriceau, directeur de la recherche avancée du groupe, l’a dit sans détour : l’intuition ne suffit plus. Il faut désormais davantage de science pour comprendre et modéliser des mélanges complexes, optimiser les procédés de fabrication et réduire leur consommation énergétique. Les trois axes retenus efficacité des procédés, nouveaux matériaux, recyclage en boucle courte vont précisément dans ce sens.
« PolMixLab illustre la capacité de Lyon 1 Université à développer des partenariats de recherche structurants, au croisement de l’excellence scientifique et des enjeux industriels et environnementaux », a souligné Bruno Lina, président de l’université Lyon 1. « C’est par la science et l’innovation que nous accompagnons les transformations de notre époque. » a-t-il ajouté.
ERACLECE : la catalyse comme levier de décarbonation
Quelques heures plus tard, la scène se déplaçait à l’École normale supérieure de Lyon. Là, un autre laboratoire commun était présenté : ERACLECE. Le projet réunit l’ENS, le CNRS, Lyon 1 et IFP Énergies nouvelles autour d’un autre levier stratégique de l’industrie bas carbone : la catalyse.
Moins visible que les matériaux, cette discipline est pourtant au cœur de nombreux procédés industriels. Elle intervient dans la conversion de la biomasse, la production d’hydrogène, la valorisation du CO₂ ou encore la conception de procédés plus sobres en énergie. ERACLECE entend travailler sur ces fronts en combinant modélisation numérique et expérimentation, avec pour objectif de concevoir des catalyseurs plus efficaces, plus sélectifs et plus facilement recyclables.
Le projet prend appui sur près de trente ans de collaborations entre le Laboratoire de Chimie de l’ENS et IFP Énergies nouvelles, consolidées depuis 2018 par une chaire industrielle dédiée. ERACLECE marque une nouvelle étape dans cette relation de long terme, avec une ambition plus large : relier davantage la recherche fondamentale aux contraintes des sites industriels et contribuer à la construction d’une économie circulaire dans le secteur chimique.





