Les AESH lyonnais.es en grève

Depuis plusieurs mois, les accompagnent.es d’élèves en situation d’handicap lyonnais.e (AESH) se mobilisent pour la reconnaissance et l’amélioration de leurs conditions de travail. Peu formé.es et mal rémunéré.es, 31% quittent leur métier au bout de 3 ans.

Le jeudi 9 juin, une cinquantaine d’AESH en grève se sont rendu.es devant le rectorat de l’académie de Lyon. Les accompagnant.es se sont regroupé.es avec les principaux syndicats corporatifs (CFDT, CGT) mais aussi avec Lutte ouvrière (LO). La principale demande : « Qu’on nous reconnaisse enfin à notre juste valeur ». Elles dénoncent aussi devenir le « prolétariat de l’Éducation nationale ». Une étude de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) sous la direction du ministère chargé de l’éducation nationale a publié une étude en mars 2026 sur « Les conditions d’exercice des accompagnantes et accompagnants d’élèves en situation de handicap ». Cette dernière soulève des conditions de travails et de nombreux éléments de dysfonctionnement du système administratif et de formation.

Des acteur.ices essentiel.les pour l’inclusivité des enfants en situation d’handicap à l’école en sous-nombre.

Ces 140 000 personnes, majoritairement des femmes, sont les béquilles des enfants rencontrant des difficultés, ou qui ne sont pas capables de suivre les enseignements scolaires. Les enfants dans le spectre de l’autisme, trisomiques ou hyperactifs ont un besoin d’avoir un accompagnement personnel afin de pouvoir suivre et s’intégrer à l’école. Voici le rôle de ces accompagnant.es qui se battent chaque jour pour que l’école soit accessible à tous.tes. Mais les AESH sont submergées par l’immense demande de recours à cette aide par les familles. Ainsi, 14 000 dossiers d’enfants dans le besoin sont mis sur le côté par manque d’effectif.

Le député insoumis de la 5ᵉ circonscription du Val-d’Oise, Paul Vannier dénonçait en novembre 2025 la diminution des objectifs de recrutement d’AESH. En effet, en 2017, il était prévu de recruter 5 000 accompagnant.es, quand en 2025 l’objectif était de 1200. Il soulève la dérive d’établissements conseillant aux familles d’enfants en situation de handicap de se tourner vers des AESH privé.es. Mais au prix d’en moyenne deux mille euros par mois, cette solution exclut les familles les plus pauvres. Une gréviste lyonnaise explique qu’une de ses amies accompagnantes doit parfois s’occuper de 6 enfants simultanément. Ainsi, il est impossible pour elle de proposer un suivi personnel. Toutefois, malgré ces difficultés, elle continue à dire qu’elle « trouve son métier magnifique et enrichissant ».

« Je ne veux plus accumuler les contrats, je veux un contrat de 24 heures »

La demande principale des représentants syndicaux est d’attribuer le statut de fonctionnaire de catégorie B aux AESH. Actuellement, les accompagnant.es enchainent les CDD au sein même des écoles, empêchant les possibilités d’augmentation. De plus, les AESH sont souvent forcé.es à être muté.es, et donc interrompt le lien et le suivi personnel créé. En effet, la majorité des AESH vivent sous le seuil de pauvreté en France avec un salaire moyen de 1 030 € par mois, en touchant 66 % du SMIC horaire. C’est ce que relate une gréviste lyonnaise qui, malgré ses années d’ancienneté, ne perçoit que 1 080 € par mois avec 63 % du SMIC.

Cette sous-rémunération et ce manque de stabilité développent un sentiment d’incompréhension et de non-reconnaissance chez 79 % des AESH. Pourtant, 85 % continuent à exprimer l’essentialité de leur emploi. Dès lors, obtenir le statut de fonctionnaire de catégorie B permettrait d’avoir un revenu de 1 800€ par mois pour un contrat de 24 heures. En effet, faire un 35 heures n’est pas possible pour les accompagnant.e.s car leurs horaires sont calqués sur les heures scolaires.

Les représentants syndicaux ajoutent que le manque de formation va de pair avec le manque de stabilité financière. Actuellement, la formation initiale des AESH ne dure que 60 heures. De plus, cette dernière peut se faire en télétravail, ce qui montre le manque de connaissance des conditions de travail des AESH. En effet, la demande des familles explose et la diversité des enfants augmente. Il est donc nécessaire d’améliorer la formation des accompagnant.es afin d’organiser un suivi et un accompagnement individuel, ce qui favorisera leur inclusion à l’école. Le besoin de discussion entre les différents ministères et les AESH est donc nécessaire pour relancer l’attractivité du métier, et pour donner la possibilité aux enfants en difficultés de s’inclure comme les autres à l’école.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *