Depuis plus d’un an, le bar Rita-Plage du cours Tolstoï organise entre autre des scènes exclusivement réservées aux femmes. Ce sont les Meuf in stage. Retour sur la 17ème soirée qui leur était accordée.


(Devanture ritaplage.jpg/ Crédits : Rita-Plage)

Le Rita-Plage propose chaque semaine une programmation éclectique, du concert au vernissage photo et illustrations. Une fois par mois, lors des Meuf in stage, des artistes confirmées ou débutantes peuvent présenter leurs projets, sous le regard d’un public curieux et bienveillant.

 

Pour un engagement social

Le Rita-Plage a ouvert ses portes en 2016. Son but est de proposer un lieu LGBT-friendly dans le quartier du Totem et ses alentours. Par cette démarche, les gérants, Marlène et Étienne, entreprennent de délocaliser un militantisme non officiel. Le but est d’amener un groupuscule de pensée critique dans un endroit à l’opposé des universités et des quartiers aisés.  C’est un lieu de rencontre où les habituées cherchent à créer le dialogue, à croiser les différences. Au vu des programmations essentiellement masculines sur les scènes lyonnaises, les gérants ont décidé de dédier une soirée aux femmes artistes. Dans ces soirées, le public se compose principalement de femmes.

 

Lumières tamisées, silence dans la salle…

Devant l’entrée, l’affluence est importante. À l’intérieur, des chaises en quinconce soutiennent un public captivé. Ce soir, c’est Mélanie Virot, avec sa harpe et son archet, qui ouvre la danse. Il est 19 heures 30. Entre deux artistes, c’est la ruée au bar. On y propose du café, de la bière, du thé. L’assiette végétarienne est à prix libre notamment à chaque Meuf in stage. Or représentations spéciales, les buffets végétariens eux, sont à prix fixes le midi. Tout cela, plongé dans une décoration composée d’anciens vernissages et de touches personnelles, en accord avec la convivialité chaleureuse des lieux.


( Photo buffet végétarien.jpg / Crédits : Rita-plage)

20 heures 30, c’est au duo  lyonnais Chirp Chirp de faire son entrée. Des mimes, des chansons a cappella, du folk, des poèmes en anglais et des jeux de quesitions-réponses entre guitare et ukulélé charment le public. Les encouragement de la foule galvanisent les chanteuses ; elles se font plaisirs et c’est communicatif.

Le public chuchote, certaines personnes rejoignent le bar sur la pointe des pieds. Pendant la performance, certains spectateurs continuent d’affluer. La patronne les place derrière le bar : la salle est pleine.

Après un entracte, c’est au tour de Paillette de se produire. Des rêves aux abimes, elle conduit le public avec son piano dans un monde de mélancolie.

 

Vous venez souvent ici ?

Après les représentations, c’est la partone qui hèle les clients : « hé ! Il y a une caisse prix libre pour les artistes et une autre pour la bouffe ! » Une autre voix enchaine : « ouais, allez, faites pas vos rats ! », suivit d’un grand éclat de rire général.

Les discussions vont bon train. Certains viennent par curiosité ou pour soutenir une amie qui se produit, d’autres parce qu’ils sont du quartiers et que l’ambiance est animée. Une des musiciennes révèle le sourire aux lèvres qu’elle aime le Rita-Plage « parce qu’on croise justement des personnes qui ne nous ressemblent pas ». On y rencontre des gens de tout âge, certains et certaines étant même venus avec leurs enfants.

En définitive, toute le monde est le bienvenu : trans, homo, hétéro, du coin ou de plus loin, seul, entre amis ou en famille. Le Rita-Plage offre un espace et de nouveaux horizons, au carrefour du genre, de l’art et de la solidarité.


(photo meufin18_1.jpg/Crédits : Rita-Page)

Prochain rendez-vous : Meuf in stage #18, vendredi 9 février, au 68 cours Tolstoï à Villeurbanne.

 

Pour plus d’informations : http://www.rita-plage.com/.

 

Eve Sauzeau

La rédaction

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