Jeudi  7 février, la ville de Vaulx-en-Velin organisait un colloque sur le thème « Faire reculer l’antisémitisme et les discriminations : un défi républicain ». L’occasion de faire le bilan sur le plan territorial de lutte contre le racisme signé en 2014, en présence de l’ancien président de la République François Hollande et d’Hélène Geoffroy, maire de Vaulx-en-Velin.

François Hollande fait l’état des lieux du plan antiracisme

A la suite des attentats de janvier et de novembre 2015, la lutte contre les discriminations et le racisme a été déclarée grande cause nationale par François Hollande. Le Premier ministre Edouard Philippe a lancé en mars 2018 une deuxième version du plan. Elle comporte 21 mesures pour la lutte contre la haine sur internet, l’éducation face aux préjugés racistes. La création d’un prix Ilan Halimi pour récompenser les actions de jeunes de moins de 25 ans face aux préjugés est une des mesures emblématiques du projet. Mais la partie la plus productive de la journée s’est déroulée entre 16h45 et 18h15. Cinq ateliers ont permis de mettre sur la table les problèmes et des solutions de citoyens pour garantir une meilleure inclusion des minorités. Parmi ces  ateliers l’un était intitulé « Médias et quartiers populaires : un malentendu partagé qui perdure ».

Quartiers populaires et médias : le malentendu

Les cinq intervenants autour de la modératrice Sakina Bakha étaient Driss Ettazaoui, Mémona Hintermann-Affejee, ancienne membre du CSA, en pointe sur les questions de diversités, fondatrice de l’association Campus Marianne, la directrice du Bondy Blog Latifa Oulkhouir et la journaliste de Radio Salam Wafa Dahman.  Malgré la sensibilité du sujet, les échanges se sont déroulés dans le calme et dans le respect de chacun des intervenants.

«  Nous en avons marre que l’on parle de nous uniquement lorsqu’il y a des problèmes comme en 1990. Ca nous fait mal » tonne une habitante au micro. Elle fait référence aux émeutes d’octobre 1990. Un reportage de France 3 avait notamment qualifié la commune de bidonvilles. Tout juste retraitée du CSA, Mémona Hintermann-Affejee, pointe du doigt le manque de représentativité des programmes tv en France. « A l’exception de France Ô que peu de monde regarde, les minorités ethniques, les femmes et les personnes sont sous-représentées. » Elle cite notamment un chiffre issu d’un rapport du CSA qu’elle a dirigée : « 34% du temps d’antenne consacré à ces minorités les montrent en train de réaliser des activités illégales ». Pour autant l’ancien grand reporter de France 3, balaye d’un revers de la main l’idée de l’instauration de quotas. « La constitution nous interdit de réaliser des statistiques ethniques »rappelle t-elle.

Au final le constat pour les médias c’est la nécessité de modérer le propos en ne s’intéressant pas seulement aux voitures brûlées, à l’extrême pauvreté ou aux réussites hors du commun.