Un bras de fer plus que serré !

À l’issue de ce premier tour des élections législatives dans la 13e circonscription du Rhône (Décines, Meyzieu, St Priest), Sarah Tanzilli (ENS) et Victor Prandt (NUPES) se retrouvent en duel. Alors que leur score était relativement serré, le Lyon Bondy Blog revient sur les enjeux de ce territoire.

Lors du premier tour des élections législatives de ce dimanche 12 juin, dans la 13e circonscription du Rhône, l’abstention a suivi le record national (52,5%), en atteignant 53,64 %.

Si en 2017, les Républicains et La République en Marche (aujourd’hui Ensemble !) se battaient au coude-à-coude, cinq ans plus tard, les choses ont changé. En effet, pour le second tour du 19 juin prochain, la majorité présidentielle est toujours présente avec Sarah Tanzilli (28,44 %), mais elle affrontera cette fois-ci une coalition de gauche, la NUPES, dont Victor Prandt (21,67 %) est le représentant. Quant au Rassemblement National, malgré une hausse de plus 7 % (21,66 %) par apport à 2017 (14,37 %), le parti ne réussit pas à gagner une place pour le second tour. Pechereau Alain termine à la troisième place.

Avec le second tour qui arrive dans seulement quelques jours, le Lyon Bondy Blog a souhaité interroger les deux candidats qui devront être départagés par les électeurs. Nous avons rencontré seulement Victor Prandt (LFI-Nupes) car nous n’avons pas reçu de réponse de la part de l’équipe de madame Tanzilli.

Interview de Victor Prandt

Quels sont vos ressentiments face aux résultats, êtes-vous déçus, surpris ?

Je suis plutôt satisfait, parce qu’on nous a expliqués depuis longtemps que cette circonscription allait jouer dans un duel entre la droite libérale et la droite libérale. La réalité est toute autre puisque nous sommes au second tour. Pour ce faire, nous avons fait un énorme travail de terrain, sommes allés au contact des habitants et cela a payé. Aujourd’hui, je pense que nous avons prouvé que l’on mérite d’être au 2d tour et surtout d’avoir un député de la Nupes.

Êtes-vous inquiet pour le second tour ?

Non, je n’ai pas d’inquiétude. Depuis le début, nous nous opposons à un programme que l’on considère destructeur et qu’il l’a été pendant 5 ans avec notamment la casse des services publics, l’inflation du salaire et l’inaction climatique. Cette confrontation, c’est celle que nous attendions. Et sans surprise La République en Marche évite la Nupes, la preuve encore cette semaine puisqu’Elizabeth Borne refuse de débattre avec Jean-Luc Mélenchon alors que c’est son principal opposant.

Comment avez-vous vécu la campagne ?

C’était une super campagne très riche où on a fait le choix d’aller voir le plus de personnes possibles et de discuter avec elles individuellement. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le fait que l’État a clairement manqué à son travail d’information envers les citoyens. Je ne compte même plus le nombre de portes que nous sommes allés voir cette semaine pour rencontrer des personnes qui ne savent pas ce que sont les législatives, ou un député, et ça, c’est un vrai manquement de la part de l’Etat.

Face au record d’abstention, pensez-vous, si vous êtes élu, proposer un projet de loi pour y remédier ?

L’abstention est un vrai problème et l’une des causes est le fait que l’Etat ne partage pas sciemment une partie de l’information. De ce fait, cela conduit une catégorie de la population à ne pas aller voter.

Chez les jeunes, aussi, il y a un vrai retard, dans l’éducation des lycées. C’est pourquoi, je pense que notre proposition, d’avoir le droit de vote dès 16 ans est aussi un moyen de les impliquer plus tôt en politique. De plus, on se rend compte que beaucoup d’entre eux en sont dégoûtés, Mathilde Panot avait l’habitude de dire « qu’à force de dégoûter il ne reste plus que les dégoûtants » et je pense très sincèrement qu’elle a raison, c’est pourquoi c’est quelque chose où il va vraiment falloir lutter pour ces prochaines années.

Pour le second tour, sur quelle réserve de voix comptez-vous afin d’être élu ?

La réserve de voix est assez claire. Mais j’invite vraiment les petits partis qui étaient en face de nous à nous rejoindre. De plus, nous avons remarqué qu’il y a un gros vote contestataire notamment sur notre circonscription. J’invite donc, ces personnes-là, qui sont en colère contre l’Etat à nous rejoindre, car une issue est possible, et elle est du côté de la Nupes. Aujourd’hui, nous avons un programme qui est complet et qui va être en opposition totale avec ce que propose Emmanuel Macron. J’invite alors toutes les personnes qui ne veulent pas d’un quinquennat supplémentaire de souffrance sociale et d’inaction climatique à nous rejoindre.

Est-ce possible selon-vous que JLM devienne Premier ministre sachant que le président n’a aucune obligation de le nommer ?

Pour moi, il sera obligé de le nommer, car c’est à nous, l’Assemblée de valider ou non le Premier ministre. Donc nous appuierons la candidature de Jean-Luc Mélenchon et le président devra s’en accommoder.

À l’Assemblée, cela risque d’être un véritable bras de fer, comment selon-vous construire des lois dans de telles conditions ?

C’est sûr que ça va être un contexte très particulier. Il va falloir se battre pour avoir diverses majorités. Mais ce que l’on constate c’est le travail qui a été fait pendant 5 ans par 17 députés que l’on a dans le programme de la Nupes. Aujourd’hui, nous aurons une vraie force de proposition, où nous pourrons proposer de nouvelles choses, appliquer des lois, faire avancer notre programme et surtout faire barrage à celui d’Emmanuel Macron.

La NUPES rassemble plein de partis différents avec parfois des désaccords. Cela vous inquiète-t-il pour la suite ?

Non, cela ne m’inquiète pas dans le sens où l’on a conclu un accord, l’accord de la Nupes. Après, il y a 650 mesures, mais ce que l’on constate, c’est que tout le monde va dans le bon sens et je n’ai aucun doute que cela va continuer. De plus, les désaccords, nous ne nous en cachons pas, les nuances sont établies même dans les 150 mesures. S’il y a des désaccords, nous en débattons et cela ne nous empêche pas de travailler ensemble. Comme nous avons pu le voir aux élections présidentielles, les gens voulaient une Union, une véritable union sans façade et c’est ce que nous avons créé avec la Nupes.

Dernière question, quels sont les défis particuliers, s’il y en a, pour ce 2d tour ?

Le défi, ça va être de lutter contre l’abstention et de faire comprendre aux habitants de la 13e circonscription du Rhône que la personne qui se présente en face de moi, ce n’est pas n’importe qui : madame Tanzilli. Collaboratrice parlementaire de l’ancienne députée Danièle Cazarian, qui a été totalement invisible que ça soit à l’Assemblée ou sur le terrain. Cela ne présage rien de bon sur sa réelle activité. Aujourd’hui, les habitants ont la possibilité d’élire un député de combat qui va aller au front, ou alors une députée qui va prendre la suite de madame Cazarian, c’est-à-dire ne rien faire.

Lien de notre dernier article sur les législatives ici

Auriane Devaux

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