Ce jeudi 12 avril, le CCVA de Villeurbanne accueillait Pascal Canfin, candidat LREM aux européennes. Il était accompagné de la Conseillère régionale Véronique Trillet-Lenoir et du député LREM Bruno Bonnell.

Pascal Canfin et ses alliés ont passé une vingtaine de minutes à répondre aux questions des journalistes, venus assistés au meeting de la liste de La République En Marche aux élections européennes au CCVA de Villeurbanne. Ancien ministre délégué au Développement et directeur général de WWF France, Pascal Canfin est passé d’eurodéputé d’Europe Écologie Les Verts à candidat à la liste de LREM.

Il semble serein car bien placé dans les sondages, mais ne baisse pas pour autant la garde.

L’Europe contre les nationalistes

Tout en sachant que les élections européennes ont souvent des taux d’abstention énormes (56 % en 2014) et qu’il en sera peut-être de même en mai prochain, Pascal Canfin rappelle qu’il est important de venir voter « quel que soit ses opinions politiques ». « Il n’y a pas de raison de ne pas participer à ce grand choix démocratique ». Le Parlement européen co-décide de beaucoup de choses telles que les accords commerciaux, les normes de pollution de l’air et de l’eau et la politique agricole commune. Pascal Canfin ne veut pas la même erreur qu’en 2014 avec la mise en avant du Front National au Parlement. « Front National rebaptisé à tort Rassemblement National », comme un message… Pour lui, partout où les nationalistes passent, prennent le pouvoir, c’est le chaos, avec des négociations qui ne mènent nul part et des crises politiques de régime, comme au Royaume-Uni actuellement. « On veut absolument assurer une stabilité politique. Finalement, ça passe par la réussite de cette liste qui rassemble largement là où d’autres ne cessent de diviser. »

Ancien euro-député d’EELV, on se demande si Pascal Canfin fera une alliance avec les écologistes.

Si la liste est élue, l’ex-ministre a annoncé qu’il y aurait sans doute une refondation du groupe pour en faire un élément central d’une coalition avec des partenaires. La République En Marche est « très ouverte » pour avoir une coalition la plus large possible autour d’un projet commun et des accords pour transformer l’Europe. « Si les écologistes européens ont envie de faire partie de cette future majorité, il n’y a aucun problème bien évidemment, mais ce sera leur responsabilité ».

Ecologie, le point d’ordre du projet européen

Au niveau écologique, Pascal Canfin a expliqué pourquoi les engagements environnementaux sont espacés jusqu’en 2050. Comme l’évoquait un journaliste dans la salle, il est déjà compliqué de les tenir sur 5 ans… « C’est ce que les scientifiques nous demandent de faire. Si on le dit c’est que justement on répond à la science et on fixe le cap à long terme. » Les transformations écologiques sont le premier axe du projet de la liste « Renaissance » de LREM. C’est principalement pour cette raison que l’ancien député a d’ailleurs rejoint cette liste. « Personne ne dit que la transition écologique va se faire en 24 heures mais les décisions, elles doivent se prendre maintenant. »

Dans cette lancée, rappelons qu’Emmanuel Macron a refusé hier des négociations commerciales avec les États-Unis au nom du climat. La France est aussi le seul pays au monde a vouloir sortir du glyphosate en trois ans, décision prise par le gouvernement avec l’ancien ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot.

Pour que les choses bougent, Pascal Canfin s’est allié avec Jérémy Decerle, ancien président du syndicat Jeunes Agriculteurs. Ensemble, ils se sont mis d’accord sur le projet à porter pour la politique agricole commune et la transition agricole. Trois points clés essentiels : plus de revenus pour les agriculteurs car il est « inacceptable que l’un des métiers les plus difficiles soit aussi l’un des moins rémunérés. Un quart des agriculteurs vit sous le seuil de pauvreté. » Ensuite, plus de protection contre la concurrence déloyale et enfin une meilleure transition agricole pour sortir du glyphosate et diviser par deux l’utilisation de pesticides par exemple.

Si Emmanuel Macron n’a pas forcément l’image d’un écologiste, pourquoi Pascal Canfin a-t-il rejoint cette liste ?

D’après ce dernier, le président de la République est lui-même entrain de changer. « Je sais qu’il n’était pas écologiste, je crois qu’il a fait une grande partie du chemin. La décision d’aujourd’hui, de se positionner comme le premier chef d’État au monde à dire non à une négociation commerciale au nom du climat, c’est un geste concret, très fort, qui renforce sa crédibilité écologique. » De plus, au sein de la liste, beaucoup de candidats ont une conviction écologiste, « et c’est cohérent par rapport au projet. » Le parti aurait un projet écologiste très structuré qui permet d’agir dans le cadre des traités mis en place, sans avoir à les changer ou en sortir.

Pour la suite, rendez-vous aux urnes le 26 mai.