Palestine / Israël : « Les situations de guerre ne sont jamais éternelles »

Dans quelques jours, une centaine de jeunes européens de l’association Génération Palestine se rendront en Israël et en Palestine pour juger par eux-mêmes du conflit qui oppose les deux peuples. DIAPO EN +

Benjamin, 25 ans, est étudiant lyonnais et aujourd’hui membre de l’association Génération Palestine fondée sur le droit international qui se dit porteuse des revendications des Palestiniens. En 2006, il s’est rendu en Israël et en Palestine. Benjamin, peux-tu présenter l’association Génération Palestine ? L’association Génération Palestine a été créée en 2006 suite à des voyages en Israël et en Palestine organisés à la base par la GUPS (Union Générale des Étudiants en Palestine). La GUPS souhaite que des jeunes français et européens puissent aller sur le terrain. Aujourd’hui, c’est Génération Palestine qui a repris le projet de voyage de la GUPS « Des ponts au dessus des murs ». Chaque été, une centaine de jeunes sont envoyés sur ces territoires. À leur retour en France, ils doivent travailler à la sensibilisation de la situation. Des départs sont prévus les deux dernières semaines de juillet et les deux premières d’août.

L’association a débuté son histoire par des voyages organisés. Est-il simple d’entrer en Israël et de rejoindre la Palestine ?

Depuis quelques années, les internationaux, les gens qui veulent rencontrer et soutenir le peuple palestinien ne peuvent plus le faire officiellement. C’est-à-dire qu’avant, on pouvait venir avec un tee-shirt portant un message politique et faire de l’agitation à l’aéroport de Tel-Aviv. Au bout d’un moment, au vue de l’impact politique que pouvaient avoir ces missions, le gouvernement israélien a décidé de les restreindre. Dorénavant, il faut mentir pour entrer en Israël car si on déclare faire partie d’un projet qui vise à rencontrer les Palestiniens et les Israéliens engagés, eh bien on nous met dans un avion et on repart en France. Ça arrive tous les ans.

Mais alors comment faites-vous pour passer les douanes ?

On organise une formation pour les participants au voyage. Celle-ci comporte un aspect historique pour comprendre le conflit et un aspect sécuritaire physique et psychologique, ne serait-ce que pour pouvoir passer les douanes. Quand ça se passe bien, comme pour moi, on a le droit à deux petits quarts d’heure d’interrogation. On nous demande ce qu’on vient faire et où on va passer notre temps. Les personnes classées comme arabo-musulmanes sont interceptées avant les douanes, par les renseignements généraux internes pour être interrogées. C’est un autre niveau d’interrogatoire (questions répétitives, on vous laisse mariner tout seul et ils séparent les couples).

Vous passez les douanes. Sur place, qu’elles sont vos missions ?

Le groupe est conscient que les possibilités d’actions concrètes ne sont pas faisables là-bas. C’est un peuple sous occupation milit