À l’occasion de la sortie du deuxième volume de La Mixtape produit par le label lyonnais Orpik, le Lyon Bondy Blog s’est rendu aux studios du premier gros label lyonnais afin de voir de plus près les coulisses de ce deuxième opus et de retracer l’histoire d’Orpik, un Label pur produit de la région.

Qui a dit qu’à Lyon on ne savait pas rapper ? Si pour l’opinion public ce sont Paris et Marseille qui se disputent le leadership du rap français, d’autres villes comme Lyon ont également leurs mots à dire. Et dans la capitale des Gaules, un Label a voulu entrer dans la danse du rap game à la française : Orpik Label. Ce Label 100% lyonnais apparaît aujourd’hui comme une référence pour tous les jeunes talents de la région. Anciennement Olympic Records, fondé par les rappeurs Gerry Madani et son manageur Ludovic Mehala, aujourd’hui c’est Sandie, responsable commerciale et de communication qui se charge des divers projets du label : « On a voulu fonder ça pour créer des opportunités aux artistes de la ville » explique Sandie. Situé dans le 9eme arrondissement de Lyon, le Label souhaite donner l’opportunité à tous lors de divers concours événementiels placés sur le thème de rap. Devenu Orpik en 2016, le premier volet de Mixtape a vu le jour au début de la même année, en réunissant des jeunes talents de moins de -22 ans de la région lyonnaise. Parmi eux, on y retrouve des artistes comme Lima, Noly Z, Boulax ou encore Zinedine, qui font aujourd’hui des milliers de vues sur YouTube. Pour Sandie « le but c’est de mettre en lumière des talents dont on n’entend pas forcément parler ».

Sandie accompagnée de Mylo VLN au Studio Orpik ©DM / LyonBondyBlog

« Notre but est de leur donner la possibilité de s’exprimer »

Accueillant des jeunes artistes de la Région Rhône-Alpes, Orpik considère qu’à Lyon il faut davantage travailler afin d’ouvrir les portes et se créer de grandes opportunités. Contrairement à Paris et Marseille qui sont les deux plus grosses villes où le rap est légion, Lyon reste encore un peu à la traine dans les infrastructures permettant aux jeunes artistes de se développer.

Chez Orpik, les jeunes sont sélectionnés selon des critères tels que le flow, le texte ou encore l’image. Ces critères, on les a retrouvés lors de la création de Mixtape vol.2 où un concours avait été organisé afin de sélectionner 10 jeunes talents. Ce sont près de 80 personnes qui ont fait le déplacement afin d’y participer et de prétendre poser leur texte sur le deuxième opus de Mixtape. Triste chiffre cependant, seulement deux femmes ont participé au concours. Sandie explique ce rapport de force essentiellement masculin en définissant un monde pratiquement rythmé par les hommes : “je pense que c’est un milieu plus masculin que féminin pour l’instant. Même derrière, on est en minorité”. Sur Mixtape vol.2 seule une femme sur les deux participantes, Nawra, a finalement été choisie.

Le label est représentatif de tout ce qui concerne la musique urbaine, comme la musique afro, en passant évidemment par le rap. Aujourd’hui, un seul artiste possède un contrat Orpik, en la personne de DJ Kenny, mais le label travaille corps et âme afin d’attirer d’autres talents et de les amener au niveau national.

Du côté événementiel, le label organise des soirées du type “afterwork” afin de créer un réseau pour que tout le monde puisse se rencontrer et échanger autour de projets musicaux. Mais le label propose également des ateliers d’écriture et des stages de photographie aux plus jeunes afin de leur faire découvrir le monde de la musique, et pourquoi pas, susciter des vocations. Désireux de se faire davantage connaître auprès du grand public, Sandie évoque l’importance du soutien des médias : “il faut que les médias mettent la lumière la-dessus”. C’est dans ce cadre-là que le label a commencé l’année dernière à organiser des événements appelés le “Before Show” se déroulant au CCVA de Villeurbanne. Étant un événement gratuit, avec de nombreux artistes locaux incluant des danseurs et des comédiens, le concept avait pour but d’amener le plus de public possible.

©DM / LyonBondyBlog

“La musique ce n’est pas des maths. Il n’y a rien à calculer”

Prônant la musique urbaine, l’objectif premier reste évidemment de faire connaître les artistes dans toute la métropole. Par cet objectif, nous avons pu rencontrer un des jeunes talents, Mylo VLN, qui a débuté sa carrière dans la musique en 2010. “ ça fait de nombreuses années que je rappe mais je peux dire que j’ai commencé sérieusement il y a seulement deux ans”.  Très content d’avoir collaboré avec Orpik pour la création de Mixtape vol.2, il ajoute “c’est le seul label à Lyon qui a vu le jour grâce au niveau de ses artistes et au niveau du public car il n’y avait rien de concret auparavant, il n’y avait pas réellement de studios à droite à gauche”. Mylo compte aujourd’hui sur le label et sur sa présence sur Mixtape vol.2 pour davantage se faire connaître et toucher un plus large public avec sa musique. Pour mener à bien ses objectifs il déclare : « dans ce monde il ne faut rien lâcher et il faut travailler dur ». En véritable passionné, il souligne l’importance d’avoir un bon entourage sur lequel il peut compter : « Il faut écouter son entourage c’est primordial, et j’ai de la chance d’avoir un bon entourage ».

La musique ce n’est pas des maths. Il n’y a rien à calculer. Il faut juste vivre la chose comme elle est” explique-t-il. Pour le jeune talent, ses représentations sur diverses scènes restent ses meilleurs souvenir. « J’ai eu la chance de faire un remix de Rim-K et Lacrim il y a de ça deux ans, quelques jours plus tard Rim-K m’a contacté sur les réseaux sociaux, il a partagé mon clip et à partir de là un petit engouement s’est créé, certaines portes se sont ouvertes, des radios m’ont même contacté donc pour moi ça reste mon meilleur souvenir aujourd’hui ».

Quant à la question s’il est nécessaire d’être à Paris ou Marseille pour percer dans le rap, il répond : “L’opportunité de réussir est plus grande à Paris parce que les personnes travaillent depuis longtemps la-bas et donc forcément il est plus simple d’y réussir qu’à Lyon. Mais je reste persuadé que ce n’est pas une obligation d’aller à Paris pour réussir même si l’industrie est là-bas”.

Avec une série d’artistes signés et triés sur le volet, Orpik Label jouit d’une belle écurie et peut ainsi compter sur un vivier fleurissant de jeunes talents, afin de s’offrir une longévité dans le monde du rap game à la lyonnaise.