Le LBB revient sur le premier tour des municipales : Alliances, déclarations, chances de chacun, tour d’horizon des tenants et aboutissants du scrutin à l’approche du deuxième tour des municipales.

Quadrangulaire pour le 2e tour à Bron où la maire sortante Annie Guillemot (PS) est en tête sans toutefois être en situation de force. La faute notamment à la candidature dissidente à gauche (DVG) de Elisabeth Brissy-Queyranne (femme et fille de) et ses 23,57 %. Yann Compan (UMP) est deuxième (24,93 %) et a une carte à jouer du fait de l’éclatement de la gauche brondillante. Ludovic Ifri (FN) est à 15,98%. Le parti frontiste perd environ 200 voies par rapport aux législatives 2012 et ne profite pas de la vague nationale. Il doit se cantonner à un rôle de spectateur.

Bron

© Quentin Laignel

 

Maire sortante, Annie Guillemot est diminuée par la candidature dissidente de Mme Brissy-Queyranne et subie les attaques répétées de tous les candidats. C’est un peu tous contre Guillemot. Cette dernière se dit malgré tout sereine: « On a su rassembler à gauche, avec EELV et le Parti Communiste. »

Il y a bien eu un appel entre les deux opposantes entre les deux tours: « J’ai appelé Mme Brissy Queyrane pour lui demander de se retirer. Chose qu’elle n’a pas acceptée. » Ce sera donc chacun pour soi au second tour. Elle défend par ailleurs le bilan des socialistes: « Les maires socialistes ont un très bon bilan au niveau national. Les maires de gauche sont là pour protéger les habitants de la crise. » Elle conclue par une dernière pique contre sa rivale: « Mme Brissy-Queyranne montre son vrai visage en demandant un rassemblement du Front de Gauche au FN. Elle joue avec le feu. » Ambiance.

Membre de l’équipe sortante, Elisabeth Brissy-Queyranne avait été exclue du PS en 2012 pour avoir voté contre le budget. Arrivée troisième, elle tente de ratisser large, du Front de gauche jusqu’au FN, pour pouvoir ravir la mairie. Elle met en exergue le danger de la mise à l’écart de la ville de Bron, et l’absence de proximité avec les habitants quant au projet de la métropole. On a beaucoup parlé d’alliances possibles entre les deux tours. Ce ne sera finalement pas non plus le cas avec Yann Compan : « Il a refusé toutes mes propositions et ne m’en a fait aucune de son côté. Nos programmes se ressemblaient. Nous étions d’accord pour faire sortir la municipalité Guillemot. Nous pouvions gagner à nous deux (49% des votants en cumulé). »

Le son de cloche est évidemment différent du côté du secrétaire départemental UMP du Rhône : « Elisabeth Brissy-Queyranne m’a fait une proposition. Elle m’a proposé de prendre elle une tête de liste avec moi second et d’intégrer deux membres de mon équipe dans la sienne. Ce n’était pas une proposition acceptable. Je respecte mes électeurs et mes convictions politiques. Mon équipe est sur le terrain depuis 6 mois. Mme Queyranne ne m’a pas laissé le temps de réfléchir et d’étudier la proposition. »

L’UMP peut-il profiter de la guerre à gauche ?

Le candidat UMP compte bien profiter de la guerre à gauche pour l’emporter. D’autant que contrairement à d’autres villes, le FN à Bron a perdu des voix par rapport aux législatives de 2012, où le candidat Boudot avait fait 17,13 % dans la ville de Bron (16,93 % dans la circonscription) contre 15,98 % pour Ludovic Ifri.

« Le FN ne joue aucun rôle dans cette élection. Il ne représente aucun enjeu. Il n’est pas l’arbitre du débat. » Lance sèchement Mme Brissy-Queyranne. Sur ce point, Yann Compan ne dit pas autre chose : « Le FN fait un mauvais score à Bron. Le candidat avait fait le pari d’être devant (Ndlr: l’UMP). Pari raté. » Il lance une dernière attaque à la mairie actuelle : « 30 ans que les socialistes sont au pouvoir. Ils ne font rien pour les quartiers populaires. Il faut proposer des portes de sorties, notamment au niveau de l’emploi. »

Annie Guillemot réussira-t-elle à faire oublier les critiques ? Elisabeth Brissy-Queyranne parviendra-t-elle à mobiliser à gauche ? Yann Compan les coiffera-t-il toutes les deux sur le final ? La réponse dimanche soir.

Etienne Aazzab

Etienne a contribué depuis 2 ans dans le journal satirique FOUTOU’ART. Il a intégré l’équipe du « clic 2014 » : Collectif local d’informations citoyennes à partir de novembre 2013. Il rejoint le Lyon Bondy Blog à partir de janvier 2014.
Twitter : @AazzabEtienne

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