Au lendemain, de la fin du scrutin municipal, les expulsions des logements ou des centres d’hébergement reprennent de plus belle. Le Lyon Bondy Blog s’est intéressé au cas du village DOM’ICI situé au 84 rue Fréderic Fays à Villeurbanne, site détenu par le Grand Lyon, qui sera évacué puis démoli, pour pouvoir accueillir le Medipole (centre médical de Villeurbanne).

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Dimanche 30 mars, les élus du Grand Lyon déambulaient à la préfecture du Rhône, arborant leur triomphe ou leur peine. Le lendemain à 8 heures, la trêve hivernale prenait fin.

Depuis une semaine, à Villeurbanne, c’est la course contre la montre pour tenter de reloger des familles avec des enfants en bas âge dans des structures d’accueil, en coordination avec la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS).

Lundi matin à 8h au centre d’hébergement, il reste 42 personnes dont 16 enfants en situation d’expulsion imminente et sans proposition de relogement. Les associations sont présentes (MRAP, ASSET, RESF, LDH), pour soutenir les familles. Deux heures après, la police nationale fait une ronde. A 11h, des trublions anarchistes venus en masse pour apporter un support de résistance. A midi, la direction décide de cesser toutes activités pour DOM’ICI, présidé par Martine Roure, député européenne et collaboratrice de Gérard Collomb, qui déclare : « J’en ai marre de la politique, je veux faire que du travail associatif. » Le personnel commence à ranger tout le matériel qui n’est plus nécessaire. A 15h, une société de gardiennage est appelée par l’asso, pour se désengager de toutes responsabilités. 30 minutes plus tard, les militants proposent leur aide aux passagers pour faire barrage aux forces de l’ordre si expulsion il y a. A 15h45, la police nationale rentre une dernière fois pour faire l’état des lieux. Après ce passage, les activistes commencent leur état de siège, bloquant toutes les issues. A 17h, la direction quitte les lieux, moment choisi par les vigiles pour rentrer en force.

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Toute la nuit, les militants se relayaient, pour pouvoir faire face aux forces de l’ordre. Des gens de l’extérieur leur apportent des vivres.

Mardi vers 6h, les forces de l’ordre ne sont toujours pas là. Un responsable du MRAP:

« Le MRAP est présent ici car il y a une fermeture du plan froid. Trois centres ont fermé qui accueillaient 350 places parmi les résidents. Nombreux étaient demandeurs d’asile, qui étaient en règle en attente de réponse. D’un autre côté il y a l’article 345-2-3 du code social, d’actions et des familles, qui stipule qu’une structure qui accueille des familles pendant le plan froid ne peut pas les mettre à la rue. Il faut qu’il leur propose une place d’hébergement stable. Dans tous les centres qui ont fermé, la loi a était violée à quatre reprises. Au MRAP, on défend les personnes qui sont victimes de racisme, de ségrégation, de violation de leurs droits. L’Etat profite de la méconnaissance du droit par les étrangers, pour les foutre dehors comme des « chiens ». La situation est insupportable ! Tout ça, la préfecture préfère le mettre de coté. La préfecture ne respecte pas la loi en donnant des consignes au 115 (Samu social), qu’il n’y a plus de places. Violant l’article 345-2-2 du code social. »

Après 48 heures de résistance (aujourd’hui), ce lieu ne connaîtra pas d’expulsions pendant au moins un mois. Les trublions déclarent : « Il faut que nous trouvions à manger, des couches culottes, tout ce qui est nécessaire pour survivre, pour qu’il n’y est pas de soulèvement des familles, qui nous reprocheraient notre lutte. » C’est tout ce qu’on leur souhaite.

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Etienne Aazzab

Etienne a contribué depuis 2 ans dans le journal satirique FOUTOU’ART. Il a intégré l’équipe du « clic 2014 » : Collectif local d’informations citoyennes à partir de novembre 2013. Il rejoint le Lyon Bondy Blog à partir de janvier 2014.
Twitter : @AazzabEtienne

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