Samedi 19 décembre, la CGT UberEats/Deliveroo de Lyon a appelé à un nouveau rassemblement devant le McDonald’s de Charpennes, à Villeurbanne. Les livreurs enchaînent les mobilisations depuis le 30 octobre pour protester contre leurs conditions de travail. 

Débrayage des livreurs devant un restaurant de l’enseigne

Les confinements successifs auraient-ils contribué à visibiliser la cause des livreurs ? Si les livreurs n’ont pas observé de changement significatif au niveau du volume de commande pendant les confinements successifs , Ludovic Rioux en est persuadé. “Cela a rendu nos problèmes plus visibles auprès de la population. pendant les confinements ou le couvre-feu, on est les seuls à être dehors !”. Pour le secrétaire général du syndicat CGT UberEats/Deliveroo Lyon, la crise sanitaire a surtout mis en exergue un certain nombre des difficultés habituelles des livreurs :  “les arrêts maladies sont mal remboursés, les conditions de travail n’assurent ni santé ni sécurité en termes de transmission du virus, les travailleurs sans-papier ne bénéficient d’aucune des aides de l’Etat”…  Autant de doléances qui sont au cœur des revendications des coursiers depuis plusieurs semaines.

Depuis le 30 octobre, les actions se sont en effet multipliées à Lyon et rassemblement du 19 décembre était déjà le sixième consécutif. “Cela fait une mobilisation à peu près hebdomadaire, qui nous sert à construire le rapport de force en impactant économiquement les plateformes de livraison et leurs plus gros restaurants, qui appartiennent à des grosses chaînes, explique Ludovic Rioux. En se postant aux abords de ces restaurants, les livreurs souhaitent l’image des plateformes en cause et les impacter économiquement (en bloquant les sorties de commandes et en décourageant la clientèle). Lors de la grève du 13 décembre, soir du match opposant les équipes du PSG et de l’OL, une soixantaine de livreurs s’étaient ainsi mobilisés, bloquant les commandes “dans la moitié des Mcdonald’s de Lyon”.

En cherchant à construire ce rapport de force, le syndicat assume son scepticisme vis-à-vis de l’action de l’Etat, considéré à la solde des plateformes de livraison. “Le gouvernement mange dans la main des plateformes, analyse le représentant syndical. Elles constituent en réalité un laboratoire expérimental en termes de droit du travail et de casse des conflits sociaux”. C’est vers la justice que les livreurs ont préféré se tourner, en déposant six dossiers aux Prud’hommes. Si le processus devrait prendre plusieurs mois, Ludovic Rioux se montre plutôt confiant : “qu’on le veuille ou non, les conditions de travail des livreurs sont celles d’un travail salarié. Sauf que les contreparties qui vont avec le salariat en termes de protection pour les travailleurs, aujourd’hui on n’y a pas accès”.

Les livreurs ont d’ailleurs quelques motifs d’espérer des concessions de la part des plateformes. Ces derniers jours, leurs collègues stéphanois ont remporté une victoire symbolique en obtenant d’UberEats l’augmentation du minimum horaire et le retour de la prime de pluie.  

Des représentants syndicaux à la marche des sans-papiers, le 18 décembre 2020