[Interview] Sacha Forca, pour l’insertion par le sport- Partie 2

Sacha Forca, tête de liste apparentée Républicains, a accordé une interview au Lyon Bondy Blog. Restauration de la zone industrielle, insertion par le sport et transport sont les priorités de l’ancien du mouvement Chasse, pêche et traditions.

Comment fait-on pour se loger aujourd’hui à Vaulx-en-Velin, avec les prix de l’immobilier qui s’envolent ?

Effectivement, ça devient très compliqué de se loger, même à Vaulx-en-Velin. Je prends mon exemple : j’ai acheté une maison dans le sud de Vaulx à l’époque, je ne pourrais pas l’acheter aujourd’hui à 2400 euros le m², ce n’est pas possible. Et c’est le cas de beaucoup de Vaudais. Donc aujourd’hui, cela devient très compliqué d’acheter sur Vaulx-en-Velin, c’est pour cela que les immeubles qui sont à accès à la propriété, généralement, sont vendus et on les met en location. Donc, on en revient plus ou moins à un phénomène locatif et non de propriétaires purs et durs.

Concernant les logements sociaux, quel est le discours de votre liste ?

Aujourd’hui, un des problèmes de Vaulx-en-Velin, c’est les logements sociaux. On a le plus gros parc de logements sociaux de la métropole, avec environ 58% de logements sociaux. Madame Geoffroy a annoncé vouloir stabiliser ce taux. Elle les a augmentés au final, car on était à un peu plus de 50% du temps de Monsieur Genin. Aujourd’hui, on n’a pas mis les bailleurs sociaux devant leurs responsabilités. Et même pendant le mandat de Madame Geoffroy, pas uniquement à l’époque où on les a construits. On s’est porté garant du coût des crédits avec lesquels ils se sont endettés. Le parc n’a pas été renouvelé depuis les années 1970, je pense notamment au Mas du Taureau, qui aurait dû être renouvelé depuis bien longtemps. Cela aurait pu changer le paysage de ce secteur de Vaulx-en-Velin, et les gens ne se seraient pas sentis laissés à eux-mêmes. Au bout d’un moment, il faut mettre les bailleurs sociaux devant leurs responsabilités, ils encaissent un chèque : au bout d’un moment ils doivent faire des choses pour leurs locataires.

Que faire pour rendre la ville de Vaulx-en-Velin plus attractive ?

Nous avons le Carré de Soie qui attire du monde, de la Croix-Rousse notamment, et d’ailleurs. Malheureusement, ces gens vont vite partir. Pourquoi vont-ils vite partir ? Nos établissements publics sont dans un état lamentable. Nos clubs de sports sont à craquer, on sort des jeunes de haut niveau souvent, comme Nabil Fékir, il y a eu Kurt Zouma également. Et les jeunes aujourd’hui, ils s’identifient à eux. Sauf qu’avant de signer à l’OL ou à Chelsea, il faut les éduquer. Aujourd’hui, les bénévoles présents dans les clubs n’ont pas les infrastructures nécessaires. Alors, bien sûr, cela va être dans le programme de Madame Geoffroy. Plutôt que de rénover l’Hotel de ville, on aurait pu injecter deux millions pour construire un stade, ou rénover le stade Jomard. Cela aurait été plus judicieux. Nous avons également un club de rink hockey, il n’y en pas énormément en France. Ils jouent en élite, et quand on voit le gymnase, c’est malheureux. Quand on voit ce que sont capables de faire nos bénévoles auprès de ces jeunes, ils pourraient le faire à une échelle bien plus grande. Cela passe par de meilleures infrastructures. Aujourd’hui, ils ne les ont pas, faute à 40 ans de laxisme. Pour faire la comparaison, Troyes est une ville avec une grande équipe de foot, ils ont du basket, ils ont de tout. Et c’est à la même échelle que Vaulx-en-Velin, ils sont 60 000, et nous sommes 50 000. Nous n’avons pas su nous développer comme Troyes l’a fait. Aujourd’hui, notre ville pourrait être à la place de la Duchère. Avec le potentiel qu’on a dans nos quartiers, il y a beaucoup à faire. J’étais entraîneur de foot à l’US Vaulx, j’ai vu des perles rares. Si nous prenons l’exemple de l’Olympique Lyonnais, c’est exactement pareil. Il y a des jeunes qui ne demandent que ça, sauf qu’on ne peut pas les accompagner, car les infrastructures ne répondent pas à leurs attentes. De plus, le sport, c’est l’école de la vie. Ça nous apporte des valeurs, comme le respect, la volonté, l’entraide, le collectif. Avec l’effet Coupe du monde 2018, beaucoup de jeunes s’identifient à ces footballeurs. Aujourd’hui, ce qu’il faut, c’est un club qui tienne la route. Ça semble invraisemblable d’avoir un club sous audit financier. On ne peut pas gérer un tel club sans un regard de la mairie, alors qu’il est subventionné à hauteur de 200 000 euros. Le Service des Sports a un vrai rôle à jouer là-dedans. Il y a 3 semaines, le club s’est fait cambrioler tous les équipements. Pourquoi le club n’est pas sous alarme ? Ça ne coûte pas grand-chose, et pourtant personne ne l’a fait.

Comment lutter contre la précarité à Vaulx-en-Velin ?

Alors, je vais commencer par les étudiants. Nous avons lune des meilleures écoles d’architecture de la région (ENTPE), et pourtant c’est très compliqué d’être étudiant à Vaulx-en-Velin, notamment à cause du prix du m², qui est en hausse. Nous avons besoin d’une vraie direction politique sur ce sujet-là. Un vrai campus étudiant serait une solution, ce serait une sortie. Concernant le financement, il faudrait s’appuyer sur la région. Le campus numérique n’aurait jamais dû partir du côté ouest. Madame Geoffroy aurait dû s’investir là-dessus, mais elle n’est pas du même bord politique que Monsieur Wauquiez, le président de la région. Dans des cas comme ça, il faut dire « nous en avons besoin pour la ville », il faut savoir se vendre finalement.

Le taux de chômage à Vaulx-en-Velin était de 22% selon les derniers chiffres datant de 2016. Que faire pour relancer l’emploi ?

Si on arrive, comme je l’ai dit tout à l’heure, à désenclaver notre zone industrielle, de grosses entreprises pourraient s’installer. Mon but, c’est de faire un partenariat avec toutes ces entreprises. Je le vois en tant que père et en tant que chef de chantier : mes voisins viennent taper à ma porte pour un stage de 3ème. Donc je vais en prendre un, deux, trois, mais je ne pourrais pas en prendre beaucoup plus. Ce n’est pas normal qu’on impose des stages d’observation à des jeunes. D’un côté, je trouve ça bénéfique pour les collégiens, mais d’un autre côté il s’agit uniquement d’un stage « d’observation ». Les stagiaires ne peuvent quasiment rien faire. Je m’en rends compte dans mon milieu : à la période où ils mettent les stages, les jeunes ne peuvent rien faire, on est en hiver, il fait très froid et ils sont là, à regarder les maçons travailler. On doit trouver un partenariat ville-entreprise où nos enfants viennent. Quand un collégien vient dans la maçonnerie et qu’il accroche, ça me plait. Et la chose à faire serait de lui trouver un CFA, on essaye de le sortir. À Vaulx-en-Velin, on a 58% des jeunes de 16 à 24 ans qui arrêtent l’école ou qui ne font pas d’études supérieures. Il y a un souci à ce niveau-là. Si nos entreprises prenaient la décision d’accompagner les Vaudais, il leur faudrait un vrai parc d’activité. Aujourd’hui, ce parc n’est pas assez développé. Même quand on a de grosses structures, ils s’en vont, car ils ont un accès plus direct à Genève, à Grenoble, etc. Il faut une vraie dynamique. Meyzieu arrive à l’avoir, pourquoi nous ne l’aurions pas ? C’est dommage, car cette ville a un réel potentiel. En donnant une solution aux jeunes vaudais, ils ne vont pas se réfugier dans la vente de drogue, etc. Car à un moment donné, comme tout le monde, on va parler d’insécurité. Mais concrètement, on ne fait rien. Mettre un policier derrière chaque vaudais n’est pas solution, Madame Geoffroy en a fait l’expérience. Ça n’aidera pas les jeunes qui sont tombés dans un mauvais cycle.

 

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