A l’occasion du 8 mars, l’association Filactions qui a pour mission de lutter contre les violences conjugales et sexistes a organisé une visité guidée à travers Lyon.

 lyon au feminin

Le rendez vous est donné place Louis Pradel, à 17H30. A mon arrivée, un groupe d’une vingtaine de personnes est déjà sur place, majoritairement des femmes dont Maryvonne Bin-Heng, la présidente de l’association. Objectif de cette visite : découvrir les lieux qui rendent hommage, qui ont été témoin d’activités ou de combats de femmes qui ont marqué le temps.

Deux groupes sont ainsi formés. Alors que le premier part, les derniers retardataires arrivent. 17H45, il est temps pour le second groupe (le notre) de commencer la visite avec deux membres de l’association qui seront nos guides. Première étape, Rue Royale, dans le 1er arrondissement, à la rencontre de la mère Brazier, patronne de bouchons lyonnais. De son vrai nom Eugénie Brazier (1895-1977), elle est la  première femme à avoir obtenue 3 étoiles au guide Michelin. Après une brève et rapide description de celle-ci, retour place Pradel / Hôtel de ville pour s’arrêter devant l’un des plus beaux monuments de la ville des Gaules : l’Opéra. Un Opéra qui a accueilli Claire Gibault, l’une des rares femmes chefs d’orchestre dans le monde. Mais lors de « son passage » à Lyon, elle ne sera que l’assistante (1983-1989) de John Eliot Gardiner, alors directeur musical de l’orchestre de l’Opéra national de Lyon. Ce n’est qu’en 1995 qu’elle devient la première femme à diriger l’orchestre de La Scala à l’occasion de la création de l’Opéra La Station Thermale de Fabio Vacchi. Mais pas le temps de trop s’attarder car les autres lieux nous attendent.

Direction donc, cette fois-ci, les pentes de la croix rousse. Mais juste avant, arrêt Place des Terreaux où a vécu, celle que l’on surnomme « Notre-Dame-Des-Pleurs » en référence aux nombreux drames qui jalonnèrent sa vie, la poétesse Marcelline Desbordes Valmore (1786-1859). Notre visite se poursuit « au bas » des pentes de la croix rousse, à l’amphithéâtre des trois Gaulles. Lieu mythique où Sainte Blandine (177) , la jeune esclave, fut martyrisée en raison de sa foi chrétienne. « Elle sera suspendue par les bras et livrée aux bêtes, celles-ci n’en veulent pas. Exposée au gril, elle est roulée dans un filet de rétiaire (gladiateur armé d’un poignard et d’un filet) et livrée à un taureau sauvage, qui la lance en l’air avec ses cornes, puis on l’achève par le glaive. »

Arrivée en haut de la Croix Rousse, impossible de ne pas évoquer les ovalistes. « Ovalistes », cela ne vous dit peut être rien et pourtant, c’était le nom des ouvrières de la soie. Durant l’été 1869, 2000 ouvrières “ovalistes” se mettent en grève pour demander une augmentation de leur salaire et une diminution de leur temps de travail. Une grève qui durera 2 mois et qui marquera le monde féminin.

19H20, le jour s’est couché sur Lyon et il est temps pour notre groupe de redescendre vers le centre de Lyon, en longeant les quais de Saône. Prochaine étape, rue Emile Zola, non loin du théâtre des Célèstins. Aucune plaque n’est accroché au mur en hommage, deux magasins se trouvent au rez de chaussé, bref, un simple immeuble du centre ville. Et pourtant, dans cet immeuble a vécu et travaillé l’une des figures de la résistance lyonnaise : France Péjot. Et si, je vous dis qu’elle est en plus la mère de Jean Michel Jarre, je suis certaine que cela vous parle déjà un peu plus. Née à Lyon en 1914, elle a été membre du mouvement de résistance Franc-Tireur et a été déportée à Ravensbrück.

Il est déjà 20h, il est temps que la balade se finisse car la fatigue commence à se faire sentir. Pour clôturer cette visite, nous nous arrêtons rue de la Belle cordière à la rencontre de la poétesse lyonnaise Louise Labé. Une poétesse plutôt « osée » pour l’époque (la Renaissance).

Bien sûr, même si la visite est terminée, de nombreuses autres lyonnaises ont laissé leur empreinte dans notre ville, sans être pour autant connues du grand public :  Juliette Récamier, Christine Pascale, Chlotilde Bizolon, Francoise-Hélene Jourda, La Marquise de Sévigné…

Filactions organise une autre visite guidée ce samedi 12 mars à 15h.

Réservation Obligatoire au 04.78.30.63.50 ou à filactions@gmail.com
Prix : 5 euros tarif plein / 3 euros tarif réduit (étudiants, groupes, chômeurs)

 

La rédaction

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