Le 12 juin dernier, la journaliste et co-fondatrice de WeReport, Daphné Gastaldi a rencontré les jeunes talents du Lyon Bondy Blog. Un passage durant lequel elle a pu échanger avec les rédacteurs, délivrer des conseils et partager ses expériences dans son métier de journaliste. Proposant des sujets aux médias, elle travaille en tant que pigiste pour des médias comme Libération, RCF, RFI, WeReport, ou encore Médiapart.

Passionnée du journalisme, Daphné Gastaldi vient également de publier un livre intitulé « Église, la Mécanique du Silence », proposant des enquêtes novatrices sur des sujets encore sensibles à ce jour.

 « Il faut donner un peu de soi »

En répondant aux questions des journalistes en herbe, elle décrit le journalisme comme un métier passionnant et ajoute : « il faut donner un peu de soi ». Nous devons nous rendre compte de la difficulté du métier, qui demande une quantité de travail importante et la nécessité parfois de faire des sacrifices. Selon Daphné, pour exercer au mieux cette profession, il faut avant tout avoir la passion du métier. Elle prend notamment l’exemple d’un sportif de haut niveau qui, à la fin de sa carrière, peut se reconvertir dans le journalisme sportif.

Concernant la question que se posent bon nombre de futurs journalistes sur le parcours à suivre pour exercer le métier, faire une école de journalisme n’est pas un impératif pour Daphné Gastaldi. En effet aujourd’hui, près de 78% des journalistes sont issus d’un cursus universitaire, contre 15% d’une formation reconnue par la CPNEJ (Commission paritaire nationale pour l’emploi des journalistes).  Diplômée de la faculté de littérature et d’histoire, Daphné considère néanmoins que suivre une formation dans une école spécialisée est important pour se constituer un bon carnet d’adresse. Elle souligne également l’importance d’avoir une culture générale afin de pouvoir se spécialiser plus facilement dans divers domaines.

WeReport : Premier collectif de journalistes lyonnais

Créé en 2014, Daphné Gastaldi fait partie des co-fondateurs de « WeReport », le premier collectif de journalistes indépendants lyonnais. Ils accueillent les journalistes indépendants ayant la même éthique et les mêmes envies du métier.

Quant aux journalistes indépendants, « ils s’intéressent aux sujets qui touchent aux domaines des droits de l’homme ou de l’intérêt public », déclare Daphné Gastaldi. Payé à la pige, même si le pigiste profite d’une totale indépendance, il se retrouve cependant dans l’incertitude au niveau financier. Etant consciente de cette réalité, la journaliste précise que « la fiche de paie d’un pigiste ne correspond pas toujours à la réalité du travail effectué », car certains sujets nécessitent parfois de s’y consacrer nuits et jours.

Une profession ambiguë

Concernant la neutralité du journaliste qui fait encore débat aujourd’hui, Daphné Gastaldi avoue que les orientations d’un journaliste peuvent être objectives mais elle ajoute également qu’être objectif est quasi impossible à cause d’une culture acquise qui influence la façon d’utiliser les mots et la façons de penser.

Conseils aux jeunes journalistes

Daphné Gastaldi n’en oublie pas de donner quelques conseils aux jeunes journalistes. Connaissant l’importance des contacts dans le métier, elle met l’accent sur les diverses sources qui crédibilisent le travail de recherches du journaliste. Et c’est justement dans ce contexte qu’elle précise l’importance du carnet d’adresse. Néanmoins, elle ne cache pas le fait que les réseaux sociaux facilitent aujourd’hui les prises de contacts. Pour conclure, Daphné Gastaldi a tenu à insister sur un point fondamental que rencontre tout journaliste : la relecture d’articles après des interviews. « Il ne faut jamais faire relire ses articles » souligne-t-elle. L’astuce pour éviter tout erreur de compréhension, reste l’enregistrement audio de l’interview pour avoir la preuve des propos tenus par l’interlocuteur.