Dans le cadre de sa tournée européenne pour défendre son dernier album Raise Vibration, Lenny Kravitz était à la Halle Tony-Garnier ce jeudi. L’artiste américain a livré un spectacle aux accents humanistes mais trop inégal.

Même s’il n’est pas utile de s’acharner, la première partie ne laissera pas un souvenir impérissable au public. Lancée à 20h pétante, la Californienne Annahstasia Enuke n’a pas vraiment réussi à convaincre malgré une énergie débordante. Pas certains que les fans de grunge présents dans la salle aient appréciés sa reprise de Smells like teen spirit.

Une mise en scène trop simpliste mais variée

Alors que les instruments et les amplis dégagent des panaches de fumées depuis de longues minutes, Lenny Kravitz fait son apparition sur scène. Le show débute sur un air électro mais cède rapidement la place à la guitare rageuse. Celle-ci étant balancée par un trio de cuivres (2 saxophones et 1 trompette) et secondée d’une très présente et efficace batterie. Malheureusement, le public présent en gradin n’aura eu le droit qu’à l’audio : aucun écran géant n’ayant été déployé dans la salle. Aucune image ne sera projetée et le public sembla éteint même lorsqu’il s’agit de reprendre des tubes comme American Woman ou It Ain’t Over Til It’s Over. A la fin de la première chanson citée, la guitare rock laisse place au style reggae, lumières jaune, rouge et verte à l’appui. Lenny Kravitz reprend alors l’une des phrases les plus célèbres de la chanson mondiale : « Get up, stand up : stand up for your rights ! » de Bob Marley, comme un hommage 38 ans après la disparition de l’artiste jamaïcain.

Une fin de show politique

L’album Black and White America, sorti en 2011, racontait l’enfance la relation contrariée de ses parents qui formaient un couple interracial. Un amour risqué à l’époque comme le chantait l’artiste : « In 1963 my father married / (A black woman) / And when they walked the streets, they were in danger / (Look what you’ve done). La chanson éponyme ne faisait pas partie du spectacleRaise vibration est surtout un hommage aux idoles de l’artiste qu’étaient Michael Jackson et Prince. Ce qui ne l’a pas empêché de signer un rappel très politique avec plusieurs titres sur les violences policières ou le racisme. L’artiste a terminé la soirée en s’offrant un bain de foule jusqu’en bas de la tribune faisant face à la scène de la Halle Tony-Garnier. Un simple faisceau lumineux permettait de déterminer la position de l’artiste noyé dans la foule alors qu’il dégainait les incitations à s’aimer les uns, tel un pasteur.