Après 18 ans d’absence en France et plusieurs dates parisiennes l’an dernier, le ballet Igor Moïsseïev vient de terminer sa tournée française par Lyon. L’occasion de faire découvrir à la nouvelle génération les danses traditionnelles du monde entier interprétées par ce célèbre ballet russe.

Danse Tzigane photo E.Masalkov

Parmi les 200 chorégraphies existant dans le répertoire du ballet, seul 14 ont été retenues pour cette tournée française. Pendant 4 jours, le public lyonnais est venu en masse. Durant plus de 90 minutes, les 70 danseurs enchaînent les différentes danses. Bien évidemment quoi de mieux pour ouvrir le bal et se mettre dans l’ambiance que de débuter par les « Danses Russes : Eté ». Commence alors pour la première partie du spectacle un voyage à travers les différentes ex-républiques de l’URSS. De la Russie, on s’envole en Kalmoukie, une République du nord-ouest de la mer Caspienne. Trois danseurs vêtus de noir interprètent des Kalmouks, ces nomades descendants des Mongols « libres comme les oiseaux du ciel ». S’enchaînent « la danse guerrière Adjare », une République autonome d’Adjarie au sud de la Géorgie, la « Suite Moldave » ou encore « un vieux quadrille citadin ». La fin de la première partie se termine par l’une des pièces la plus connue : « Les Partisans ». Un pur chef d’œuvre! Créée en hommage aux montagnards de la régions nord du Caucase qui s’allièrent pour combattre les nazis pendant la seconde guerre mondiale, la scène est marquée par l’entrée des éclaireurs qui glissent sur le sol dans leurs longues capes noires. Pourtant aucun « moyen de locomotion » n’est utilisé, tout est dans le travail des pas précis et rapides qui donnent cette impression de glisser comme sur de la glace.

Danse autour du monde

Puis, c’est au tour de la deuxième partie. On embarque immédiatement sur un navire en compagnie de marins « robotisés »  avant de faire un détour par la Biélorussie et de s’asseoir autour d’un feu de camp tzigane à la tombée de la nuit. Quelques minutes plus tard, c’est en Amérique du Sud que nous faisons escale pour la Suite Mexicaine et le Gaucho (référence aux gardiens de grands troupeaux). Mais il est temps de reprendre la direction à nouveau de la Russie. Cette fois-ci, pas de danse ni de musique au programme mais une lutte entre deux enfants du peuple Nanaï. Le danseur habillé d’un costume représentant deux enfants intrigue le public. Un jeu se crée alors entre lui/eux et les spectateurs. C’est en « Gopak », une danse traditionnelle ukrainienne que se termine le spectacle devant un public debout. Pour Emma (18 ans), Maxime (19 ans) et Ana (19ans), tout trois au Conservatoire National Supérieur Musique et Danse de Lyon, le ballet Moïsseïev est une première. Une expérience qui s’avère plus que positive pour ces trois jeunes danseurs : « C’est une technique à part entière, les placements, la précision, l’énergie. Ils sont à fond physiquement. Cela donne le sourire et envie de danser ».

A l’origine, une académie des Républiques Socialistes 

C’est en 1937 que l’Ensemble Académique d’Etat de Danses Populaires voit le jour. Crée par Igor Aleksandrovitch Moïsseïev, danseur et chorégraphe de renom, c’est à la suite d’un périple à travers toutes les républiques de l’URSS qu’il décide de « promouvoir, au niveau artistique, l’expression de danses populaires du folklore des Républiques Socialistes ». S’en suivront des danses du monde entier telles que le Sirtaki (Grece), la Tarentelle (Italie), la danse Égyptienne ou Chinoise. Considéré comme le plus grand chorégraphe de danses traditionnelles du siècle, il a crée en 1943 sa propre école située à Moscou avec un enseignement complet (danse classique, acrobatie, mime théâtre), appliquant les méthodes de travail des compagnies classiques à la danse folklorique. Disparu en 2007 à l’age de 101 ans, Igor Moïsseïev aura dirigé jusqu’à la fin la compagnie qu’il a fondée.

En interview pour le LBB : l’actuelle directrice du ballet explique comment perpétuer la tradition Moïsseïev

La rédaction

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