Ce jeudi 14 novembre s’est tenue une manifestation inter-syndicale des travailleurs de la santé et des pompiers. Environ 1700 à 2000 personnes selon la CGT – 900 selon la police – étaient présentes pour le parcours d’Edouard Herriot jusqu’à la préfecture. L’occasion pour les syndicats et les manifestants de protester contre les coupes budgétaires et la dégradation des conditions de travail dans le secteur de la santé. Une délégation de plusieurs représentants a été reçue par la préfecture pour aborder le sujet.

C’est sous une pluie battante que les syndicats et le personnel de la santé se sont retrouvés à l’entrée de l’hôpital Edouard Herriot. L’inter-syndicale lyonnaise regroupe : le Comite-Inter Urgence du Rhône, CGT santé et action sociale du Rhône, CFDT santé sociaux du Rhône, SUD Solidaire santé sociaux du Rhône. Pour représenter les pompiers, ce sont la CGT SDMIS et SUD Solidaire SDIS qui sont présents. Malgré la météo peu favorable, c’est une manifestation d’ampleur rarement vue. Elle regroupe : les hôpitaux, les EPHA/EPHAD, le SAMU, les centres sociaux, ainsi que les étudiants de la santé. Thomas Laurent, infirmier représentant CIU du Rhône et CGT HEH, a accepté de répondre aux questions du LBB :

 

 

C’est autour de 14h30 que le cortège part de la place d’Arsonval et se dirige en direction du cours Albert-Thomas (Lyon 3ème). Les sirènes des pompiers retentissent. Des fumigènes sont allumés. La CGT prend la tête du cortège et la CFDT le ferme. Au bout d’une heure environ, les travailleurs et les étudiants de santé arrivent devant l’ARS (Agence Régionale de Santé). On peut entendre scander : “ARS, Buzyn, Assassins !“. Ensuite, la fin du parcours se fait à la préfecture où est attendue une délégation comprenant notamment des représentants du collectif Inter-urgences, du collectif inter-hôpitaux, et de syndicats de pompier.

Sur le chemin, le LBB a croisé certains manifestants coupant court à la manifestation pour rejoindre leur établissement de soin à la personne. En effet, le secteur de la santé possède une situation difficile concernant ce genre de mobilisations : il est impératif de continuer de soigner les patients. Cependant, pour beaucoup, être présent est essentiel : la dégradation des conditions de travail a un impact direct sur la qualité des soins donnés aux personnes.

Jaqueline – infirmière hospitalière depuis 24 ans – nous a livré un témoignage avant de repartir s’occuper de ses patients :

« Je suis de toutes les manifestations […] pour dire que ce n’est plus possible de travailler dans des conditions comme ça dans l’hôpital, c’est à dire des suppressions de poste de ceux qui partent à la retraite, une charge de travail qui augmente de plus en plus […] ce qui m’a choqué et que je n’ai pas avalé, c’est quand dans les années 90, début 2000, on a fait rentrer à l’hôpital la notion de rentabilité. Je fais mon métier par passion pour pouvoir soigner du mieux possible les personnes. Et aujourd’hui, on nous a mis dans une situation, nous les soignants, que ce soient les infirmiers, les médecins, les aides soignantes, les ASH, où l’on nous a étouffés. Nous, on ne vend pas des cacahuètes, on est là pour la santé. Aujourd’hui, on peut arriver aux urgences et mourir parce que les personnels soignants n’ont plus la possibilité de soigner comme ils le devraient. On ne peut ne pas accepter cela par rapport à l’éthique de notre métier. »