La boutique de proximité de la SNCF à Masséna doit fermer ses portes ce jeudi soir. Un événement qui fait plus de malheureux que d’heureux, puisque les employés se retrouvent dans des situations peu stables. Mais surtout, c’est toute la clientèle de la boutique qui subit.

Après une quinzaine d’années d’ouverture, la boutique de proximité de la SNCF de Vitton, à Masséna, cesse son activité en cette fin de semaine. Une fermeture brute, les employés n’ayant pas encore de véritable solution de secours, à quelques heures de la fin.
Cela va faire presque cinq ans que Lisa Gaudin travaille dans cette boutique. Déléguée Unsa Ferroviaire, elle reçoit des clients qui viennent acheter leurs billets de train en avance, pour éviter le monde dans la gare ou de le faire sur Internet, ou même chercher de l’aide en cas de soucis sur le net. Une clientèle essentiellement sénior, mais aussi des familles et des jeunes à la recherche de conseils.
Dernière boutique hors-gare de la ville, c’était jusque là un lieu de praticité et d’échanges pour les habitants du quartier. Mais l’annonce de la fermeture, si soudaine, n’est pas bien accueillie. Surtout quand les employés n’ont que quelques jours pour se repositionner sur d’autres lieux ou postes, au lieu d’au moins un mois. Son collègue, qui devait peut-être rejoindre le poste de contrôleur, ne le fera pas, déclaré inapte il y a quelques jours. Son départ de l’agence est donc annulé, mais celle-ci doit toujours mettre la clé sous la porte. Ou encore que la fermeture, prévue pour le vendredi, est décalée au jeudi la veille même. 
Un départ agité pour les employés qui devaient venir le vendredi, mais aussi pour les clients qui avaient rendez-vous ce jour-là et qui devront annuler. Jeanne* est une cliente régulière de la boutique. Personne âgée, la boutique était jusque-là une alternative agréable : « C’était un lieu de convivialité pour les personnes d’un certain âge, qui pouvaient s’assoir et n’étaient pas stressées par le temps ».
Pour Lisa Gaudin, la fermeture de la boutique ne se déroule pas comme elle devrait : « Cela montre pour moi de l’irrespect au niveau des clients, parce qu’on n’a pas le temps de prévenir tout le monde. Et aussi cela montre aussi grandement une erreur d’inadaptabilité de la part de la direction, qui aurait pu prévoir un calendrier et être transparent dessus, disant qu’à partir du moment où il ne resterait plus qu’un seul agent à la boutique, ils enclencherait un plan de fermeture. Laisser un délai de prévenance d’au moins un mois, peut-être. Mais laisser neuf jours à deux employés pour se reclasser, je trouve que c’est de l’irrespect aux clients  ».
Si les trains n’arrivent pas toujours à l’heure à la gare, il est sûr que la fermeture de la boutique est elle bien en avance, trop même.

*Prénom modifié 

La rédaction

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