Au soir du premier tour, les deux candidats sortant Emmanuel Macron et Marine Le Pen se lancent dans une longue parade pour séduire un maximum de Français avant le 7 mai.  Rencontre avec Jean-Lin Lacapelle, secrétaire national aux fédérations et à l’implantation du Front National.

Le membre du Front National se réjouit d’avoir sa candidate au second tour des présidentielles en qualifiant les résultats de « très bons ». «On a atteint notre objectif d’être qualifié au second tour ». Un second tour menacé par la concurrence d’Emmanuel Macron. Mais le soutien de Marine Le Pen reste serein quant à l’avenir de cette dernière et espère que son parti pourra « accéder aux fonctions de l’Etat pour appliquer le programme de Marine Le Pen »

L’attaque de la gauche

La majorité des candidats, exclus suite au premier tour, ont pris la décision d’appeler à voter Emmanuel Macron, comme François Fillon et Benoît Hamon, pour contrer le Front National. Seulement un candidat, le candidat de Debout la France, a décidé de se rallier au Front National. Un choix peu surprenant pour Jean-Lin Lacapelle, car « ce n’était pas une opposition très forte »  avec des idées qui se rapprochent sur « 90 % » de leur programme. «  On a toujours dit que Nicolas Dupont-Aignan est celui qui se rapprochait le plus de nos idées » continue M. Lacapelle. Un aveu surprenant sachant l’accord, politique et financier, entre la candidate aux présidentielles et le créateur de Debout la France, depuis 1999. De plus ce dernier déclarait durant sa campagne, que le programme de Marine Le Pen « n‘était pas assez sérieux » à Le Point.fr.  Une alliance attendue pour le Front National qui, contrairement à Emmanuel Macron, ne s’allie pas avec des soutiens «  aux antipodes les uns des autres » ajoute le secrétaire. « On ne s’est pas rendu compte que ces gens-là tiennent un système et qu’ils sont prêts à tout pour garder leurs petits privilèges, leur petite place » dévoile Jean-Lin Lacapelle. « Marine dénonce cette oligarchie, elle a raison, nous l’avons grâce a eux ». Il revient également sur le soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron, souhaitant intégrer sa majorité gouvernementale. «Macron a dit qu’il était prêt à l’intégrer dans sa majorité s’il est élu» rapporte l’adhérent au parti. Une affirmation qui s’est vérifiée fausse, le candidat d’En Marche ! n’a pas l’intention de l’intégrer à son gouvernement.

Des paroles approximatives

Quant à la question sur la formation du gouvernement, ils espèrent avoir « un grand gouvernement de rassemblement national ». Jean-Lin Lacapelle rappelle que sa candidate ne veut pas «  diviser le peuple français » mais « l’incarner, le défendre ». « Aujourd’hui, nous avons 8,8 millions personnes qui vivent avec moins de 1000 euros par mois » complète-t-il. Un chiffre approximatif car en réalité le nombre de personnes vivant avec 964 euros par mois est de 8,6 millions, d’après Le Figaro. Un chiffre extrapolé aussi sur le nombre de chômeurs estimé à « plus de sept millions » par Jean-Lin Lacapelle, alors que la France en compterait seulement plus de 6 millions en mars 2017. Une incertitude sur les chiffres de la vie économique française qui semblent influencer le phénomène de trouble et de peur qui parcourent les pensées des français.

Les membres du Front National s’évertuent à désigner Emmanuel Macron comme l’héritier de François Hollande. Un propos confirmé par Jean-Lin Lacapelle quand on l’interroge sur ses postes sur Tweeter : «  Depuis le départ M.Macron est le petit bébé de Hollande, son petit poulain. Sous son ministère, il y a eu 380 000 chômeurs supplémentaires ». Des propos infondés car entre son arrivée et son départ, il y a eu 91 000 chômeurs de la catégorie A en plus. Le Front National  cherche-t-il, à tout prix,  à décrédibiliser l’adversaire ? Le soutien de Marine Le Pen continue en détaillant 100 milliards de dettes supplémentaires durant son mandat alors que les chiffres démontrent 30,7 milliards supplémentaires au 30 septembre 2016 pour la dette négociable à long terme et une diminution de la dette obligatoire à  court terme  de 1,7 milliards d’euros.  Le mépris entre les deux partis est clairement visible : « le très bon bilan de M. Macron, et je suis ironique bien sûr […] » dit-il en donnant ses nombres.

« Marine Le Pen est la candidate des patriotes français »

En revenant sur le débat agité qui a opposé les deux candidats ce mercredi 3 mai, Jean-Lin Lacapelle repousse l’idée que Marine Le Pen ait joué sur la provocation : « Macron qui a invectivé Marine Le Pen ». « Quand Macron traite Marine Le Pen de parasite, il montre autre chose » dit-il en comparant les tactiques de déstabilisation établie par les deux candidats lors du débat. D’après M. Lacapelle, elle n’a pas eu le temps d’exprimer ses 144 engagements mais elle a exprimé assez d’idée pour que «  les français s’en souviennent ». Un enchaînement d’attaques qui pourrait faire croire à une campagne à la Donald Trump. Seulement, le parallèle entre le dirigeant américain et la candidate du Front National vient du « patriotisme » et des « similitudes programmatiques ». En effet, le secrétaire des fédérations affirme que Mme Le Pen est « la seule à pouvoir tenir des relations constructives avec Donald Trump,Vladimir Poutine et certains nombres de leaders européens ».

Un parti soudainement réuni

L’évocation d’un possible retour de Jean-Marie Le Pen au sein du parti est claire et précise : « Son retour n’a jamais été d’actualité. Il y a une rupture définitive » atteste Jean-Lin Lacapelle. De même ses relations avec Marion Maréchal Le Pen ne semble pas compromettre la conception du Front National qui «  partage la même vision politique » que sa tante. « Dans une famille il peut y avoir des points de divergences, alors dans le premier parti politique de France il peut y en avoir aussi » explique l’adhérent à l’extrême droite. Un parti soudé dans les dernières heures de la campagne.

Ce que le parti veut diffuser pour permettre à Marine Le Pen de devenir présidente, c’est l’engagement d’un futur meilleur : «  Les gens comprendront très rapidement ses promesses. Elle continuera à conquérir les électeurs ». «  C’est un référendum proposé aux français » continue M.Lacapelle, « Est ce que vous voulez voter pour la France ou contre ? Ce qui fera basculer les choses, c’est la prise de conscience et le sens de la responsabilité des électeurs français ».

« J’espère que les français seront matures et responsables dimanche soir »