Candidat Un Nouvel Elan pour les élections municipales de Villeurbanne, Clément Charlieu veut redonner du dynamisme à la ville. Le Lyon Bondy Blog l’a rencontré. 

Avez-vous quelque chose à ajouter sur votre vision des transports actuels à Villeurbanne ?

Les transports à Villeurbanne maillent très bien la ville d’Est en Ouest grace au métro A qui permet de traverser la ville en intégralité. C’est plus problématique quand il s’agit de créer l’axe Nord-Sud. Il y a également des quartiers, comme nous l’évoquions toute-à-heure, qui malheureusement ne sont que trop peu desservit, je pense à Saint Jean qui n’a que deux bus, le bus 7 et le bus 37, qui sont des bus dont les fréquences sont trop peu importantes. Le week-end, vous avez un bus toute les 40-45 minutes pour aller à Saint Jean, comment voulez-vous que ces habitants se sentent intégrés dans une ville quand malheureusement ils ne peuvent pas prendre les transports en commun de manière plus soutenus. Si on veut intégrer toute la population dans la ville de Villeurbanne, il nous semble indispensable que ce soit la ville qui aille vers les habitants et pas l’inverse. Il faut repenser la ville de manière moins centralisé parce que, parmi ce que je considère comme un échec de Jean Paul Bret, il y a eu cette volonté de faire des Gratte-Ciel un super-quartier-centre de Villeurbanne, ce qui est le cas aujourd’hui, quand on sort à Villeurbanne, on va au Gratte-Ciel. Ce que nous aimerions et ce que nous portons dans notre projet, c’est une décentralisation de la ville car la vie de quartier est en train de mourir petit à petit. L’objectif est de ramener la ville au plus près de ses habitants et de faire en sorte qu’il y est des vies de quartier un peu partout.

Sur le vélo vous avez évoqué vous voulez plus de pistes cyclables ?

Oui, et on veut les sécuriser aussi. On peut favoriser les doubles-sens cyclistes qui existent. Malheureusement, il n’y en a que trop peu. Soyons réalistes, on ne peut pas les généraliser, parce qu’il y a certaines rues qui ne le permettront pas.
Il a quand même des choses à faire : le fait de bien baliser des voies cyclables, de faire en sorte qu’il y ait des poteaux de protections qui empêcheraient les voitures finalement de mordre sur la piste cyclable, tout cela serait un bon moyen de protéger les cyclistes, et vice-versa. Les automobilistes ont parfois affaire à des cyclistes un peu casse-cous.

Envisagez-vous d’installer de nouvelles bornes Vélov ?

Villeurbanne est plutôt bien desservie là-dessus. On pourrait envisager autre chose aussi, comme des racks à vélo, qui n’existent pas aujourd’hui. Et puis quelque chose qui n’existent pas du tout, pour lequel nous aimerions apporter une action concrète, ce sont ses parcs de stationnement vélo dédiés qui pourraient même être des parcs souterrains Cela n’occupera pas trop d’espace publique. C’est nécessaire car on a malheureusement déploré beaucoup de vols de vélos. Cela n’incite pas les gens à utiliser leurs vélos, or on doit aussi garantir. L’instauration et la multiplication potentielle de parcs dédiés, de stationnement pour les vélos nous semble une bonne option. On peut aussi favoriser l’usage du vélo personnel, en ayant des endroits où chaque usager peut garer, stationner son vélo sans difficulté et sans danger.

Que pensez-vous de la desserte de certains quartiers ?

Je vous ai évoqué le quartier des Buers-Les Brosses, il y aussi le quartier de Vaulx-en- Velin La Soie. Même s’il y a le métro, le tramway et plusieurs bus, il y a une sorte de « No Man’s Land » à Vaulx-en-Vélin et Cusset. Ce No man’s Land, c’est notamment le quartier de Bel-Air Les Brosses, mais aussi Grand-Clément. Il y a des dessertes et des fréquences qui ne sont passez importantes. On ne va pas favoriser l’usage du vélo comme alternative à la voiture, si on n’a pas des stations de vélov, des racks à vélo ou des stationnements qui permettent aux usagers de tranquillement s’en servir et les sécuriser.
Nous militons pour que le T6 passe par l’Est de la ville par Gratte-Ciel.
Je suis d’ailleurs heureux car quand j’ai annoncé ma candidature en septembre dernier, je me suis positionné publiquement pour le tramway T6 a l’est de la ville. En septembre 2019, le tracé aux Gratte-Ciel était acté. Finalement, cela a fait du buzz, des candidats ont commencé à dire que ce n’était pas si bête. Le SYTRAL a décidé de temporiser et d’attendre les élections pour attendre et voir ce que le prochain maire allait décider. J’ai pour l’instant cette fierté de pouvoir dire que le tracé du tramway du T6 a été très bien perçue et très bien vécue par toute cette population de l’Est de Villeurbanne. Nous avons été les premiers à penser aux villeurbannais qui vivent là-bas. Même les habitants des Gratte-Ciel nous remercient. Il n’y a besoin de surcharger encore ce quartier. On veut penser notre ville dans une optique de décentralisation, et c’est que nous portons avec Un Nouvel Elan.

Certains quartiers sont en pleine gentrification quand d’autres sont complètement délaissés. Comment est-ce que vous vous positionnez dessus ?

Il y a une différence très nette du prix du mètre carré aux Gratte-Ciel et à Saint-Jean ou d’autres quartiers à Villeurbanne. Il faut rééquilibrer le coût du logement et inverser la courbe. Aujourd’hui il y’a une raréfaction de l’offre et donc une augmentation significative du coût de l’immobilier au mètre carré.
L’idée, et là encore on est sur cette logique de décentralisation, c’est de recréer les vies de quartiers partout. Nous avons des grands projets pour Villeurbanne.

Nous voulons instaurer tous les ans une grande cause municipale annuelle. On aimerait que le maire puisse s’appuyer sur une concertation citoyenne. Donc ce sont les villeurbannais qui choisissent en fin d’année quelle sera la grande cause municipale annuelle qui sera portée tout au long de l’année qui suit. Cette grande cause municipale, est choisie sur la base d’un référendum citoyen, où l’on va proposer sur une grande liste des thèmes de société. Et une fois ce thème validé par le référendum, le maire l’annonce en début d’année suivante.
Cela peut être une grande cause du handicap, de l’éducation populaire, la mobilité douce et la pratique du vélo. L’idée est d’embarquer tous les quartiers et de ne plus centraliser aux Gratte-Ciel les festivités et lieux de ces grandes causes.
Le fait de favoriser l’émulsion et de la mettre en place partout dans ses quartiers amènera certaines personnes à se dire “je peux vivre bien ailleurs qu’à Gratte-ciel”. Il faut aussi penser à la mixité sociale. Elle est indispensable, dans certains quartiers. Elle n’est plus respectée, et on le voit dans l’école publique. Il faut harmoniser, parce qu’on décentralise et qu’on amène les possibilités existantes en étalant.

Comment remédier à la hausse des loyers à Villeurbanne ?

Il y a déjà un constat, c’est l’augmentation significative du nombre de logements vacants à Villeurbanne. C’est un problème car cela tend à raréfier l’offre immobilière et donc mécaniquement augmenter le prix des loyers. Donc une des actions que doit impulser le maire lors de son prochain mandat, c’est justement de pouvoir bénéficier et d’agir sur cette « AirBnB-sation » du parc immobilier résidentiel Villeurbannais. Il est indispensable que les bailleurs puissent de nouveaux louer, et vendre des biens qui sont aujourd’hui complètement vide. Cela passe aussi par une politique agressive en notre sens de rénovation des logements. Ce qui coûte cher aujourd’hui ce sont les isolations parfois mauvaises. On doit améliorer aussi la construction, la qualité des matériaux utilisés. Il faut faire en sorte qu’ils soient suffisamment éco-responsables pour pouvoir faire une économie d’échelle significative. Ce que nous souhaitons, c’est que chacun dispose d’un logement décent dans notre ville car c’est une question de dignité humaine. La politique de la ville doit être évidemment en phase avec ces inspirations.

Est-ce que vous voulez créer des logements sociaux ?

Il y a26,8% de logements sociaux à Villeurbanne, donc le SRU est complètement respecté. Plutôt que d’en construire plus, l’idée serait d’en harmoniser à l’échelle des quartiers, car aujourd’hui les logements sociaux occupent quasiment 50% du parc immobilier tandis que d’autres quartiers, ils sont quasiment absents.
Cette logique de mixité sociale doit être plus respectée et mieux aboutie. Il nous parait plus préférable de créer une ville plus harmonisée, et d’éviter cette ghettoïsation par la densité élevée des logements sociaux. Il nous parait plus évident d’harmoniser la ville plutôt que de créer plus de logements sociaux, il y’en aura de nouveaux dans les 8-10 prochaines années. Pour le moment il y en a suffisamment.

Comment aider les étudiants en situation de précarité ?

Nous avons discuté avec l’association Gaelis, qui représente les intérêts étudiants et qui est un des grands syndicats étudiants. Nous avons formulé une proposition qui figure dans notre profession de foi, pour favoriser la colocation étudiante à bas coût. Notre projet s’inspire des Pays-Bas. On n’a pas la volonté de parquer des étudiants sous prétextes qu’ils sont étudiants, l’objectif est de réduire à un coût ridicule. A Villeurbanne vous avez le campus de la Doua, avec ces IUTs et ses différentes sections qui s’y trouvent. Cela représente à l’échelle de la ville 35.000 étudiants, ce qui est colossal pour une ville de 150 000 habitants. Nous voulons favoriser la colocation étudiante à bas coût, avec cette idée que nous sommes les seuls à porter, avec une réhabilitation complète des containers autosuffisants en énergie, qui sera proposé en priorité aux étudiants dont la famille n’a pas les moyens de subvenir aux besoins.

Comment aider pour l’aide à l’emploi ?

Il faut réécrire l’histoire industrielle de Villeurbanne.
Villeurbanne a été il y a 50 ans un grand bassin industriel, avec des a côtes qui ne sont pas forcément adapté à l’époque où nous vivons. Aujourd’hui l’industriel a cette image de saleté, non écologique. Notre mission est d’imaginer Villeurbanne dans les 10-15 ans comme un futur grand hub de l’industrie, il faut ramener des emplois à Villeurbanne et donc favoriser le retour, d’entreprises qui vont devenir un bassin d’emploi pour les villeurbannais.
Ce que l’on a envisagé notamment c’est fournir un label emploi à ces entreprises. On va leur donner ce label qui permet des abattages fiscaux. Autre aspect, c’est ce qu’on appelle les pépinières. On part du principe qu’à Villeurbanne toutes les conditions sont réunis : on a une université, un grand corps unitaire ainsi que les enseignants, des PME présentes. Il y a aussi les services techniques qui normalement ont les compétences, et l’idée est de créer des espèces de HUB, notamment dans des quartiers assez délaissés. L’idée est que l’on puisse former des personnes qui sont justement dans une formation professionnelle et qui ont besoin de débouchés d’emplois. On peut même ramener vers l’emploi des personnes en reconversions professionnelles. Cet outil industriel est mis à disposition par la commune et les acteurs privés qui s’associent avec le secteur privé a ce projet.
Ce que l’on veut, c’est favoriser un emploi villeurbannais, par le recrutement de la part de ses entreprises basées sur Villeurbanne qui recrutent des villeurbannais
Ce que l’on veut c’est que dans 20-30 ans Villeurbanne soit redevenu une grande ville industrielle, dans la tendance et la mouvance de l’époque. C’est-à-dire, des industries vertes, des industries propres, des industries qui ne sont pas consuméristes en énergies et qui justement qui vont proposer des projets qui sont innovants technologiquement.

Quelles sont les alliances envisageables pour la suite ?

On me demande de faire de la politique politicienne. Je ne vais pas répondre, simplement parce qu’il nous parait trop compliqué aujourd’hui de faire de la politique fiction. Un sondage est apparu hier, nous sommes à 8%. Nous ne sommes pas trop loin du deuxième tour, je pense que nous sommes en capacité d’y arriver, de faire 10% ou plus. Maintenant, si je m’engage aujourd’hui en vous disant on sera au deuxième tour et que finalement on n’y est pas, tout mon raisonnement va partir en fumée. Je vais être prudent si nous sommes au deuxième tour, ce que nous souhaitons et ce que nous pensons tout à fait envisageable, les options sont ouvertes. Mais je ne veux pas m’amuser faire de la politique fiction alors qu’on est dans cette optique, il faut déjà faire une campagne propre, bienveillante, intelligente et qui réponde aux aspirations des villeurbannais. S’ils nous font suffisamment confiances, on sera en capacité de peser au niveau des alliances potentielles ou de la stratégie du deuxième tour et nous verrons quels seront les différents scores enregistrés par les autres listes qui sont aujourd’hui en campagne. Le sondage n’est qu’une photographie qui est imparfaite, du fait des marges d’erreurs qui ont été annoncées par les journalistes et par l’IFOP. Pour le moment je préfère rester prudent mais serein. J’espère que nous serons au deuxième tour et j’espère et que les Villeurbannais feront confiance à un projet qui est équilibré, charpenté et qui répond à leurs aspirations.

La rédaction

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