Richard Marion, candidat tête de liste « Pour une ville écologique, solidaire et apaisée » soutenue par EELV, se présente pour les élections municipales. Le Lyon Bondy Blog l’a interviewé.

Photo de campagne 2020 de Richard Marion

Richard Marion, comment évaluez-vous le dernier mandat de madame Geoffroy? 

Nous écologistes ce que nous disons sur la question écologique et même sur la question environnementale, c’est que les quelques initiatives locales intéressantes viennent des habitants et des associations, et non pas de l’action municipale. C’est un signe d’espoir pour nous, cela veut dire que les vaudais sont prêts, qu’ils attendent cela. Nous avons beaucoup de citoyens engagés et prêts-à-porter des choses avec nous. 

Une deuxième chose que nous regrettons, c’est la question de nos écoles qui est une très grande priorité. Pourtant, nous constatons que le sujet n’a pas été traité à la hauteur de ce qu’il méritait. Nous avons besoin de plus d’écoles et une seule a été finalisée pendant le mandat. Nous avons besoin d’écoles à taille humaine, un cadre dans lequel nos enfants peuvent se sentir bien, qu’il puisse connaitre l’ensemble des enfants pour les connaitre au mieux. Une école de 400 élèves ce n’est pas quelque chose qui nous parait adapter pour nos enfants. Le périscolaire est un sujet abandonné, il est devenu payant et il y a le fait de la dégradation de sa qualité. Trois fois sur quatre, c’est de la garderie. Nous pensons que c’est important qu’il y ait des activités éducatives proposées au moins deux à trois fois par semaine. C’est quelque chose qui nous parait vraiment majeur.

Un autre sujet sur lequel nous avons des déceptions est celui des sports. Nous n’avons pas de grandes réalisations en la matière alors que les besoins sont criants. Nous refusons chaque année des enfants dans des sports de combat, au hand, au basket, au foot, au rugby, et plus encore à la natation, car nous n’avons même plus de bassins municipaux. Nous voulons engager une action forte, pour mettre en place les équipements dont nous avons besoin, pour que tous les  vaudais puissent pratiquer les activités qu’ils souhaitent, les rendre accessibles à tout le monde. Si actuellement vous voulez aller pratiquer la natation à titre personnel, c’est presque impossible. C’est un réel problème notamment pour nos aînés qui ont besoin de pouvoir avoir des sports adaptés. L’aquagym est un vrai levier pour la santé. C’est une problématique qui touche toutes, les classes d’âges, les familles aussi, en pleine canicule c’est particulièrement précieux que nous puissions avoir des espaces aquatiques où on puisse venir se regrouper en famille, se rafraichir. Cela veut dire que nous avons vraiment besoin d’avoir au moins un bassin municipal supplémentaire. Nous souhaitons aussi aménager un espace de baignade dans le canal de Jonage, c’est quelque chose qui est important, qui est faisable, qui nous rapproche de notre territoire, de la nature qui est présente, un espace public qualitatif ouvert à tous.

Un autre sujet de déception par rapport au bilan du mandat actuel, c’est la question de la démocratie participative. En tant que conseiller de quartier, j’ai vraiment été déçu de constater que les conseils de quartiers sont en fait une démocratie de façade et sont juste là pour cautionner les décisions prises par la mairie. Nos avis sont souvent décoratifs et maltraités dans la communication municipale. Lorsque la mairie décide de réaliser un projet contre l’avis du conseil de quartier, c’est leur droit, il serait alors judicieux d’avoir une clarté dans la communication et de donner les clés du sujet et les raisons de ce choix. C’est quelque chose d’important pour nous d’avoir cette exemplarité, cette clarté. 

Comment envisagez-vous la relation entre le président de la métropole et le ou la futur(e) maire ? 

Une première chose que je voudrais souligner, c’est devenu un sport politique que de dire lorsque nous n’arrivons pas à réaliser telle ou telle chose que c’est la faute des partenaires. Nous regrettons ce discours-là, encore plus en sachant que  dans la pratique concrète la métropole et la ville travaillent ensemble, donc leur responsabilité est partagée. C’est vrai qu’à la métropole il y a des rapports de force importants, nous en avons conscience, dans le groupe écologiste. Vaulx-en-Velin appartient à la métropole, mais la métropole a aussi besoin de Vaulx-en-Velin, donc c’est à nous de repenser les projets pour faire en sorte qu’ils aillent au maximum dans l’intérêt général du territoire, c’est-à-dire dans l’intérêt des vaudais. Mais on doit repenser tous les projets sur comment ils prennent sens à l’échelle locale du quartier, de la ville, et comment ils prennent sens aussi à l’échelle de la métropole. C’est un sujet majeur à Vaulx-en-Velin, puisqu’on a une ville en termes d’urbanisme qui est très fragmentée, assez peu de points de centralité, ce n’est pas ça qui fait l’unité de la commune et donc il faut que l’on réussisse à penser l’aménagement du territoire qui face sens à l’échelle des quartiers, qui relie les quartiers entre eux. Les vaudais ont besoin d’être mobiles pour aller travailler à Vaulx-en-Velin, mais aussi ailleurs, qu’ils puissent aller faire leurs études dans les endroits de la métropole qui correspondent à leurs projets professionnels, et c’est ce travail à différentes échelles qui va être la clé majeure. Si on cherche à construire Vaulx-en-Velin contre la métropole, je crois que l’on se trompe de sujet.

Autre chose lorsque pour parler de sécurité, on parle du nombre de policiers municipaux et du nombre de caméras c’est un discours anxiogène qui évite en fait les vrais sujets qui sont : quelle est la relation juste entre les populations? Comment avons-nous une police de proximité au contact de nos habitants et qui vient les soutenir ?

Ce n’est pas un sujet métropolitain, mais c’est pour illustrer comment la mise en œuvre des politiques importe autant que l’affichage quantitatif.

Sur la thématique de l’écologie, de l’environnement, comment vous positionnez vous sur ce sujet-là? 

Première chose, je veux faire en sorte qu’aujourd’hui nous n’ayons plus de projets politiques qui fassent l’impasse sur l’environnement. Nous nous réjouissons du fait qu’aujourd’hui tous les partis politiques affichent des discours là-dessus, mais au niveau des actes, ce n’est pas la même chose. Elles ne vont pas assez vite, c’est probablement le dernier mandat municipal pendant lequel on peut vraiment agir, pour lutter contre le réchauffement climatique et mettre en place des solutions concrètes qui rendent notre ville vivable. Ce réchauffement est déjà bien engagé, notre adaptation est urgente, nous avons vu les problèmes l’été dernier avec la canicule en particulier dans un territoire comme Vaulx-en-Velin qui est très bétonné. L’installation d’ilots de fraicheurs est devenue une urgence avec de la végétalisation permettant non seulement d’avoir des espaces verts au sol, et également des arbres, des fontaines.

La deuxième chose que je voudrais dire sur ces sujets environnementaux, c’est qu’il est aussi temps de passer de l’environnement à l’écologie, c’est une grosse différence entre la démarche des écologistes et les autres groupes qui font encore de l’environnement, mais ne sont pas dans l’écologie. C’est-à-dire inscrire l’environnement dans un vrai projet de société, qui fasse sens. Une politique sportive écologique, éducative écologique, culturelle écologique. Nous avons besoin que toutes ces choses-là fassent sens ensemble. Si vous plantez quelques arbres au milieu d’un espace minéral, tout le monde voit que cela porte peu de sens. En revanche si vous repensez l’aménagement de l’espace public, avec des arbres qui apportent de l’ombre, en créant un espace partagé, où les gens puissent venir s’y installer avec des bancs au bon endroit, avec des fontaines qui permettent de boire, avec des jeux d’eaux pour les enfants, on crée un espace convivial, nous changeons les choses.

Parce que nous changeons le rapport à l’espace public, on change la façon de se déplacer, nous invitions les personnes à venir se promener dans leur ville. C’est la question du lien social, avec le lien intergénérationnel, celui des personnes âgées qui plutôt d’être isolée chez elle retrouve une place dans l’espace public. Toutes ces choses la prennent sens quand elles sont mises ensemble, c’est un vrai problème de société. Embarquer tout le monde dans la transition qui va nous permettre de mieux vivre. 

Quelle est votre position par rapport aux réseaux de transports vaudais ? 

Sur les transports, il faut d’abord parler de la question de la sécurisation des transports doux. Il y a un certain nombre d’endroits où c’est encore dangereux de circuler pour les piétons et pour les vélos. Il est important de sécuriser les pistes cyclables, de sécuriser les accès piétons notamment à proximité des écoles. Il est vraiment important que les personnes à mobilité réduite, mais aussi les personnes en poussette, puissent se déplacer en sécurité. Il est temps de passer des bandes cyclables aux pistes cyclables, une séparation de la chaussée qui protège.

Ensuite s’agissant du transport en commun, le sujet majeur c’est le tramway au nord de Vaulx-en-Velin. Nous souhaitons qu’il y ait un prolongement du tramway dès que possible, les vaudais ont bien constaté que l’échéance était constamment repoussée. En 2014 on nous a promis un nouveau tramway. Il n’est toujours pas là et ne figure dans aucun document d’orientation budgétaire du Sytral. Mais il s’agit de faire le bon tramway, c’est à dire non pas le prolongement du tramway T1 qui fait un long détour par la La Doua, mais transformer l’ensemble de la ligne C3 en tramway, permettant ainsi d’avoir un itinéraire adapté pour rejoindre Vaulx-en-Velin. Nous souhaitons ce trajet pour faire le lien entre le Nord et le sud de la ville avec un cadencement élevé de transport. Mais il faut bien réfléchir aux points de passage, car si vous faites une ligne structurante qui traverse la commune, mais que tous les habitants se trouvent à un quart d’heure à pied de part et d’autre vous réduisez grandement l’efficacité du dispositif. Bien sûr, il y a un rôle à jouer pour le vélo. Mais cela veut dire que l’outil le plus adapté serait la navette autonome. 

Concernant la question du logement, nous observons un phénomène de gentrification dans certains quartiers de Vaulx-en-Velin, quel est votre avis là-dessus ? 

Sur cette question je voudrais d’abord souligner que la ville de Vaulx-en-Velin se développe et c’est une bonne chose. Le fait que des personnes la rejoignent est un signe de dynamisme, c’est une chance pour notre ville et nous souhaitons qu’elle s’en saisisse. Nous sommes heureux que de nouvelles populations rejoignent notre ville. L’arrivée notamment davantage de classes moyennes dans notre ville est quelque chose qui contribue à la dynamiser. C’est un point positif. Une fois que nous avons dit ça se pose la question du logement, comment on apporte du logement à chacun en conservant l’équilibre. Chacun a des besoins différents et il faut proposer à chacun des solutions adaptées, qui inscrivent chaque vaudais dans un parcours résidentiel en fonction de ses besoins. Sur la question de la gentrification, avec un rythme de construction qui est le nôtre, cela ne pose pas de problème. Il y a des logements à Vaulx-en-Velin, qui sont disponibles à l’accès à la propriété. En revanche là où nous avons des sujets d’inquiétude c’est sur le logement social. Les habitants doivent pouvoir rester dans un quartier. Nous avons ce type de problèmes dans la Grappinière, où on dit aux habitants qu’ils ne vont pas pouvoir tous rester. Il y a aussi un certain nombre de projets au Mas du Taureau où on entend qu’on reconstruirait par endroit avec zéro pour cent de logement social, c’est un quartier où il y a beaucoup de logements sociaux. Il est important que l’on puisse permettre à de nouvelles populations d’arriver, mais zéro pour cent ce n’est pas un taux adapté. Il faut continuer à faire du logement social pour que chacun puisse y trouver sa place. 

Ensuite se pose aussi la question d’une offre locative privée importante qui puisse fluidifier le parc social. Ceux qui veulent aller vers d’autres choses doivent pouvoir le faire au sein de la commune. Pour que chacun puisse trouver un logement qui lui convient, en fonction de son avancée dans la vie. Effectivement il y a des difficultés à s’adapter aux différents besoins des gens, et avoir une offre de logement qui correspondent aux différents types de besoins. Nous avons besoin de logements locatifs privés abordables, accès social à la propriété, pour aider les personnes qui ont des marches à franchir. Un ensemble de choses qu’il faut coordonner pour pouvoir rééquilibrer. Cela permet de réfléchir à un équilibre entre les quartiers, c’est aussi l’équilibre de notre territoire qui se joue. Nous sommes une ville très fragmentée et nous avons besoin de faire unité.

Des populations sont confrontées à de plus en plus de précarité et de difficulté à se loger, comme les étudiants, qu’envisagez-vous de faire sur cette question ?

Quand nous avons parlé du logement, nous souhaitons proposer davantage d’offres de logements adaptés aux étudiants qui leur permettent d’être intégrés. Ensuite, pour la question de la précarité je souhaiterais souligner la très grande précarité des enfants sans  toit. Nous sommes scandalisés par l’inaction de la mairie actuelle qui refuse d’ouvrir des salles municipales pour accueillir ces enfants scolarisés à Vaulx-en-Velin. C’est quelque chose de simple et faisable, nous disposons de salles municipales à Vaulx-en-Velin qui sont chauffées, qui permettent l’accès à un point d’eau pour pouvoir se laver, retourner à l’école dans des conditions aussi correctes que possible. C’est aussi un signal très inquiétant qui est donné au reste de la population. Ce sera une priorité de dire que pour ces enfants sans toit nous ouvrirons les salles municipales. Concernant la précarité des familles, nous souhaitons rendre le périscolaire gratuit pour tous, en soulageant immédiatement le budget des familles. Sur le plan de l’éducation, on doit réfléchir sur comment offrir les meilleures chances éducatives aux enfants, que l’argent ne soit pas un frein pour les familles nombreuses. Comment changer de raisonnement ? Le raisonnement doit s’adapter aux besoins de l’enfant. Non pas jusqu’à quel point c’est financièrement finançable. 

La question des personnes âgées, par rapport à l’isolement, le coût élevé des EHPAD? 

Il y a des mesures simples à appliquer, facilité la possibilité de venir dans les EHPAD, avec ses animaux de compagnies, et recevoir ceux de leur famille. Cela me semble très important, c’est un outil majeur de lutte contre l’isolement et de respect du choix des personnes âgées. La façon dont elles décident de vivre leur retraite. C’est aussi un outil de lien social, l’animal de compagnie crée du lien entre les personnes.

Une deuxième chose c’est d’encourager les personnes âgées à être autant que possible actrices de leur retraite. Montrer à quel point ils sont une richesse pour notre commune, pour les jeunes avec des savoir-faire à transmettre. Une plateforme du bénévolat qui mettra l’accent sur cette transmission du savoir-faire et permettra des personnes âgées d’accompagner des jeunes par rapport à la question d’un soutien scolaire. Beaucoup de choses peuvent être faites pour que ces personnes soient reconnues. Nous savons bien à quel point la retraite se passe mieux pour des personnes qui gardent du lien social, des activités et se sentent reconnues dans ce qu’elles représentent pour la société. C’est un sujet majeur pour leur qualité de vie, leur santé. 

Comment crée de l’aide à l’emploi à Vaulx-en-Velin? 

Sur la question de l’emploi il me semble qu’il y a deux choses fortes que nous avons besoin de faire à Vaulx-en-Velin, il n’est pas normal qu’une ville de 50 000 habitants n’ait pas d’agence d’intérim. Il faut permettre aux vaudais d’accéder plus facilement au travail intérimaire qui est souvent une plateforme d’entrée ou de retour sur le marché de l’emploi. Nous avons aussi des outils que nous pouvons davantage valoriser dans tous les emplois estivaux que la ville mobilise. Cela doit se faire avec une formation à l’animation auprès des jeunes. Pour ceux qui décident de construire un projet professionnel différent, nous pouvons être heureux de faire de l’animation jeunesse, de développer certaines compétences, relationnel, tout en ayant envie de travailler dans un secteur différent. Le bénévolat doit donner accès à la formation, que la mairie financera pour que des jeunes qui donnent de leurs temps soient reconnus symboliquement et valorisés.