A Vaulx-en-Velin, Ange Vidal se présente dans une ville qu’elle connait particulièrement bien aux élections municipales, qui se dérouleront en mars 2020. Elle sera à la tête de la liste “Demain, Vaulx-en-Velin”.

Pourquoi vous êtes-vous lancée dans ces élections et pourquoi à Vaulx-en-Velin ?

Je me présente car je suis vaudaise. Je suis arrivée à Vaulx-en-Velin en 1967, j’ai vu la ville se transformer. Mes parents étaient très actifs autant sur le plan politique qu’associatif sur Vaulx-en-Velin. Ma mère a été élue sur deux mandats et demi à la ville, j’ai vu ses transformations, elle me tient à cœur. Lorsque je suis revenu de la région parisienne, c’est à Vaulx-en-Velin que j’ai voulu m’installer et travailler.

Comment vous vous positionnez par rapport à l’environnement à Vaulx-en-Velin ? Avez-vous des projets ?

Nous avons des projets d’environnements, notre collectif fait parti des forces de gauche alternatives et nous souhaitons toutes les réunir, y compris EELV. Notre liste n’est donc pas fermée et est ouverte à toutes les personnes ayant une pensée de gauche. On a tout un volet concernant l’écologie, tant au niveau des modes de transports, des circuits courts, du bâti. Au niveau des produits locaux bios, la création d’une cuisine centrale pour tous les enfants vaudais est nécessaire. Il faut également des commerces en épicerie de produits locaux, revoir les pistes cyclables, ainsi que tout ce qui est recyclerie de vêtements, de matériels de bricolages. Nous avons aussi le tramway comme projet. Nous voulons valoriser et entretenir la digue du village. Nous avons également prévu un plan de restauration du ruisseau La Rize, ainsi que du canal de Jonage et du parc de La Rize. Il faut retravailler également les liaisons, et s’atteler à la création d’îlots de fraîcheur.

Quelle partie du budget de la ville est-il possible d’utiliser pour financer ces projets ?

La ville a travaillé d’une drôle de façon, au niveau des frais de buffet par exemple : il y a eu une augmentation de 45 %, soit 66 000 euros. Entre 2014 et 2018 la ville a eu recours systématiquement à l’emploi contractuel augmentant ainsi de 40,5 pour cents le nombre de travailleurs. Nous sommes donc passé de 5 920 000 à 8 292 000 emplois contractuels, sachant qu’ils représentent beaucoup de chargés de missions. Au niveau de la ville il y a une volonté de casser le service public et de tout passer en délégation. Donc quand vous me demandez où nous allons trouver les économies, nous pouvons réaffecter l’argent d’une autre façon. En sachant qu’il y a également des choses qui sont du ressort de la métropole, donc tout n’est pas du ressort de la commune puisque la métropole a de plus en plus de compétences. D’où l’importance d’avoir à Vaulx-en-Velin des élus qui en font partie, afin de se faire entendre et faire levier sur cette austérité qui va peser de plus en plus sur cette commune et sur ses habitants.

Comment vous voyez cette relation entre la métropole et la commune ? Pensez-vous que c’est vraiment bénéfique à la commune ?

Si vous avez un élu de la commune, qui siège à la métropole et qui se retrouve dans un groupe important, évidemment qu’il y a des points de levier. Tout se joue au niveau des forces politiques, aux sein des forces de gauche nous sommes tous d’accord pour dire qu’il faut revoir un certain nombre de choses, revenir à des domaines de compétences qui appartenaient à la commune. La métropole est une grosse machine. Evidemment les communes de droite trouvent leurs comptes dans la métropole car c’est un fonctionnement qu’ils mettent déjà en place dans leur gouvernance communale.

Que pensez-vous des transports à Vaulx-en-Velin? Notamment au Nord, qui est assez mal desservi ?

Nous avons eu une assemblée citoyenne sur les transports. Ce qui est ressorti, c’était notre volonté d’avoir le tramway à Vaulx-en-Velin. Nous avons conscience que celui-ci n’étant pas inscrit dans les tablettes de la métropole, il devrait s’inscrire sur la mandature de 2026, et nous ne l’aurons surement pas avant 2030, alors nous n’allons rien lâcher. Au niveau de la population du Mas il y a des personnes qui souhaitent avoir le tramway. Pour d’autres personnes, par exemple celles qui travaillent sur Rillieux ou à Saint-Priest, cela compliqué pour elles car ça rallonge leur trajet.

Il n’y a que deux bornes de Velov à Vaulx-en-Velin. Avez-vous des projets concernant le déplacement à vélo ?

Je pense que dans un premier temps il faut faire une étude pour voir qui les utilisent, car je vois peu d’habitants sur le centre-ville qui prennent des Velov. Beaucoup de vaudais ont leurs propres vélos. Je pense que c’est plus utile pour le personnel de la mairie pour se déplacer d’un point à un autre, au même titre que les voitures électriques. C’est une demande qui n’est pas concrètement exprimé, à contrario de l’augmentation des pistes cyclables et de la baisse du nombre de voitures. C’est vrai que même si la rocade est à côté, nous avons un axe qui traverse. Il faut essayer de trouver des solutions. Cela étant, tout ce qui est amélioration des fréquences de bus et de ses lignes, encore une compétence de la métropole, on peut envisager une plateforme de covoiturage, savoir ou la mettre, une au Nord, une au Sud.

Vaulx-en-Velin reste une ville abordable pour la métropole. Cependant, les prix du logement augmentent, avec une moyenne de 2300 euros le mètre carré.  Comment fait-on pour se loger aujourd’hui à Vaulx-en-Velin ?

C’est très difficile,le logement est également une compétence de la métropole. La mairie devrait le faire aussi. La ville de Vaulx-en-Velin a perdu énormément de solidarité.
Le projet de la rénovation du Grand-Mas est d’arriver au seuil légal des logements sociaux, sur toute la commune, le Nord et le Sud. Cela veut dire que sur la rénovation du Mas il ne va rester qu’une toute petite partie de logements sociaux.

Les habitants veulent-ils seulement enlever des logements sociaux au Mas du Taureau ?

Vous retrouvez essentiellement les logements sociaux au Mas du Taureau, La Grappinière qui est en rénovation, où il va y avoir des appartements qui vont être supprimés. Il y a donc des possibilités de relogement, il y a un grand plan sur l’habitat au niveau de Vaulx-en-Velin. D’où l’importance de la métropole et de ses élus, pour désengorger un peu la ville de Lyon et faire venir des personnes à revenus moyens, qui pourront plus facilement se loger. Il y a eu des tentatives immobilières à Vaulx-en-Velin, Rue de l’égalité, en réunion de quartier on nous avait vendu des petites maisons, toutes accolées, des appartements à louer et à vendre. Ils essayent également de prendre du sol pour des logements sociaux. Aujourd’hui, vous regardez les petites annonces vous vous apercevez qu’il y a déjà des appartements en vente. Il y a un réel problème, nous faisons venir des personnes et au bout d’un moment elles s’en vont, et de ce fait la population est mouvante. En 2020 la démographie est de plus de 50 000 vaudais, on est la ville la plus jeune de France, il nous manque des écoles, et de ce fait à un moment il va nous falloir un collège. La crèche à l’école René Beauverie a été donné au privé, elle est dans les murs de l’école communale et pourtant on a une crèche privée à l’intérieur. Quand l’on sait que cela coûte plus cher alors on peut s’interroger, étant donné qu’elle aurait pu revenir au service public.  Ça aurait peut-être permis de faire des économies et créer une micro-crèche à un endroit précis où cela manquait.

Il y a des logements vacants à Vaulx-en-Velin, parait-il, comment vous vous positionnez là-dessus ? Pensez-vous qu’on doit les utiliser, pour les femmes battues, les étudiants par exemple ?

Au niveau des appartements vacants, il n’est pas normal que dans une société de richesses telle que la nôtre  nous trouvions des étudiants en grande situation de précarité.
Il n’est pas acceptable qu’une ville populaire ne s’occupe pas d’enfants qui dorment dans la rue, alors que l’on a des logements vacants. Il n’est pas acceptable de signer en grande pompe une convention annonçant quatre logements pour les violences intra-familiales et qu’au conseil municipal de cette semaine on parle de monter les dossiers pour obtenir les subventions. C’est un effet d’annonce, mais concrètement ces quatre logements ne sont pas là, ils n’existent pas. Rappelons-nous de l’histoire de Vaulx-en-Velin, la création de la ZUP de Vaulx en Velin, pas très loin à Villeurbanne où nous avions un bidonville. Est ce que l’on peut accepter cela au 21e siècle ? Que des enfants dorment dehors, que des étudiants soient en grande situation de précarité, que des familles le 10 du mois n’aient plus rien dans le frigo pour leurs enfants? Non.