Ce mardi 15 décembre à 13 heures, plusieurs dizaines de travailleurs de la Gare Part-Dieu se sont réunis devant la tour Incity pour soutenir leur collègue Joël Maure, menacé d’un dernier avertissement avant licenciement par la SNCF. CGT-Cheminots et Sud-Rail dénoncent une “tentative d’intimidation” contre les militants syndicaux. 

“Touche Pas à Mon Joe” : le cas de Joël fédère les militants, qui protestent contre leurs conditions de travail

Depuis 11 ans qu’il travaille à la Gare, Joël Maure n’a jamais commis de fautes engageant la sécurité des voyageurs ou de ses collègues. Ce mardi à 14h, le cheminot passait pourtant en conseil de discipline pour avoir traversé deux voies afin de faire partir un train à l’heure. Un “acharnement” pour les syndicats, qui ont décidé d’organiser ce rassemblement en soutien à ce militant CGT connu et apprécié de ses collègues. 

Au micro, un collègue de Joël vilipende les méthodes de la direction

“Museler les personnes syndiquées” 

Pour les militants, l’objectif de la direction est clair. “Il y a une telle disproportion entre les faits et le niveau de sanction qu’on comprend que c’est le militant CGT qui est attaqué”, analyse un représentant syndical. Au micro, les intervenants enchérissent : “derrière les sanctions, il y a la volonté de museler les personnes syndiquées. C’est tout le collectif qui est victime d’intimidation !”. Une analyse qui n’est pas sans rappeler la situation nationale, alors que de nombreux syndicalistes sont visés par des procédures disciplinaires à la SNCF. “L’objectif de la direction, c’est de faire des exemples, appuie un militant CGT-Cheminots. Il y a eu de trop nombreux cas à travers la France de militants qui sont traînés devant des conseils de discipline, pour des faits qui ne le méritent pas. Comme nos camarades dans la santé, nous défendons une conception remise en cause par les dirigeants d’entreprises et le gouvernement. On agit aussi dans un cadre plus large pour défendre le droit de manifester, de se syndiquer..”

Alors que les contrôleurs et agents de Perrache avaient également appelé à la grève pour dénoncer un gel des embauches, on comprend en effet que le rassemblement dépasse le seul cas de Joël Maure. Pour Cécile Faurite, du comité de soutien à Joël Maure, “il se passe quelque chose au-delà même de la personne de Joe. Nos conditions de travail sont fortement dégradées, dans tous les services, les gens viennent au boulot avec la peur au ventre. C’est une crise tout-court qui est en train d’arriver”. 

Un représentant CGT-Cheminots au micro de BFM Lyon

Une pétition de soutien à Joël a recueilli près de 600 signatures d’agents, dont au moins 70 salariés prestataires qui ne sont pas directement engagés par la SNCF. Elle a été transmise à la direction régionale de la SNCF, qui a refusé de commenter la mobilisation.