Fabrice Candelo, secrétaire général adjoint de l’équipe de football américain des Falcons
Bron-Villeurbanne se confie sur l’avenir du club. Ces derniers entament leur première saison en
poule Elite avec l’ambition avouée de durer au plus haut niveau.

Emblème des Falcons

L’histoire d’amour d’un ballon ovale pas comme les autres et de passionnés hors du commun.
Des hommes se sont lancé le défi il y a 22 ans de faire du football américain un sport
incontournable du paysage lyonnais. Nés de la fusion des clubs de Sixty-Niners de Villeurbanne
et des Scorpions de Bron, les Falcons veulent faire de l’année 2017, une année charnière pour
cette discipline encore méconnus des Français.

La formation se développe et avec elle, des ambitions.

Se donner les moyens d’avancer, Fabrice Candelo veut y croire. Avec plus d’une cinquantaine de
joueurs, l’équipe fanion du club peut se targuer d’avoir intégré 5 internationaux français et 2
renforts de choix en provenance du continent Nord Américain. La majorité de l’équipe se
compose aujourd’hui essentiellement des mêmes joueurs qui, 4 ans auparavant, ont décroché le
titre de champion de France en 3 ème division. Signe de leur talent, les champions de France de
2 ème division 2016 explorent la poule Elite cette année. Quant à la section féminine, cette
dernière va pouvoir effectuer son premier tournoi national à Bordeaux grâce à l’aide de
différentes associations qui permettront la création d’une équipe régionale. De belles promesses
que compte bien pérenniser le club.
Pour les étrangers à ce milieu, le football américain est synonyme, de contacts houleux ou encore
de chocs violents. En revanche, ce qu’ils savent moins c’est que ce sport peut proposer une autre
facette qui se caractérise par le flag football. « Sans contact, le plaqué est simulé par l’arrachage
des drapeaux qui pendent au niveau des hanches » soutient Fabrice Candelo. Enfants et seniors
peuvent pratiquer cette variante sans risque. « Cela est plus abordable financièrement en
l’absence d’équipement à payer, les licences sont moins chères et cela devient plus simple au niveau
règlement à initier » poursuit-il. C’est donc à partir de l’âge de 14 ans que les jeunes peuvent
s’initier au football américain ou bien au flag football.

Afin de pouvoir faire partager cette passion au plus grand nombre, des « journées d’initiations »
vont se mettre en place. Faire découvrir cet ovni sportif, descendant du rugby, pour lui faire une
petite place dans une société où le foot est ancré dans les mœurs. «Faire un vrai entraînement de
football américain pour une personne de non initiée relève de l’impossible». De la complexité des
règles jusqu’à la nécessaire utilisation de matériel de protection, cet exercice empêche des
entraînements initiatiques. Des journées seront donc plus propices à la découverte de ce
nouveau monde à l’aide de stands proposant divers activités ainsi que de quelques équipements
mis à la disposition des plus curieux. Ne reste plus qu’à trouver une commune susceptible de les
accueillir et de les soutenir dans leurs projets.

« On souffre d’une absence Médiatique […] les médias sont encombrés par les sports
majeurs »

Constat presque fataliste de Fabrice Candelo, le football américain peine à décoller dans la
métropole lyonnaise. Ce dernier fait face à l’impitoyable concurrence que propose le football, le
rugby ou encore le handball. Canal+, la chaîne historique diffusant les matchs a stoppé l’émission
des compétitions de football américain pour les laisser au concurrent Being. Coup dur pour la
médiatisation de ce sport qui ne bénéficie plus d’une seule chaîne gratuite à leur disposition.
Comment donner envie à un gamin de jouer à un sport qu’il ne peut pas voir à la télévision,
comment le faire rêver s’il ne se retrouve pas au travers de légende, de stars qu’il voit sur les
terrains.

La position géographique centrale dont disposent les Falcons devrait être un avantage pour le
recrutement des joueurs de la Région Rhône Alpes. « On va faire une communication suffisante
pour pouvoir attirer tout un public lyonnais », s’exprime à l’envie le secrétaire adjoint.

Depuis le début de la saison, un nouvel acteur est venu s’ajouter à ces desseins pleins
d’enthousiasmes. Le consulat américain est sensible au développement de cette fierté nationale,
qu’est le football américain dans la région lyonnaise. Le consul met le club en relation avec des
entrepreneurs de la région pour qu’ils développent l’association et qu’elle puisse trouver un
public américain déjà présent en terre lyonnaise.

« Si une commune nous permet d’assurer les entrainements et les matchs dans de
meilleures conditions et d’accueillir les supporteurs dans une enceinte digne de ce
nom […] on se verra dans l’obligation de changer de mairie. »

À la suite d’une mauvaise gestion des réunions municipales les Falcons ne font plus partie
de l’office municipal des sports de la ville de Bron, « et à ce titre nous ne pouvons plus disposer de
terrains à titre gratuit et de subventions de la part de la mairie de Bron ». Ce qui, à l’année, coûte
une véritable fortune. Un gouffre financier dont se passerait bien ce club dont l’ambition
s’accompagne d’un besoin de faire des économies pour pouvoir se développer structurellement.
Pour l’heure, le stade Léo Lagrange fait office de terrain d’entraînement. Pour les matchs, le club
doit se battre pour trouver des créneaux horaires qu’ils devront faire valider par les mairies de
Bron ou Villeurbanne.
« Aujourd’hui sur les 5 dates, 2 sont bouclés et 3 sont encore en suspend » se désole le secrétaire
adjoint. Avant de poursuivre, « Si une commune nous permet d’assurer les entrainements et les
matchs dans de meilleures conditions et d’accueillir les supporteurs dans une enceinte digne de ce
nom et sans être obligé de payer, on se verra dans l’obligation de changer de mairie ».
Tout n’est pas rose dans le monde restreint du football américain mais la même passion qui a
animé les créateurs de ce club anime toujours ceux qui souhaitent la faire perdurer. Avoir un
minimum de 500 personnes à chaque match est un objectif, faire de nouveaux initiés est une
nécessité, vaincre dans cette poule Elite une raison de se battre pour ce club.

Etienne Aazzab

Etienne a contribué depuis 2 ans dans le journal satirique FOUTOU’ART. Il a intégré l’équipe du « clic 2014 » : Collectif local d’informations citoyennes à partir de novembre 2013. Il rejoint le Lyon Bondy Blog à partir de janvier 2014.
Twitter : @AazzabEtienne

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