Hier, le Premier Ministre et une vingtaine de membres de son gouvernement ont investi la Préfecture de Lyon afin de présenter les projets du plan de relance. Près de 500 personnes étaient présentes pour exprimer leur mécontentement.

La venue à Lyon de François Fillon, c’était l’événement politique local de la semaine. Un événement qui a modifié quelque peu mon programme de jeune étudiante. Prête à commencer une nouvelle semaine de cours, j’arrive à la fac, sur le campus de Bron. Mais là, surprise. J’apprends que mes professeurs  sont allés manifester devant la préfecture, là où se réunissent le Premier Ministre et une partie de son équipe pour un conseil interministériel délocalisé. Libérée de toutes mes obligations universitaires, je décide alors de me rendre sur les lieux, flanquée de mon appareil photo.

Devant la préfecture, l’ambiance est bon enfant. On taquine les policiers à renfort de slogans gentillets : « On est tous dans le même camp » ou encore « Libérez Fillon ». Puis, les esprits s’échauffent. On peut distinguer deux groupes distincts dans la « foule ». Il y a ceux qui brandissent des pancartes ou des drapeaux de divers syndicats, et puis tout devant, face aux barrières installées pour l’événement, un groupe de jeunes cagoulés, particulièrement remontés.

On peut entendre le désormais célèbre « CRS, SS », ou bien « ni Etat, ni patron, insurrection », « Justice nulle part, police partout ». J’ai passé à peu près une heure – postée entre ces jeunes aux visages cachés et les policiers parés pour riposter au moindre écart. Il m’a semblé que j’assistais à une sorte de parade, un jeu dans lequel deux camps se faisaient face en cherchant à faire flancher l’ennemi. D’un côté les forces de l’ordre formaient une barrière humaine impassible voire indifférente, et de l’autre, les jeunes un peu agités faisaient trembler les barrières allant jusqu’à décrocher la gerbe de fleur posée sur l’une d’elles. Il y a eu quelques « attaques », notamment des boules de Noël lancées à la figure des représentants de l’ordre qui se tenaient prêts à intervenir.

Au final, le mouvement s’est essoufflé, les syndicats ont déserté, laissant ce groupe de jeunes gens gérer la suite des évènements. J’en ai profité pour approcher l’un d’entre eux afin de l’interviewer. La jeune fille en question, emmitouflée dans son écharpe rouge n’a pas souhaité me répondre, me traitant de « vendue ». « Vous, les journalistes, vous êtes dans le même camp que les flics » me lance-t-elle. Je lui fais  remarquer que je ne me suis pas présentée en tant que tel. J’ai bien précisé que je n’étais pas journaliste de profession et que je lui donnais l’occasion de s’exprimer, tout simplement.

Je tente de la rassurer en lui disant que je suis moi-même étudiante à Lyon 2 et que je souhaitais comprendre ce qu’elle et ses amis réclamaient en participant à ce rassemblement. Ne trouvant pas d’explications, elle finit par m’expédier, prétextant que “de toute façon elle ne souhaite pas me parler.

Il me semble qu’elle est venue tenir tête et exprimer sa colère envers « ces flics qui se prennent pour les rois du monde » Et, qu’en somme, Fillon et son plan de relance n’avaient pas l’air de faire partie de ses premières préoccupations.  Je reste toujours dans l’incompréhension.  Ces manifestants cherchaient-ils juste l’affrontement ou avaient-ils de réelles revendications ? À la fin, l’un d’entre eux me remet un tract… rédigé par la Coordination des Groupes Anarchistes de Lyon… Je crois avoir enfin saisi.

 

Laurine Pereira

La rédaction

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