Avec la défaite de la Gauche aux présidentielles, l’enjeu des législatives est d’autant plus important maintenant pour les gauchistes. Armand Creus, fondateur du mouvement politique Ensemble !, depuis le 1e mai 2016, a rassemblé ses soutiens pour se concerter sur les ralliements de la Gauche, ce mercredi 10 mai. Une réunion rapidement détournée sur le sujet principal : la France Insoumise et sa volonté de faire cavalière seule.

Faire face au Front National était l’un des premiers objectifs de ces sympathisants de gauche en ce second tour d’élections. Jean-Luc Mélenchon, soutenu par Ensemble, a insinué lors d’un discours sur RMC qu’il avait voté utile pour Emmanuel Macron. « Je pense que c’est très important effectivement que Mélenchon le reconnaisse, même si c’est après » admet Armand Creus, fondateur du mouvement de rassemblement de la gauche. « Il fallait faire barrage à l’Extrême Droite et il n’y avait qu’un seul bulletin pour le faire ». En effet, l’exclusion de Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon au premier tour, ne laissait plus beaucoup de perspective entre la politique d’Emmanuel Macron, qu’ils considèrent comme celle de « Hollande Bis » et la montée du parti de Madame Le Pen.
« On a réussi  à empêcher le danger principal, une Extrême Droite puissante qui est toujours à la recherche du pouvoir » ajoute Armand Creus, « la Gauche n’était plus au second tour donc il a fallu prendre les bulletins à dispositions pour empêcher la montée de Marine Le Pen ». Ce dernier déplore cependant, cette progression du parti extrémiste qui a réussit à se constituer un électorat « de plus de dix millions de voix ».  Un chiffre légèrement exagéré mais qui montre bien leur étonnement devant autant de popularité. Dans ce cadre là, les participants à Ensemble, comptent rassembler leurs élus de Gauche afin d’obtenir une majorité au Parlement.

Lessivage de la Gauche aux présidentielles

Plusieurs candidats de la Gauche avaient choisis de se représenter, individuellement, pour leur parti. Aujourd’hui, aucun d’entre eux n’a été sélectionné par le peuple français pour diriger le pays. Armand Creus regrette que Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ne se soit pas alliés pour faire gagner une Gauche unie : « Quand on a vu la victoire de Benoit Hamon à la primaire, on a plus que jamais été convaincu, dans la démarche de l’appel des cents, qu’il fallait l’unité des deux ». Une volonté non-aboutie par les candidats qui ont préféré rester concurrents. Si le rassemblement avait eu lieu «  Ils auraient choisi le leader » complète Lucky Angeletti. Des personnes qui reconnaissent avoir voté Jean-Luc Mélenchon pour un programme intéressant, dont la construction d’une VIe  République et la dynamique qu’apportait son parti. « On a vu qu’il y avait 19 points d’accord qui aurait permis qu’on est la Gauche au deuxième tour » explique le membre du Front de Gauche. C’est par ces points communs que Ensemble essaye d’ameuter toute la Gauche, du Parti Communiste à la France Insoumise en passant par Europe Écologie Les Verts et Nouveau Parti Anticapitaliste. Depuis l’annonce de Benoît Hamon et de la création de son mouvement de nouvelles possibilités sont envisageables sans pour autant engager un Parti Socialiste qu’ils « ne vont pas regretter » et qui «  paie le prix de sa politique de Droite et sociale libérale ». Ils essayent, tous, d’envisager « une recomposition positive de contenu » pour la Gauche.

« La France Insoumise appelle au rassemblement dans la France Insoumise »

Le but de cette réunion est claire pour la vingtaine de personnes présentes : agir pour une Gauche de transformation perdue depuis bien trop longtemps. Seulement le sujet va vite dériver vers une incompréhension au sein même des partis de Gauche, le refus de s’allier de France Insoumise. Depuis que le mouvement politique a annoncé renoncer à une alliance avec le Parti Communiste, la revendication d’un rassemblement semble compromise. Pour les personnes présentes, l’incompréhension est totale. Même certains adhérents à la France Insoumise ne se retrouvent plus dans leur nouvelle forme d’accès au pouvoir. Une partisane se confie sur son impression que la France Insoumise a envie de faire disparaître les anciens partis et les anciens fonctionnements. « Ce qu’on constate, c’est que le parti communiste explique que ce n’est pas lui qui a rompu. Il ne faut pas négocier une cinquantaine de circonscriptions car l’enjeu est sur les 577 circonscriptions » explique Armand Creus. Selon leurs dires, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon voudrait que les membres des partis de Gauche adhèrent à leur union et placent uniquement des candidats de leur mouvement. Sauf que les membres d’Ensemble ne voit pas les choses du même œil et rappelle que les sept millions de personnes derrière Jean-Luc Mélenchon, candidat dans la quatrième circonscription de Marseille, ont adhéré grâce au Parti Communiste qui «  a mouillé sa chemise avec d’autres ». « On voit l’impact du vote Jean-Luc Mélenchon, en particulier dans des banlieues et dans des villes, où le Parti Communiste est présent, puissant, et a fait sa campagne » s’exprime Armand Creus. « Le ton de Mélenchon sur les radios françaises, depuis hier, est grossier et déforme la réalité. Il se dit être prêt a attaquer en justice le Parti Communiste pour l’utilisation de son nom,  on en est où là ? ». Un ressentiment qui n’empêche pas le fondateur d’Ensemble de se battre pour cette unicité qu’ils retrouvent chez les partis comme le Parti Communiste : « Pierre Laurent lors de sa conférence de presse dit qu’ils ont rompu l’unité donc ils partent séparément mais jusqu’au bout le Parti Communiste tend la main ».

Tout le Rhône Ensemble !

De nombreuses circonscriptions étaient représentées lors de cette réunion. Un seul souhait leur venait à l’esprit : établir dans leurs circonscriptions ce que la deuxième a pu réaliser. Par le biais d’une pétition de citoyens et de membres de partis de Gauche, un accord a pu être signé entre le Parti Communiste Français et le Groupe de Réflexions et d’Actions Métropolitaines. Aujourd’hui, Nathalie Perrin-Gilbert est donc à la tête de la campagne de la deuxième circonscription avec sa suppléante, Aline Guitard, membre du PCF. « On a décidé d’ interpeller la France Insoumise et sa candidate, Elena Fernet, et le candidat EELV, Rémi Zinck, car ce n’est pas possible d’avoir cette division qui peut empêcher la victoire de Nathalie Perrin-Gilbert. C’est injustifiable qu’ils ne puissent pas se retirer pour soutenir cette candidature qui peut gagner, qui peut représenter le pluralisme que ce qu’est la gauche » raconte Armand Creus. « Cette entente est la preuve que le rassemblement peut exister s’il y a la volonté politique et la pression citoyenne. La pétition vient des habitants, du désir de sortir des histoires de division » continue t-il. Une alliance qui ébauche l’objectif d’Ensemble et qui poussent les autres à se mobiliser. Un membre de la septième circonscription indique que la Gauche à toutes les chances de gagner dans cette partie de la métropole. Lui aussi s’attriste de voir que le rassemblement des partis sur cette circonscription est dure. Tous les membres de partis témoignent de leurs essais pour tenter de « mobiliser pour un accord constructif » en mettant la pression sur les partis de la France Insoumise et d’Europe Écologie Les Verts. Dans la cinquième circonscription, des appels aux communistes, aux Hamonistes et aux écologistes ont été fait et ils prévoient une alliance dans les jours qui suivent. Mais l’unité pour les législatives c’est aussi le Nouveau Parti Anticapitaliste et le mouvement de Benoît Hamon. Un Hamoniste élargit la question en parlant du financement et de la recomposition de la Gauche que l’ancien candidat semble vouloir sauver. En effet, un rassemblement de la Gauche serait bénéfique à ce dernier pour se construire et faire valoir ses idées à plus haute portée. Une action est menée localement pour encourager cette alliance mais elle finit par être rejetée nationalement. Richard, un participant, critique « une prise du pouvoir de la France Insoumise sur leurs terres de conquêtes » au lieu d’essayer de gagner d’autres territoires.

La conclusion est indéniable pour l’ensemble du groupe, il faut continuer les alliances entre les partis. La mise en place d’un communiqué de presse pour reprendre les négociations nationales mais aussi départementales. Armand Creus appelle à la mobilité et à un travail de terrain : «  On a 10 jours pour que les gens se rencontrent […] Si on veut construire une alternative il faut qu’on rassemble toutes les forces »