Le festival Fêtes Escales de Vénissieux recevait samedi le rappeur Demi Portion, qui organisera en août la quatrième édition (déjà complète) du Demi Festival à Sète, sa ville natale. Pour le Lyon Bondy Blog, il se confie sur sa carrière et son sixième album, La bonne école, dont la sortie est programmée au 17 janvier prochain. 

Lyon Bondy Blog : Pour commencer, qu’est-ce que ça te fait d’être ici, aux Fêtes Escales, à Vénissieux?

Demi Portion : C’est un peu comme revenir à la maison ! On va dire que c’est un peu comme chez nous, ici à Lyon. On est venu y jouer plusieurs fois. On a aussi pas mal d’amis rappeurs ici, comme toute l’équipe de l’Animalerie, Kacem Wapalek… Puis on a des frangins qui font un peu de danse, comme Lilou (aka B-boy Lilou, du collectif lyonnais Pokemon Crew, ndlr). Donc ça fait plaisir d’être là, carrément. 

LBB : Tu vas sortir un nouvel album, La bonne école, début 2020. Tu pourrais nous en dire quelques mots ?

D.P. : C’est mon sixième projet. Il est différent de Super Héros, différent de 2chezmoi, différent des Histoires… C’est assez mélancolique, je vais dire. A moitié boom-bap, à moitié nouvelle génération, nouvelles instrus, nouvelles sonorités. Je me suis fait vraiment plaisir sur les feats, il y en a vraiment beaucoup : j’ai invité Féfé, Grand Corps Malade, Rocé… Là, je suis un petit peu sur la fin du projet. Je me réécoute, je me réécoute… C’est pour ça que j’ai poussé la date jusqu’en 2020, histoire de prendre du temps, de prendre du recul. J’aime bien prendre le temps. L’album sort le 17 janvier et j’espère sortir des clips d’ici peu. 

LBB : Ton sixième projet sort 15 ans avant le premier, comment est-ce que tu perçois l’évolution de ton rap jusqu’à aujourd’hui?

D.P. : On prend de l’âge, un peu. On essaie de faire la part des choses, de prendre le temps. La musique évolue, les instrus évoluent. Et le vécu nous donne un peu plus de maturité, on va dire. 

LBB : On t’as vu faire des concerts dans des MJC et des prisons comme celle de La Talaudière , à Saint-Etienne. C’est important pour toi de garder les pieds sur terre?

D.P. : Ouais, c’est important parce qu’on est toujours en train de marcher. Vaut mieux ne pas trop s’envoler, viser la lune, même si on est rêveurs depuis tout petit. On est compétitifs, donc on aime bien se donner à fond, bien faire les choses. Mais ça nous remet un peu les pieds sur terre de faire des concerts en prison. C’est normal. C’était une belle expérience, sachant qu’on le fait pas très souvent . J’y suis rentré avec Dj Rolxx, pour un atelier classique avec 10-15 personnes. C’était cool, vraiment super cool, j’avais l’impression d’être dans une MJC normale. Et puis en concert, le lendemain, c’était un peu plus familial, plus intimiste, tu vois. Dans une petite salle. C’était franchement très bien. 

LBB : Quel message aimerais-tu donner à toute la jeunesse, à tous les “enfants seuls”, comme dirait Oxmo Puccino, ceux qui grandissent en HLM ? 

D.P. : Je leur dirais que c’est la meilleure des vies, d’être en HLM. C’est une richesse, aujourd’hui, d’être dans un quartier populaire. On est riches. Il faut continuer à soutenir les siens, soutenir ses proches. On a un petit but, c’est de sortir de quartier, donc d’essayer de s’en sortir deux fois plus. Il faut s’en donner les moyens, surtout, aussi, parce que c’est pas facile. Moi j’habite à Sète, mon quartier était un mix d’italiens, de gitans, d’arabes, de français… Il y a un peu de tout dans les quartiers, et c’est une belle chose. Les seuls messages que j’ai à passer : espoir et vivre ensemble.