Selon le maire du 4e, premier vice-président du Grand Lyon en charge du pilotage des politiques d’insertion et d’emploi, les expulsions ne sont utiles que si elles sont assorties de solutions de relogement.

Balayées par les bulldozers. Les quelques cabanes qui avaient poussées sur le terrain vague, en face du cimetière de la Croix-Rousse, Lyon 4e, ont été démolies lors d’une expulsion, la semaine dernière, mercredi 9 novembre. L’opération a jeté une douzaine de personnes à la rue, dont six enfants âgés de 2 à 12 ans, sans qu’aucune solution ne leur soit proposée (voir notre article du mercredi 9 novembre). Pourtant, la veille encore, David Kimelfeld, maire de l’arrondissement et premier vice-président de la Métropole en charge de l’insertion, taclait cette méthode qui ne résout rien au problème. Il affirmait alors ne rien savoir de l’opération qui se préparait. Entretien.

Que comptez-vous faire à propos du petit camps de fortune qui se trouve en face du cimetière ?

Sur ces situations- là, nous avons toujours la même attitude : fermeté et humanité. La fermeté, c’est de dire : « on ne peut pas occuper illégalement un terrain. » En l’occurrence, c’est un terrain de la Métropole. Dès le deux juillet, elle a déposé une plainte pour demander l’évacuation de ce terrain.

Le volet humanité, c’est de dire « les gens qui sont ici ne sont pas venu pour le plaisir ou pour faire du camping l’été. Ils sont dans une situation de grande difficulté et de grande précarité, avec des enfants, et donc nous déployons l’ensemble des dispositifs de notre panoplie pour accompagner ces populations-là. C’est ce qui a été fait dès le deux juillet. En même temps que la plainte a été déposée, nous avons déclenché un suivi sanitaire, scolaire et social de ces familles. »

Mais il y aura une évacuation à un moment ou à un autre.

Chaque famille doit-elle être relogée ?

Non, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Un travail a été fait depuis le 2 juillet pour trouver des solutions de relogement. Certains ont été relogés, pas tous. C’est pour cela qu’il y a encore du monde.

Peut-on parler de bidonville pour désigner ces camps de fortune ?

Bien évidemment, ce sont des camps de fortune, des bidonvilles. Et bien évidemment, personnes ne peut se réjouir de l’installation de ces camps. Les gens y vivent dans des situations extrêmement fragiles…

Pensez-vous que les démantèlements puissent éradiquer le problème ?

Le démantèlement ne règle le problème que quand des solutions sont proposées. Sinon, on voit bien qu’un démantèlement est suivi d’une nouvelle installation. A Calais, des efforts ont été faits pour démanteler et en même temps trouver des solutions pour la grande majorité, c’est comme ça qu’il faut travailler.

Mais on est dans un état de droit. Une plainte a été déposée, il y a donc eu un jugement au tribunal, le 15 septembre, notifiant qu’il fallait évacuer le terrain. Il le sera dans les semaines à venir, mais je ne sais pas encore quand.

Quelles solutions proposez-vous ?

Cela passe par la saisie du préfet qui cherche des solutions de relogement avec la Métropole et avec les villes. Mais c’est difficile, parce qu’en même temps, dans le logement social, il y a une forte attente d’une population installée ici depuis très longtemps qui attend des solutions aussi. Donc il faut tenir les deux bouts.