Des mois durant, les puissantes formations et celles de moindre importance ont jeté toutes leurs forces dans le combat. Favoris, outsiders et « Petit Poucet » n’ont bien évidement pas les mêmes objectifs. Pour les uns il s’agit de prendre ou de conserver l’Elysée, pour les autres de promouvoir leurs idées, leur candidat, à l’occasion de ce rendez vous citoyen. L’élection législative constitue un véritable second « round ». La tendance du nouveau Président doit ravir, ou conserver la majorité parlementaire dont sera issu le chef du gouvernement.

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L’enjeu est de taille. A Lyon, la lutte est engagée. Dans la seconde circonscription, rien ne semble encore joué. Le candidat sortant, Pierre Alain Muet (Ps) compte bien profiter de l’enthousiasme suscité par la victoire de François Hollande (57% au second tour de la présidentielle, 43 pour Sarkozy). Sa tache ne sera pas aisée face au candidat Ump Emanuel Hamelin. En effet, le candidat de droite, qui se revendique du gaullisme social, pourrait bien surprendre les observateurs, et au-delà de ce scrutin inspirer un courant à même de fédérer un parti en déroute et menacé par le Front national.

Limiter l’avancée de la gauche.

La victoire socialiste aux dernières présidentielles est venue récompenser une offensive déclenchée en 2007. L’opposition d’alors avait volé de victoire en victoire jusqu’au soir du 6 mai 2012. En remportant les élections municipales, cantonales et régionales, le Ps et ses partenaires avaient confirmé leur excellente santé sur le plan local. La conquête du Sénat fut sans doute le plus gros choc.  A l’issue des législatives, toutes les institutions pourraient passer à Gauche. Une configuration voyant un parti concentrer tant de pouvoir est quasiment inédite. Cette inquiétude ne traduit pas un rejet de l’alternance mais la crainte d’un déséquilibre démocratique. Le pouvoir actuel tiendra t’il compte des couches de la population qui n’ont pas voté pour lui ? La fameuse « ouverture à Gauche » de 2007 répondait autant aux besoins de la communication présidentielle qu’à un souci d’associer les perdants au gouvernement.

Le neogaullisme

Les élections présidentielles de 1995 consacrent le retour d’un neogaullisme. Proche du gaullisme originel et de sa volonté de rassemblement, ce courant entend combattre les dérives du capitalisme tout en proposant un nouveau pacte social. Souvenons nous en effet de la fameuse « fracture sociale » conceptualisée par Philipe Séguin à l’occasion de la campagne de Jacques Chirac.  Le gaullisme social est une recherche permanente d’un équilibre entre Etat fort et flexibilité. La redistribution n’est pas exclue, bien au contraire, mais pour partager la richesse, il faut préalablement la créer. Concernant la politique étrangère, les neogaullistes ont du tenir compte des changements intervenus depuis la fin de la Guerre froide. Les fondamentaux sont restés les mêmes : œuvrer au renforcement de l’indépendance, de la grandeur d’une France qui fait entendre sa voix dans le monde.
La dimension sociale du gaullisme se concrétise enfin par un engagement sur le terrain, à l’écoute d’une population fréquemment consultée.

Un élu expérimenté

Avec le temps, les élus socialistes se sont révélés être d’excellents gestionnaires. Ils ont pu ainsi appréhender les échéances électorales intermédiaires avec une sérénité certaine. La Droite compte également  des figures locales fortes capables d’affronter la gauche dans ses fiefs. C’est le cas d’Emmanuel Hamelin aujourd’hui en mesure de bousculer l’ordre établi dans la seconde circonscription. Le candidat de Droite a de solides arguments à faire valoir. Outre une expérience institutionnelle locale et nationale, le conseiller municipal Ump peut se targuer d’être un homme de terrain respecté. Pour s’en convaincre, il suffit d’arpenter le marché de Balmont, le samedi matin. Les habitants du quartier, jeunes et moins  jeunes, sont nombreux à venir le saluer. Phénomène étrange dans un secteur acquis traditionnellement au Ps  et où les klaxons ont accompagné la victoire de François Hollande, ou la défaite de Nicolas Sarkozy…
En allant interroger ces passants, nous avons obtenus des réponses plutôt diverses.  Les plus âgés se retrouvaient dans les idées gaullistes du candidat. Les jeunes, venaient en revanche saluer un élu « disponible »rencontré dans les centres sociaux ou dans un cadre associatif.
Quatre ans avant le mouvement Désir d’avenir de Ségolène Royal, le député Hamelin introduisait dans son mode de fonctionnement des éléments de démocratie participative. A travers des groupes de travail, les administrés qui le souhaitaient pouvaient influencer les débats de l’Assemblée.
La lutte s’annonce passionnante dans la seconde circonscription de Lyon. Les sondages Sondage CSA pour BFM TV-RMC -20 Minutes -CSC  du 11 mai donnaient d’ailleurs l’Ump en tête au premier tour.Cela devrait remobiliser tous les partis en course.

 

Liste des candidats dans la deuxième circonscription du Rhône

Arlette Couzon : LO
Fabrice Cros : NPA
Vincent Cheynet : EPOC
Nicolas Guyard : PP
Anne Charmasson-Créus : FG (GU)
Émeline Baume EELV
Pierre-Alain Muet : PS
Clémence Flusin : SP
Luc Landrot : PFE
Fabienne Lévy : PRV
Denis Broliquier : Lyon-DVD
Emmanuel Hamelin : UMP
Maud Geldreich : DLR
Brigitte de Sereys : PCD
Patricia Margant : AR
Christophe Limousin : MPF
Blanche Chaussad : FN
Marianne Jue : Sans étiquette